Ce livre est dédié par Iouri Trifonov à la mémoire de son père, l'une des figures marquantes de la révolution de 1917, co-fondateur de la Garde Rouge commandant du front du Caucase avec Ordjonikidzé, auteur de nombreux ouvrages de tactique militaire, diplomate. Le romancier se fait ici historien, relate ses souvenirs d'enfance, mais les étaie sur de nombreuses notes et télégrammes, documents immédiats qui ont la vigueur de tranches de vie. Grâce à eux, on découvre de nouvelles précisions sur 1917, mais surtout sur la guerre civile dans le Sud, puis sur la constitution et l'action de l'Armée du Travail, qui mit l'industrie soviétique sur pied. Mais il reste romancier, par l'art de ressusciter les personnages, par l'humanité chaleureuse et la très belle quête d'idéal qui soufflent à travers ses pages. Parce que l'anime la piété filiale et à travers elle la pureté d'une foi révolutionnaire du début des âges. C'est cela que Trifonov offre à notre réflexion : à chacun de nous de faire les comparaisons qu'il voudra. Il n'oriente personne. C'est ce qui fait du Reflet du brasier une oeuvre de vie ardente et de grande sagesse.
Nombre de pages
216
Date de parution
16/04/1980
Poids
270g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070205431
Titre
Reflet du brasier
Auteur
Trifonov Iouri
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
270
Date de parution
19800416
Nombre de pages
216,00 €
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Les trois nouvelles groupées ici constituent dans l'esprit de l'auteur une trilogie dont le dénominateur commun est l'existence des intellectuels vrais ou faux à Moscou. Elles sont provoqué des discussions très vives car elles touchent à des problèmes contemporains. Les personnages médiocres et vulnérables vivent au milieu de l'intrigue, du passe-droit, du marché noir, grâce à ce que l'on appelait autrefois le système D. Ils ne sont cependant dépourvus ni de scrupules ni de tendresse. Iouri Trifonov nous introduit ainsi dans la réalité de Monsieur Tout-le-Monde en U.R.S.S. comme aucun auteur ne l'avait jamais fait avec à la fois chaleur et lucidité.
Ces nouvelles, en apparence "tranquilles", saisissent un moment de la vie de gens simples : une vieille dame balte va chercher ses souvenirs au pays natal, une vigoureuse ouvrière va travailler au noir chez des gens aisés, des jeunes gens jouent au tennis dans le crépuscule d'été. On pense d'abord, et à juste titre, qu'il y a dans ces pages un brin de mélancolie tchékhovienne. Il y a aussi, comme chez Tchekhov, l'entraînement de la lecture, le désir de savoir "comment ça finira". Le drame est présent de même, feutré, mais révoltant, celui de la nouvelle qui donne son titre au présent volume : Mise à mort d'un pigeon. La malveillance de voisins influents oblige un vieux retraité à se débarrasser de ses pigeons : une fois, deux fois, trois fois l'opération sera manquée. La quatrième... Quant à Des jeux sans fin, c'est une "ciné-nouvelle" sur le monde du football que l'auteur, ancien journaliste sportif, connaissait bien : vision apocalyptique du public (cent mille spectateurs), vitalité des sportifs, fantaisie, facéties des journalistes, nostalgies, tristesses : en peu de pages, un univers entier.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.