Grange Juliette ; Humbert-Mougin Sylvie ; Ullmo An
KIME
29,00 €
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EAN :9782380721669
Machines sympathiques ? Sous ce titre un brin espiègle, cet ouvrage regroupe des travaux d'histoire sociale, de philosophie, des études littéraires ou cinématographiques, des travaux d'histoire de l'art. Il s'agit de poser la question complexe de la relation entre les hommes et les machines, croisant la figure mythique de la créature (tel le Golem ou l'androïde) qui prend son indépendance par rapport à l'homme, son inventeur. Du Pygmalion d'Ovide à Villiers de l'Isle Adam et à Karel Capek, les doubles inquiétants ne manquent pas. En Occident dans l'Antiquité, la "machine" est "tout ce qui nous aide à vaincre la nature dans notre propre intérêt". Dès cette époque, l'intelligence humaine sait construire des dispositifs, en particulier des leviers, qui meuvent, à partir d'une faible force, des masses très pesantes ou volumineuses. Le savoir des marins et l'expérience des artisans se mêlent à des connaissances mathématiques. Il en sera de même entre la Renaissance et l'Age classique. La mécanique connaîtra alors son véritable essor grâce à la science moderne, les physiciens prendront progressivement le relai des ingénieurs de la Renaissance. Au-delà des horloges et des moulins, des machines hydrauliques, les automates du XVIIe et du XVIIIe siècle simulent l'ordre du monde, lui-même compris comme mécanique. Les animaux sont des machines et les machines faites par les hommes des réalités plus imparfaites que celles faites par Dieu, mais de même nature. Tous les corps sont mécaniques, le corps social lui-même, l'Etat est une Machine artificielle, Léviathan. Au XIXe siècle, la transmission fonctionnelle du mouvement n'est plus la seule vocation des machines. Le moteur gronde, rugit, respire. L'être artificiel est désormais une machine vivante et va brouiller les frontières entre humain et machine. Inquiétantes, indifférentes ou sympathiques, que deviennent les machines pour les hommes ? Cette question reste cardinale aujourd'hui lorsque la frontière entre humanité augmentée et machines intelligentes semble s'estomper. Le cyborg interroge cette frontière. Entre des hommes devenus mécaniques et leurs créatures devenues indépendantes de leurs créateurs, comment considérer alors la création littéraire, l'art ou la vie intérieure ? Ainsi du XIXe siècle au XXIe, en littérature, dans l'art, en philosophie, on voit se décliner différentes relations entre les hommes et les machines. L'inquiétante figure mythique du Golem est relayée par l'absence de mystère des automates, mais dès le XIXe siècle la machine se fait vivante et la question de la frontière entre homme et machine se transforme. C'est cette frontière qu'explore l'ensemble des contributions rassemblées dans ce volume. Elles permettent de reconsidérer un certain nombre d'idées reçues et de mettre en relation fiction, philosophie des techniques et théorie littéraire.
Nombre de pages
350
Date de parution
03/10/2025
Poids
300g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782380721669
Titre
Machines sympathiques ?
Auteur
Grange Juliette ; Humbert-Mougin Sylvie ; Ullmo An
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
300
Date de parution
20251003
Nombre de pages
350,00 €
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Fonder un nouveau pouvoir spirituel et ainsi " terminer la Révolution ", tel est l'étrange projet d'Auguste Comte qui écrit au début de l'ère industrielle. On connaît ce philosophe, mathématicien de formation, vivant en marge des institutions, à travers quelques anecdotes mille fois répétées qui font masque : sa folie, ses amours. Mais qu'en est-t-il de sa philosophie proprement dite ? Quels sont les liens entre religion et épistémologie, philosophie morale et fondation des sciences de l'homme ? Si Comte a créé un grand nombre de néologismes (au premier chef celui de positivisme) dont nous nous servons aujourd'hui sans toujours en connaître l'origine, sa terminologie, entre théologie et sciences, étonne. Il faut pour l'aborder à la fois une solide culture et une certaine simplicité d'esprit tant elle est étrangère à l'habituelle histoire de la philosophie. Voici quelques mots-clés et concepts, des guides pour entamer la lecture d'un immense système philosophique dont la cohérence théorique ne font pas de doute.
Pour avoir écrit en 1819 que l'essentiel de l'énergie nationale était entre les mains des industriels (les abeilles) et que roi et noblesse (les frelons) pouvaient disparaître sans changer si peu que ce soit la situation du pays, Saint-Simon fut tenu pourmoralement responsable de l'assassinat du duc de Berry et traîné en Cour d'assises. Claude-Henri de Saint-Simon pense et écrit de 1800 à 1825, dans "ce quart de siècle équivalent à plusieurs siècles" (Chateaubriand). Est-il le médiateur entre le XVIIIe siècle français et anglais (les encyclopédistes, lesutilitaristes) et certains des grands philosophes politiques du XIXe (K. Marx et A. Comte)? N'est-il pas plutôt par son travail sur l'idée d'organisation - qu'il fait passer de la biologie à la science de l'homme dont il est le fondateur - l'initiateur d'unerupture? Nul doute qu'il ait souffert, dans l'esprit du public, de la proximité avec ces géants que furent le mémorialiste le duc de Saint-Simon et ses continuateurs, souvent ses plus violents critiques. On donnera ici le socle philosophique de cette penséeplus cohérente qu'on ne le croit; la définition du socialisme, le plaidoyer pour l'Europe, le rapport au libéralisme, la philosophie religieuse prendront alors tout leur sens.
