Sociologie d'une mémoire déchirée. Le cas des exilés iraniens
Vahabi Nader ; Khosrokhavar Farhad
L'HARMATTAN
24,00 €
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EAN :9782296052024
Comment se construit et se modifie au cours du temps la mémoire des exilés politiques, et notamment la mémoire des exilés politiques iraniens ? Comment les trajectoires de vie et les processus sociaux peuvent-ils affecter la conservation ou la transformation de cette mémoire ? Répondre à ces questions conduit immanquablement vers une analyse de la dynamique sociale de la mémoire, si bien que notre problématique, loin de se contenter d'un simple enregistrement des mémoires tirées de l'histoire orale, s'est principalement centrée sur une analyse sociologique du souvenir. Cette étude se situe à la croisée de deux approches, celle de " carrière morale ", empruntée à E. Goffman, et celle inspirée par M. Halbwachs qui montre en quoi la mémoire supposée "collective " et " homogène ", forgée pendant la Révolution iranienne de 1979, est subjective. En fait, la mémoire éclate au fur et à mesure que les cadres sociaux de resocialisation des individus exploitent différents lieux d'exil, elle se transforme en fonction des nouveaux cadres de vie marquant les trajectoires des exilés. " Nader Vahabi a fait un travail remarquable qui pénètre dans la subjectivité des migrants politiques iraniens et révèle en quoi, malgré une double constance et l'appartenance à la même famille politique, la dimension individuelle surgit qui engendre trois styles différents dans le processus d'adaptation de la mémoire à la réalité nouvelle. Chacun de ces styles déplace le lieu de la douleur et les syndromes d'angoisse et de déchirement. Ils ne disparaissent pas pour autant ; seulement, ils opèrent différemment et Vahabi le montre bien. ". E Khosrokhavar
Nombre de pages
246
Date de parution
18/02/2008
Poids
335g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296052024
Titre
Sociologie d'une mémoire déchirée. Le cas des exilés iraniens
Auteur
Vahabi Nader ; Khosrokhavar Farhad
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
335
Date de parution
20080218
Nombre de pages
246,00 €
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Les migrants qui "saisissent" plusieurs sols et vivent des trajectoires multiples font souvent face à une nouvelle socialisation, à un recommencement de vie à zéro, étape que nous qualifions de quatrième socialisation, pour rester fidèle à la chronologie des trois socialisations générales : primaire (famille), secondaire (école et éducation), tertiaire (travail et emploi) ; cette quatrième socialisation place les migrants dans un registre bien différent de celui des indigènes.
Que faire lorsque l'on ne peut pas continuer à mener une recherche dans un pays où l'esprit de liberté intellectuelle n'existe pas ? Faut-il se replier sur soi-même ? Ou abandonner ce milieu impropre à tout travail serein et désintéressé ? J'ai "choisi" cette dernière voie, sans être sûr de pouvoir la suivre, mais ce choix m'a été imposé par un événement socio-historique qui a frappé ceux de ma génération : la Révolution iranienne de 1979. La problématique de ce livre, Mémoire d'un parcours migratoire, fruit d'une dizaine d'années de recherches dans le champ migratoire, reflète en quelque sorte mon expérience personnelle, nourrie également d'enquêtes sociologiques au sein de la diaspora iranienne dont une liste détaillée se trouve dans l'annexe."
Pourquoi le gouvernement de Mossadegh élu démocratiquement, soutenu une semaine avant le coup d'Etat du 19 août 1953 par un référendum, n'a-t-il pas pu résister aux putschistes ? Que s'est-il passé ce jour-là ? Quel a été le corps social actif ? Pourquoi l'armée n'a-t-elle pas résisté ? Quelles erreurs Mossadegh a-t-il commises ? Quelles sont les conséquences de ce coup d'Etat sur la mémoire collective des Iraniens ? Dans le cas où le coup d'Etat aurait éclaté, l'Iran ne disposerait-il pas aujourd'hui d'une démocratie mature.
Pourquoi laisse-t-on mourir en mer des milliers d'individus dont la faute serait de vouloir quitter leur pays pour trouver ailleurs les conditions d'une vie meilleure ? Ne pourrait-on pas considérer la mort de ces milliers de personnes en Méditerranée comme un crime ? Toutes les vies ne se valent pas car les 18 422 morts en Méditerranée entre 2014 et 2019 ne forment qu'une préoccupation secondaire pour l'Union européenne. L'Europe inspirée de la philosophie humaniste et de l'hospitalité kantienne se trouve-t-elle en porte-à-faux avec sa politique discrétionnaire ? Cette ignorance relève-t-elle de la reproduction sociologique de la banalisation du mal ? L'intérêt de ce livre réside dans la discussion sur l'idée de considérer que la mort des migrants en Méditerranée est un moindre mal face au risque politique que représenterait leur accueil. Il pointe la volonté de déresponsabilisation de l'Union européenne qui externalise la gestion des migrants à des pays tiers et met en doute la charge communément admise de l'incrimination des réseaux de passeurs pour nous orienter vers la responsabilité des Etats à l'égard des morts en Méditerranée.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.