Moïses Finalé est l'un des peintres les plus remarquables des années quatre-vingt à Cuba. Son ?uvre interroge la permanence d'un métissage en constante évolution. L'essence de son aventure créatrice consiste à assumer la connaissance en tant qu'inspiration intellectuelle et doute didactique, et c'est pourquoi il a fait à ses débuts une éphémère incursion dans la bad painting, pour ensuite se plonger dans le transavant-gardisme et les derniers mouvements européens. Il insiste sur la réaffirmation des expressions populaires, qu'il embellit en les vulgarisant. En même temps, ses références picturales à des cultures millénaires comme celle de l'Egypte, atteignent des dimensions énigmatiques. Plus tard, quand il nous présente ce brassage universel de cultes syncrétiques avec leurs caractères archaïques mêlés aux gestes et aux coloris les plus baroques et éclatants des érotiques carnavals havanais de jadis, il nous installe dans l'?il du cyclone. Les origines dont s'est nourrie l'?uvre de ce peintre cubain, né à Cardenas deux ans avant la révolution, sont à chercher dans l'inconfortable et ludique fusion entre les conceptions esthétiques de ses prédécesseurs - dans son ensemble, la peinture cubaine d'avant 1959 est trop peu connue en Europe le répertoire populaire enrichi d'éloquences intimistes, une grande diversité philosophique et religieuse, une culture littéraire très raffinée, et une recherche, artistique à l'extrême, du cosmopolitisme. Moïses Finalé est un artiste né au c?ur du chaos et destiné à édifier un cosmos. Le cosmos où bouillonnent la mémoire, des chimères telluriques, de poétiques labyrinthes, la vie et l'écriture palpitant dans une ébullition expansive ; depuis les profondeurs de la nature, une montée en spirale vers la sérénité classique du mystère.
Nombre de pages
2
Date de parution
25/11/2000
Poids
1 201g
Largeur
255mm
Plus d'informations
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EAN
9782702205846
Titre
Moïses Finalé
Auteur
Valdés Zoé
Editeur
CERCLE D'ART
Largeur
255
Poids
1201
Date de parution
20001125
Nombre de pages
2,00 €
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Alma Desamparada songea à son père. Pourquoi était-il allé fourrer sa queue dans la chatte de sa mère? Pourquoi avoir craché sa sauce dedans? Pourquoi sa mère avait-elle ouvert les jambes? Pour l'avoir, elle? Mettre au monde une crève-la-faim? Plus d'une fois on lui avait présenté tel ou tel type comme étant son père. - Voilà ton père, ton foutu père, lui avait dit sa mère le jour de ses six ans, alors que son parrain débarquait avec un gâteau trop sucré. Alma aurait donné n'importe quoi à présent pour une miette d'un gâteau pareil, même rance. Un sirop fruité imaginaire coula dans ses veines fragiles. Il avait été question si souvent de l'identité véritable de ce maudit père. Le coup des poubelles ou du panier abandonné devant la porte, elle n'y croyait plus. Si le type du gâteau était son père, elle s'en foutait purement et simplement."
Zoé Valdés raconte l'histoire d'une jeune femme qui lui ressemble à s'y méprendre, depuis sa naissance très patriotique à Cuba, le 2 mai 1959, au lendemain d'un glorieux défilé de travailleurs, jusqu'à cette soirée ultime où, trente ans plus tard, en pleine "période spéciale" (privations, pénurie, liberté si précaire), les deux hommes de sa vie vont jouer aux échecs le privilège de finir la nuit avec elle. Dehors - dernier terme de cette éducation sentimentale et politique à la cubaine - semble l'attendre la mer immense, par où se sont déjà enfuis les amis chers?.
Cet avion était réservé aux diplomates. Elle était fille d'ambassadeur d'un pays pauvre. L'oeil avisé de l'attaché culturel anglais croyait reconnaître une sous-développée dotée d'une indéniable distinction. Cela ne la déprimait pas. Elle préférait se mettre en colère, ravaler d'un coup sec, dans le respect du protocole, le crachat furieux qu'elle destinait au visage anglo-saxon. Elle sortit son cahier et se mit à écrire fébrilement, rien à faire, ça l'excitait d'écrire le nom de cette ville. "Destination : Paris !" Elle avait laissé son amie derrière, dans les champs verdoyants. Et son fiancé, perdu dans la ville délavée. Ses parents l'attendaient toujours quelque part sur la planète, jamais à la maison, mais dans les aéroports.
Le baiser commença, très maniéré, avec le petit jeu de se faire passer le glaçon d'une langue à l'autre ; quand celui-ci fut dissous, leurs langues s'entremêlèrent comme deux serpents, et l'ingénuité devint pornographique. Il mordilla les lèvres de Cuquita, jusqu'à les faire gonfler, elle lui rendit la pareille, mais encore inhibée de timidité, peut-être. Leur baiser dura trois longs boléros, l'un de quatre minutes, le second de trois minutes vingt secondes et le troisième, de quatre minutes virgule trente-trois secondes. Au total, onze minutes virgule cinquante-trois secondes de suçotage et de coups de langue. La durée, c'est la Mechu qui la calcula, morte de jalousie, suffoquée, surexcitée.
Cinquante reproductions en grand format et en couleurs invitent à un parcours passionnant dans l'univers de Zao Wou-Ki. Un texte clair et précis situe ses oeuvres dans le XXème siècle, montre ses découvertes et raconte l'histoire de sa vie.