Auguste Comte (1798-1857) est l'auteur d'un système philosophique de grande influence aux XIXe et XXe siècles, à l'étranger comme en France. Fondateur du positivisme (il invente le néologisme), il est cependant plus proche d'une philosophie de l'histoire comme celle de Hegel, que des travaux de Stuart Mill ou, au XXe siècle, de ceux du "positivisme logique". La philosophie de Comte comporte un versant moral et religieux, une philosophie politique et sociale. Ce petit ouvrage d'introduction explore la voie d'accès la plus classique à cette oeuvre multiforme: celle de la philosophie des sciences et de la théorie de la connaissance. On verra donc comment, à partir de spéculations sur l'histoire des sciences exactes modernes, Comte répond aux célèbres questions: que pouvons-nous savoir? Qu'est-ce que l'homme? Que devons-nous faire? Que nous est-il permis d'espérer?
D'Auguste Comte, on ne retient souvent que quelques stéréotypes issus de morceaux choisis. Et très vite, tombe le jugement sans appel : positivisme. Tout est dit : voici Comte condamné. Pourtant, la politique industrielle, l'organisation de la recherche, l'influence des sciences exactes sur la manière de penser le politique, thèmes éminemment contemporains, sont au cœur de sa pensée. Voici donc, par l'une des meilleures spécialistes françaises, une relecture originale de Comte qui précise aussi les aspects les plus riches de son épistémologie et de ses positions en matière politique et morale ou encore religieuse. Elle débouche surtout sur une réflexion très actuelle sur ce que peuvent être les rapports entre science et politique aujourd'hui.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Le poème, le juste : comment la poésie a-t-elle à voir avec la justesse et la justice ? "Rendre justice" suppose connaître la justesse de ce que l'on fait et dit. L'application mécanique du droit n'est pas la justice. N'est-ce pas une leçon de poésie qui se dit ici ? Si la justice passe d'elle-même, c'est par la vertu de l'agencement même du poème, dans l'équilibre de ses éléments et traits, condition sine qua non pour qu'elle soit ce qu'elle doit être. La "justice poétique" évoque une justice rendue sans l'intervention d'une tierce partie cherchant expressément à récompenser ou punir. Quelque chose comme une autorité simple se manifestant par le poème. La justesse trouverait-elle ainsi son efficacité propre, en poésie - et parfois, dans le monde ? Le fait que la justice réelle soit plus rarement présente dans le monde que la justesse dans la poésie ne constitue pas un constat d'impuissance quant à la poésie : au contraire, la pointe extrême, sociale, de ce que dit la proximité entre justice et justesse, entre politique et langage pourrait être le lieu même de la poésie. A travers des cas exemplaires, cet ouvrage invite à réfléchir sur la justice et la justesse de la poésie, en ouvrant les points de vue thématiques, génériques, métriques, l'histoire des théories poétiques, confrontant la littérature et les sciences humaines, afin de tenter de comprendre pour quelle raison la poésie, la justesse et le désir de justice sont si intrinsèquement liés.
Résumé : A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la modernité critique a imposé dans le champ esthétique une série de réorientations, qui nous conduisent aujourd'hui à associer la littérature à des notions comme l'impersonnalité, le culte de la Forme, le pessimisme, la négativité, ou encore l'indifférence voire le mépris vis-à-vis du lecteur. La doxa moderniste nous enseigne que la littérature sert à faire admirer tout à la fois le langage, la littérature elle-même et l'écrivain, et qu'il était illusoire et sacrilège d'imaginer qu'elle pouvait être "utile", c'est-à-dire contribuer à l'amélioration du sort de l'humanité, ou à la guérison de ses maux. Mais comment se fait-il qu'à partir de Flaubert, certains auteurs se sont ainsi avisés de remettre en question les missions traditionnellement dévolues à la littérature ? La critique, curieusement, ne s'est jamais demandé pourquoi celle "révolution copernicienne" est intervenue au XIXe siècle et pourquoi il n'y eut pas de Roland Barthes au XVII" ou au XVIIIe siècle. La modernité serait-elle à regarder comme un phénomène historique et contingent ? On s'emploiera ici à répondre à cette interrogation. D'autre part, il est devenu courant, de nos jours, de lire des déclarations assurant que la littérature tend vers sa disparition. Mais le monde peut-il se passer de littérature ? Et est-ce que ce ne sont pas, précisément, les penseurs de ladite modernité de Haubert à Roland Barthes qui ont mis la littérature en danger ? Le présent ouvrage s'attache à expliquer l'avènement de la doxa moderniste, à en faire le bilan en la suivant jusque dans ses errements critiques et enfin à déterminer dans quelle mesure il serait, ou non, souhaitable de réhabiliter les valeurs dont elle a appelé à se débarrasser.