Prix Nobel de littérature en 1978, Isaac Bashevis Singer écrivait en yiddish, une langue moribonde que ne lisaient déjà plus que quelques poignées de rescapés des cendres de l'Histoire. Ses personnages eux-mêmes n'étaient plus que des ombres : il avait trente ans lorsqu'il a quitté la Pologne pour les États-Unis, en 1935, mais son génie créateur ne s'est jamais éloigné de la Pologne juive, du petit peuple campagnard de la région de Lublin et de la misère varsovienne de la rue Krochmalna. " Je suis arrivée en retard pour sa mort ", écrit Agata Tuszynska dont Singer aura été le premier guide dans le monde aujourd'hui disparu des juifs polonais. " Isaac Bashevis Singer s'est éteint le 24 juillet 1991, en Floride. Il avait quatre-vingt-sept ans. Depuis quelques années il souffrait d'une maladie qui s'accompagne de troubles de la mémoire. Et pourtant, la mémoire était sa vie, il s'en nourrissait. Il se nourrissait de sa propre mémoire et de celle d'autrui. Lorsqu'il a perdu la mémoire, il s'en est allé. Il est mort sereinement, le regard au plafond. En silence. " En mettant ses pas dans ceux de Singer en historienne, en journaliste, en poète, à la recherche passionnée de ses propres racines, Agata Tuszynska voyagera des villages polonais aux cafés de Tel Aviv, des quartiers juifs de New York à la Floride où il est mort, et au New Jersey où il est enterré. Elle prolonge ainsi cette mémoire d'un monde qui n'a plus cours : " Je suis arrivée en retard, c'est pourquoi ce récit sera cousu, tressé, noué de la mémoire des autres, fait de rognures, de miettes, de restes. "
Nombre de pages
406
Date de parution
03/10/2002
Poids
490g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782882501257
Titre
Singer, paysages de la mémoire
Auteur
Tuszynska Agata
Editeur
NOIR BLANC
Largeur
146
Poids
490
Date de parution
20021003
Nombre de pages
406,00 €
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A cette époque, je ne savais pas que le sort des Juifs me concernait d'une quelconque façon. Plus tard, quinze ans durant, j'ai partagé la vie d'un homme que la cicatrice de ce Mars n'a jamais cessé de faire souffrir. Jusqu'à ses derniers jours il en parlait, ces souvenirs étaient les seuls à lui tirer les larmes." Agata Tuszynska Qui s'en souvient ? En mars 1968, une campagne antisémite a de nouveau traversé la Pologne, cette fois, orchestrée par le pouvoir communiste. La génération qui a environ vingt ans se retrouve obligée de partir, abandonnant là toutes ses "affaires personnelles". Cinquante ans plus tard, Agata Tuszynska va à la rencontre de ces témoins, dispersés à travers le monde. Elle nous fait découvrir l'histoire de Juifs polonais, souvent enfants de la nomenklatura communiste, qui ignoraient parfois leur judéité et le passé de leurs parents.
Résumé : L'existence quotidienne, pauvre mais si pleine de vie du shtetl, les leçons de dessin de monsieur Schulz à Drogobytch, la foule dans les rues animées du quartier de Nalewki à Varsovie ; les parfums des baïgele frais et du tchoulent le soir du shabbat ; les forêts verdoyantes de Lituanie, le saule pleureur sur des rives de la Vistule, la croix en bois dans la plaine, parmi les champs de blé... L'ombre terrible de la Shoah plane sur tous ces souvenirs, rend la mélancolie encore plus inconsolable. Tels les éclats de la mémoire, aussi douloureuse qu'enfouie, les paysages et les saveurs de l'enfance reviennent ici dans une polyphonie de voix des juifs polonais que Tuszynska interroge ou, tout simplement, écoute. Partie sur les traces du monde perdu du Yiddishland, à Vilnius, Paris et surtout en Israël, le reporter enregistre les témoignages des survivants, cherche à comprendre leur identité : juif et Israélien, religieux ou athée, parlant le yiddish, le polonais, l'hébreu, le russe... En dix textes, par la voix d'interlocuteurs souvent anonymes, parfois connus comme David Grossman, écrivain israélien, ou Grigori Kanovitch, écrivain russe, se dégagent une vision ou plutôt des visions de l'Israël d'aujourd'hui, de sa richesse culturelle et de ses paradoxes. Les récits de Tuszynska ne sont pas politiquement corrects, ils n'évitent pas les sujets difficiles : l'antisémitisme polonais, les relations complexes des juifs ashkénazes avec la culture et la langue polonaises, les rapports à la foi et à l'idéal sioniste des Israéliens nés dans l'Est européen, les tensions ethniques en Israël... Autant de questions épineuses auxquelles les réponses ne peuvent ni ne doivent être univoques, et qui se cherchent ici dans la multiplicité des témoignages et dans leurs contradictions.
