La colère de Ludd. La lutte des classes en Angleterre à l'aube de la révolution industrielle
Van Daal Julius
INSOMNIAQUE
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EAN :9782915694475
Le 9 avril, la grande usine de Joseph Foster, située dans le village de Horbury, à quelques kilomètres de Wakefield, est envahie par plus de trois cents hommes en armes, venus des villages environnants. Ce Foster a refusé de renoncer à utiliser une "machinerie odieuse" ainsi que le lui avaient fermement et maintes fois demandé ses employés, lesquels ont choisi d'en appeler à Ludd. Une fois les guetteurs postés, les luddites se mettent en devoir de détruire les grosses machines récentes qu'abrite le lieu, épargnant les plus archaïques. Ils ne se contentent pas de les détériorer mais les réduisent rageusement en miettes. Ils lacèrent ensuite la fibre et les tissus puis cassent toutes les fenêtres. Dans leur frénésie destructrice, ils s'attaquent en outre à des locaux et des équipements habituellement épargnés par la fureur luddite, tels le bureau du comptable ou la résidence du patron, adjacente aux ateliers. Du bris de machines, les luddites passent cette nuit-là à la démolition d'usine". Le mouvement luddite (1811-1817) tenta avec vigueur de résister à l'introduction du machinisme dans l'industrie textile anglaise et amena le royaume désuni au bord de l'insurrection. Au fil d'une narration parfois picaresque se dessine la naissance du capitalisme dominateur, façonnant les formes modernes de l'aliénation. On y voit conspirer les sociétés secrètes ouvrières contre une bourgeoisie manufacturière en pleine ascension, mais aussi contre une aristocratie sur le déclin quoique encore maîtresse des armes et des lois - et prompte à sévir contre les pauvres. Dépassant les points de vue biaisés sur les briseurs de machines - qu'ils soient vilipendés comme passéistes ou exaltés comme précurseurs -, le récit, ponctué de nombreux documents, explore l'universalité et l'actualité de ce soulèvement initial contre le salariat.
Nombre de pages
281
Date de parution
08/11/2012
Poids
465g
Largeur
150mm
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EAN
9782915694475
Titre
La colère de Ludd. La lutte des classes en Angleterre à l'aube de la révolution industrielle
Auteur
Van Daal Julius
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
150
Poids
465
Date de parution
20121108
Nombre de pages
281,00 €
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Résumé : Une émotion populaire en 1780. " Ils ont surgi dans la nuit, déferlant par dizaines de milliers des slums de Whitechapel ou de Southwark, des ateliers et des docks, des bordels et des tavernes. Ils se moquent du pape et du roi, des rites et de la rente, de l'art de gouverner et de celui de gérer... Ils veulent couper la langue des sermonneurs et dévorer la main qui leur jette les miettes de l'expansion marchande... Ils brûlent de réaliser le vieux rêve de Cocagne des grandes insurrections londoniennes : voir enfin toutes les fontaines publiques pisser du vin clairet..."
Déclenchée en juillet 1936, pour contrer le putsch des militaires nationalistes, la révolution espagnole tire son énergie formidable des élans communautaires et vindicatifs du peuple libertaire. La Confédération nationale du Travail (CNT), qui s'est bâtie et renforcée dans la lutte contre toutes les oppressions, est alors le syndicat majoritaire dans la classe ouvrière espagnole. Dans le camp républicain, c'est la gauche au pouvoir qui se charge de la besogne contre-révolutionnaire. Alors que la guerre civile fait rage, elle se hâte de liquider les acquis de l'insurrection de Juillet la collectivisation des terres et des entreprises, l'ébauche d'une abolition de l'argent et de l'Etat. Et sa tâche répressive se trouve facilitée par la cécité complaisante des chefs anarcho-syndicalistes, que l'union sacrée contre le fascisme conduit à renoncer à leur programme d'instauration du " communisme libertaire " : après avoir été en situation de décider de tout, les dirigeants de la CNT choisissent la collaboration de classes, la militarisation et la guerre civile. Ils sabordent l'insurrection permanente en renonçant à l'armement et à l'autonomie des milices ouvrières - sans lesquelles ils ne peuvent être rien d'autre que la caution libertaire d'un régime autoritaire voué à la catastrophe. En mai 1937, la sanglante provocation stalinienne de Barcelone sonne le glas de la révolution : piétinant l'utopie qui anime leur propre base, les responsables de la CNT se plient, bon gré mal gré, aux exigences de l'Etat et de l'économie de guerre. L'épuration qui s'ensuit, au sein de la zone républicaine, apparaît comme un prélude à la persécution massive que connaîtra le pays tout entier après la victoire de Franco et de ses sbires - dont le triomphe annonce à son tour les plus sombres heures de l'histoire de l'Europe.
