Plus de trente-trois ans après l'avènement de la République islamique, qu'en est-il des flux migratoires iraniens dans le monde Quelle est la répartition des Iraniens en dehors de l'Iran ? Peut-on vraiment chiffrer avec précision la diaspora iranienne ? Cet ouvrage a pour but de répondre à ces questions en dressant un bilan quantitatif de cette diaspora sur la base de recherches qui s'étendent sur une dizaine d'années. En 2011, d'après certaines sources officielles, nous pouvons l'évaluer à environ 4 000 000 d'individus, ce qui correspond à 5,3 % de la population en Iran. Dispersés clans huit pôles d'attraction, les Iraniens hors d'Iran constituent une population régulière (environ 3 000 000 de personnes) et une "population flottante", formée par les déboutés des demandes de régularisation, les sans-papiers et les irréguliers (environ 1 000 000). Cette diaspora regroupe quatre générations d'Iraniens ayant émigré à l'étranger, ainsi que leurs descendants, nés en Iran ou non, s'identifiant encore à leur origine iranienne. La structure non démocratique de l'Etat iranien, les huit années de guerre, la transformation démographique de la population iranienne, l'ingérence du religieux dans la vie quotidienne et la frustration des Iraniens en ce qui concerne le développement humain, pourvoyeur de la liberté donnant à chacun la possibilité de vivre sa vie comme il l'entend, sont des facteurs structurels et individuels de la reproduction sociologique de cette diaspora.
Nombre de pages
239
Date de parution
15/10/2012
Poids
440g
Largeur
170mm
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EAN
9782811107581
Auteur
Vahabi Nader ; Wihtol de Wenden Catherine
Editeur
KARTHALA
Largeur
170
Date de parution
20121015
Nombre de pages
239,00 €
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Les migrants qui "saisissent" plusieurs sols et vivent des trajectoires multiples font souvent face à une nouvelle socialisation, à un recommencement de vie à zéro, étape que nous qualifions de quatrième socialisation, pour rester fidèle à la chronologie des trois socialisations générales : primaire (famille), secondaire (école et éducation), tertiaire (travail et emploi) ; cette quatrième socialisation place les migrants dans un registre bien différent de celui des indigènes.
Pourquoi laisse-t-on mourir en mer des milliers d'individus dont la faute serait de vouloir quitter leur pays pour trouver ailleurs les conditions d'une vie meilleure ? Ne pourrait-on pas considérer la mort de ces milliers de personnes en Méditerranée comme un crime ? Toutes les vies ne se valent pas car les 18 422 morts en Méditerranée entre 2014 et 2019 ne forment qu'une préoccupation secondaire pour l'Union européenne. L'Europe inspirée de la philosophie humaniste et de l'hospitalité kantienne se trouve-t-elle en porte-à-faux avec sa politique discrétionnaire ? Cette ignorance relève-t-elle de la reproduction sociologique de la banalisation du mal ? L'intérêt de ce livre réside dans la discussion sur l'idée de considérer que la mort des migrants en Méditerranée est un moindre mal face au risque politique que représenterait leur accueil. Il pointe la volonté de déresponsabilisation de l'Union européenne qui externalise la gestion des migrants à des pays tiers et met en doute la charge communément admise de l'incrimination des réseaux de passeurs pour nous orienter vers la responsabilité des Etats à l'égard des morts en Méditerranée.
Que faire lorsque l'on ne peut pas continuer à mener une recherche dans un pays où l'esprit de liberté intellectuelle n'existe pas ? Faut-il se replier sur soi-même ? Ou abandonner ce milieu impropre à tout travail serein et désintéressé ? J'ai « choisi » cette dernière voie, sans être sûr de pouvoir la suivre, mais ce choix m'a été imposé par un événement socio-historique qui a frappé ceux de ma génération : la Révolution iranienne de 1979.
Comment peut-on expliquer l'attrait pour la France de l'intelligentsia iranienne des années 1830 après deux traités humiliants imposés par la Russie ? Notre hypothèse est que la diaspora iranienne francophone, née au 19e siècle, se nourrirait essentiellement d'une proximité culturelle et littéraire, de recherche d'un asile politique ; dans les années 1980, elle se serait étendue à un large éventail d'individus de parcours légal ou clandestin, au regroupement familial.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.