Le moment régulateur. Naissance d'une contre-culture de gouvernement
Vauchez Antoine
SCIENCES PO
27,00 €
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EAN :9782724642056
Les mots de la régulation sont aujourd'hui omniprésents au sein de l'État comme à sa périphérie. On « régule » le numérique, la concurrence, les produits financiers ou encore les prix de l'énergie. On « régule » aussi, au-delà des domaines économiques auxquels le mot a d'abord été associé, les données personnelles, le temps de parole des candidats à la présidentielle, le médicament ou l'audiovisuel.Loin de n'y voir qu'un effet de mode sémantique, les auteurs de cet ouvrage proposent de suivre l'avènement de ce moment régulateur autour d'un pôle de petites bureaucraties indépendantes (Cnil, Arcom, Autorité de la concurrence, etc.) qui n'ont cessé d'élargir leur influence depuis les années 2000. En retraçant l'histoire et la sociologie des acteurs publics et privés de la régulation, de Google jusqu'au Conseil d'État, ils montrent que ce phénomène ne se résume pas à une accumulation de compétences et de pouvoirs, mais qu'il témoigne aussi de la revendication d'une nouvelle modernité administrative et d'une plus grande efficacité politique. Devenue ainsi le laboratoire d'une contre-culture de gouvernement, la régulation bouscule aujourd'hui les frontières de l'administration et du politique, du public et du privé, du national et de l'européen, au risque de désorienter l'équilibre précaire de nos démocraties.Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 Sorbonne - EHESS). Il a notamment co-signé, avec Pierre France, Sphère publique, intérêts privés (Presses de Sciences Po, 2017).Avec les contributions de : Lola Avril, Anne Bellon, Isabelle Boucobza, Olivia Buy-Xuan, Jean-Michel Chahsiche, Pierre France, Thomas Lépinay, Jérôme Pacouret, Charles Thibaut, Jana Vargovcikova, Mélanie Vay, Caroline Vincensini.
Nombre de pages
415
Date de parution
01/03/2024
Poids
492g
Largeur
137mm
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EAN
9782724642056
Titre
Le moment régulateur. Naissance d'une contre-culture de gouvernement
Auteur
Vauchez Antoine
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
137
Poids
492
Date de parution
20240301
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L'Union européenne a beau avoir une assemblée, des députés, des rendez-vous électoraux, elle traverse une profonde crise démocratique. Depuis des décennies, le fossé entre l'Europe et les citoyens n'a cessé de se creuser. Les dirigeants ont fini par abandonner leur marge de manoeuvre à des institutions "indépendantes" : Commision, Cour de Justice, Banque centrale européenne. Ce faisant, ils ont accepté de ne plus jouer le premier rôle. Comment donner à l'Europe une légitimité démocratique ? Pour démocratiser véritablement l'Union, il ne s'agit pas tant de se caler sur le modèle de la démocratie nationale que de politiser et de démocratiser les institutions "indépendantes" elles-mêmes. Responsabilisation politique, meilleure représentativité sociale, ouverture des débats contradictoires pourraient y concourir puissamment. C'est peut être aujourd'hui la dernière chance de l'Europe.