Nul ne devrait jamais travailler. Le travail est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde. Tous les maux qui se peuvent nommer proviennent de ce que l'on travaille, ou de ce que l'on vit dans un monde voué au travail. Si nous voulons cesser de souffrir, il nous faut arrêter de travailler. Cela ne signifie nullement que nous devrions arrêter de nous activer. Cela implique surtout d'avoir à créer un nouveau mode de vie fondé sur le jeu; en d'autres mots: une révolution ludique. Par "jeu", j'entends aussi bien la fête que la créativité, la rencontre que la communauté, et peut-être même l'art...
Wobblies: militants syndicaux des Industrial Workers Of TheWorld (IWW) qui sillonnaient, au début du XXe siècle, lecontinent nord-américain pour organiser les luttes destravailleurs non qualifiés: immigrés de fraîche date et Noirs,ouvrières du textile et journaliers de l'agriculture, mineurs defond et bûcherons... Ils pratiquaient la grève sauvage et lesabotage, prônaient l'unité de tous les pauvres et rêvaient detransformer, par la grève générale et l'abolition du salariat,l'enfer industriel et marchand en une terre de cocagne, deliberté et de dignité. Ils furent sans répit pourchassés, passés àtabac, emprisonnés, expulsés, flingués par les forces alliées dupatronat et de l'Etat. Hobos: vagabonds du rail américains quiallaient de ville en ville vendre leur force de travail. Ilsvoyageaient en passagers clandestins dans des wagons demarchandises et se regroupaient, le soir venu, à l'extérieur desvilles dans des campements sauvages, communautésautonomes temporaires où régnait la plus stricte égalité. Leurspérégrinations se confondirent bien souvent avec celles desWobblies - et ces chevaliers errants en guenilles, méprisés parles repus comme par les résignés, harcelés par toutes lespolices, constituèrent pour les IWW un précieux vivierd'aventuriers épris de liberté et assoiffés de justice sociale.
Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.
On s'entre-tue plus que jamais au nom de Dieu et de ses divers prophètes sur cette fichue planète. Partout, même au "pays de Voltaire", les fanatiques de tout poil - à barbe, papillotes ou tonsure - tentent d'imposer leur morale sépulcrale, fondée sur des fables puériles et les plus absurdes superstitions. L'opium du peuple est devenu l'amphétamine des fous de Dieu. Certes, le retour du religieux se nourrit des multiples névroses et frustrations qu'engendre la société marchande... Et certes, le commerce de la foi prospère grâce à l'ignorance crasse et à la jobardise des croyants... Mais ce n'est pas une raison pour accorder des circonstances atténuantes à ceux qui vendent du vide à ces gogos et les manipulent : prêtres, imams, rabbins, gourous et autres bonzes, dont la cause commune, le grand oeuvre ténébreux, le but affiché ou secret, demeure l'asservissement de l'humanité. Les 144 citations rassemblées ici constituent une réfutation plurielle - tantôt sévère, tantôt souriante - de la notion de Dieu et des sectes qui s'en réclament, mais aussi une dénonciation des mystagogues qui en vivent et des illuminés qui en meurent. Pour choisir ces aphorismes et propos, nous avons mis à contribution quelques-uns des innombrables esprits libres qui ont signalé, au fil de leurs écrits, l'imbécillité et l'hypocrisie qui forment la substance de toute religion.
Le narrateur est interpellé dans son jardin par une cucurbitacée, qui se présente sous le nom de professeure Coloquinte. Elle lui confie la tâche de recenser les multiples dangers qui menacent la vie sur terre en raison de ce "putain de facteur humain", comme dirait Hubert Reeves. Au fil d'une enquête sur les méfaits mortels des pesticides, l'enfouissement irresponsable des déchets nucléaires, les tonnes de gaz à effet de serre expédiées dans l'atmosphère, le narrateur prend conscience de l'emballement des nuisances écologiques provoquées par l'espèce humaine. Il comprend aussi qu'elles sont inéluctables, en raison de la nature même du mode de domination actuel, et seront bientôt irréversibles si la dictature du fric n'est pas renversée au plus vite.