Résumé : "Prénom ? Roman, Romain, Romouchka, Emile. Nom de famille ? Kacew, de Kacew, Gari, Gary, Ajar, Sinibaldi, Bogat. Lieu de naissance : Wilno, Koursk, Moscou, steppes russes, en 1914, en mai, en décembre, dans l'après-midi... " Difficile de mettre de l'ordre dans la biographie hors norme de Romain Gary, unique auteur à avoir reçu deux fois le Prix Goncourt (pour Les Racines du Ciel et La Vie devant soi), diplomate, scénariste, pilote de guerre, voyageur. Homme célèbre qui s'est suicidé en 1980 après une carrière littéraire fulgurante. Mystificateur. Enfin, illusionniste qui jonglait avec les faits et les inventions, avec ses histoires et celles qu'il entendait, créateur infatigable de son opus magnum : sa propre biographie. Seule Agata Tuszy ska, l'autrice de Wiera Gran l'Accusée et de La Fiancée de Bruno Schulz pouvait relever ce défi ! Elle se met en scène, enquête pour chercher la vérité, tente de dévoiler les nombreux portraits de son personnage et engage avec lui un dialogue tout en essayant de résoudre les mystères de l'identité juive de l'auteur de La Promesse de l'aube - et de la sienne. Elle évoque sa mère dominatrice et fascinante, Nina Owczy ska, leur séjour de plusieurs années à Varsovie dans les années 1920, la route pour Nice, les deux mariages tempétueux de l'écrivain (dont celui avec la star de Hollywood Jean Seberg), sa carrière artistique et celle de diplomate. Elle raconte sa faiblesse pour les pseudonymes, les destins parallèles et le jeu. Dans Le Jongleur, Agata Tuszy ska peint un portrait unique de Romain Gary, et montre comment son personnage va au-delà des limites de la pirouette artistique et des responsabilités humaines. Jongler devient ainsi la métaphore de l'art. Traduit du polonais par Isabelle Jannès-Kalinowski
Résumé : " Ce livre est en moi depuis des années. Comme un secret. Dès l'instant où j'ai appris que je n'étais pas celle que je croyais être. A partir du moment où ma mère s'est résolue à me dire qu'elle était juive. " " Une histoire familiale de la peur est à la fois le témoignage intensément personnel d'une femme à la recherche d'elle-même et le portrait déchirant de toute une société. Agata Tuszynska fait preuve d'un courage extraordinaire en sondant ses craintes, ses doutes, ses aspirations, sa confusion, pour nous offrir une ?uvre étincelante. Un livre capital, qui nous fait découvrir l'histoire des juifs de Pologne sous un jour absolument inédit et insoupçonné. "
Cette tache d'humidité apparue sur le mur de la salle de bains était-elle un signe ? Alors que le narrateur récupère les résultats d'une analyse de routine, le médecin annonce un petit doute sur le VIH En attendant le verdict d'un examen de confirmation, il ne peut partager son anxiété avec son père, venu faire des travaux de réfection dans son studio, ni avec son dernier partenaire - ils n'ont pas prévu de se revoir. Les heures passent au ralenti ; rêves et souvenirs contaminent la réalité. La tache qui progresse au-dessus du lavabo matérialise l'invasion rampante de l'inquiétude : que sera-t-il permis de vivre et d'espérer au-delà de l'angoisse ? Etonnamment souple, poétique, ludique, la langue de ce roman se distord, insinuant que la peur est une affection psychotrope.