Après trois décennies où l'on avait cru pouvoir s'en passer, tout indique que nous avons plus que jamais besoin des mots du public. Face aux risques de dévoiement d'un Etat qui se détourne de son cadre public, ils sont les mots-clés de mobilisations sociales et politiques (...) et le meilleur thermomètre de notre vie collective et de nos démocraties". A. Vauchez Au risque d'une crise de confiance sans précédent des citoyens dans l'Etat dont ils interrogent désormais la légitimité " publique ", c'est-à-dire la capacité, voire la volonté, de se faire le relai des intérêts collectifs, et de protéger les citoyens. L'état général d'impréparation dans lequel s'est trouvé l'Etat au commencement de la pandémie aura servi ici de révélateur ; jetant une lumière crue sur l'action des gouvernements précédents qui avaient suivi une politique de réduction des coûts et d'efficacité gestionnaire au risque de priver les services hospitaliers des masques et des lits d'hôpital nécessaires. Dès lors que le gouvernement ne paraît plus agir en " pouvoir public ", plus rien ne semble justifier l'exception étatique qui confère à cette organisation politique un statut dérogatoire et des pouvoirs exorbitants. C'est du reste cette tension qu'a révélé le mouvement des Gilets jaunes, marqué tout à la fois par des attentes fortes à l'égard de l'Etat des services publics (en termes de qualité et d'égalité d'accès aux hôpitaux, aux transports publics, etc.), et une défiance inédite à l'égard de gouvernants tenus pour responsables de l'échec de l'Etat à tenir ses promesses " publiques ". Cette crise de confiance ne pouvait pas tomber plus mal alors que nous avons collectivement besoin d'un Etat et d'une Union européenne capables de conduire, au nom de tous, la conversion écologique de nos sociétés et de nos économies, et alors que nous devons faire face aux conséquences sanitaires, mais aussi économiques et sociales profondes de la pandémie Covid. Manière de dire, en somme, que la réflexion sur le " public " et les liens qu'il entretient avec l'Etat forme aujourd'hui un préalable à toutes nos discussions sur le changement d'orientations des politiques publiques. Les nouvelles théories démocratiques l'oublient parfois, toutes occupées qu'elles sont à faire apparaître de nouveaux horizons mobilisateurs - qu'il s'agisse de la transition écologique ou des nouvelles formes de démocratie participative. Mais, sans réfléchir à ce que l'Etat est devenu au fil des trois dernières décennies, ni aux chaînes de dépendance dans lesquelles il inscrit aujourd'hui son action, elles s'exposent au décalage en faisant comme si l'Etat était ce simple " levier " disponible et mobilisable pourvu qu'on veuille bien lui donner le sens politique voulu. Or il y a précisément lieu d'en douter. C'est pourquoi il faut reprendre le fil du " public " et remettre sur le métier une notion qu'on avait paresseusement abandonnée comme une vieille relique. Il faut faire l'inventaire des glissements de terrain qui se sont produits depuis trente ans et ont fragilisé les soubassements publics de l'Etat, décrire leurs effets politiques et démocratiques, et explorer les voies possibles d'un nouvel esprit public du gouvernement.
Vauchez Antoine ; Willemez Laurent ; Boucobza Isab
La cause de la justice française semble désormais entendue : elle est aujourd'hui " en crise ". " L'affaire Outreau " aura porté un coup final à une longue suite de rapports, chiffres et palmarès qui forment un inventaire sans concession des multiples " lenteurs ", " archaïsmes ", " dysfonctionnements " et " erreurs judiciaires ". Cet ouvrage décode ce qui se joue dans cette crisologie et dans l'impératif réformateur qui en découle. Objet pendant longtemps d'une attention qui débordait rarement les " milieux judiciaires ", la justice intéresse en effet désormais des réformateurs de toutes sortes qui en font un véritable laboratoire et travaillent à redéfinir le " pouvoir judiciaire ", les conditions de sa légitimité et les missions dont il est investi dans l'espace public. Fondé sur l'analyse de vingt-cinq années de controverses sur la justice, ce livre, en retraçant l'histoire de ce champ réformateur depuis les années 1980, montre la formation d'un horizon commun fondé sur un ensemble de standards de droit (" procès équitable ") et de gestion ( " bonnes pratiques " et " qualité de la justice ") qui servent aujourd'hui de point de repère aux différents réformateurs. Il souligne les transformations qui en découlent : la dépolitisation et la technicité croissantes des enjeux ; la valorisation d'un modèle de justice où priment le professionnalisme du magistrat, les garanties procédurales et l'efficacité managériale aux dépens des formes alternatives de légitimité de la justice fondées sur l'élection (conseils de prud'hommes, tribunaux de commerce) ou le tirage au sort (cours d'assises). Il identifie enfin un risque propre à ces mutations qui est de fragiliser la légitimité politique et sociale de la justice au moment même où celle-ci est appelée à jouer les premiers rôles.
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.