Catholicisme et société dans la France du XXe siècle. Apostolat, progressisme et tradition
Tranvouez Yvon
KARTHALA
24,99 €
Epuisé
EAN :9782811105549
En France, il n'y a pas si longtemps, le catholicisme occupait le territoire et scandait le temps. II est devenu, dans notre société, affaire de réseaux et de rassemblements ponctuels. Nous étions hier dans un catholicisme de convention, largement partagé, et nous voilà aujourd'hui dans un catholicisme d'élection, réduit à une minorité. Entre ces deux moments, des années 1880 aux années 1980, s'est déployé un catholicisme d'action, porté par un puissant mouvement catholique dont on n'a plus idée. Action, marche vers Dieu: c'était, en 1949, le titre significatif d'un petit ouvrage du père Lebret, dominicain, qui a inspiré bien des militants des patronages, de l'Action catholique ou du mouvement missionnaire. Leurs succès indéniables ne peuvent occulter les rivalités latentes, les conflits ponctuels et les vertiges intérieurs qui les ont affectés. A travers des approches croisées, ce livre essaie de rendre compte de la corrélation paradoxale entre une dynamique apostolique impressionnante et une crise religieuse spectaculaire, en prêtant particulièrement attention à la question cruciale du progressisme chrétien, posée par l'engagement de certains catholiques de gauche aux côtés des communistes. L'ébranlement des consciences croyantes les plus investies dans le monde moderne est donc le fil rouge de cet ouvrage qui s'achève, comme en contrepoint, par un portrait de groupe de l'épiscopat français, cette "hiérarchie gardienne de la tradition catholique, si souvent critiquée par les milieux dont il est ici question."
Nombre de pages
327
Date de parution
10/11/2011
Poids
410g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811105549
Auteur
Tranvouez Yvon
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20111110
Nombre de pages
327,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le concile Vatican II, qui espérait réconcilier l'Eglise et le monde moderne, a très vite suscité des remous chez les clercs comme chez les fidèles. Ses décisions commençaient tout juste à être mises en oeuvre quand survint l'onde de choc de Mai 68, qui plongea plus encore le catholicisme français dans une période de fortes turbulences jusqu'à la fin des années 1970. Certains pensent que l'Eglise ne s'en est pas remise, emportée depuis lors dans une spirale de déclin. D'autres estiment que cette agitation n'a fait que précipiter une reconfiguration qui serait advenue de toute manière, du fait de la sécularisation de la société contemporaine et de la montée de l'individualisme. Revenant à la fois sur quelques questions révélatrices de ce qui s'est joué alors et sur certains acteurs qui furent au coeur de cette crise catholique, ce livre se propose d'éclairer une scène ecclésiale souvent complexe et parfois confuse, dans une période cruciale - excitante et vertigineuse à la fois - dont l'héritage est aujourd'hui fortement controversé. Yvon Tranvouez est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Brest, membre du Centre de recherche bretonne et celtique (EA 4451). En 2017 est paru sous sa direction Les Catholiques bretons dans la Grande Guerre.
Etre catholique en Bretagne au XXe siècle, c'était quoi ? Question étrange à première vue, et pourtant la réponse n'a déjà plus d'évidence pour les nouvelles générations, celles qui sont nées depuis les années 1980, après l'effondrement de la pratique religieuse traditionnelle. Du reste, il n'y a pas une mais plusieurs réponses. L'identification au catholicisme ne signifiait pas la même chose à la ville et à la campagne, en Léon et en Cornouaille, chez les clercs et les laïcs, du côté des simples fidèles et de celui des militants, avant et après Vatican II, dans les circonstances exceptionnelles - les guerres par exemple - et dans la vie quotidienne... On pourrait multiplier les variables. A travers différentes approches, qui déplacent les échelles et les points de vue, ce livre cherche donc d'abord à rendre compte de la diversité du vécu religieux au siècle passé. Mais au-delà, il incite aussi à réfléchir sur les mécanismes de la crise qui a emporté la chrétienté bretonne affrontée à la modernité.
Ne craignez pas pour ceux que vous laissez, disait-il. Votre mort en les blessant va les mettre au monde ". L'?uvre de Jean Sulivan, alias Joseph Lemarchand (1913-1980), prêtre atypique du diocèse de Rennes, journaliste, animateur du ciné-club de la Chambre noire, auteur et directeur de collection chez Gallimard, s'avère aujourd'hui d'une étonnante actualité. En croisant différentes approches - historiques, littéraires, cinématographiques, théologiques - et en donnant la parole à ceux qui l'ont connu hier ou qui le découvrent aujourd'hui, ce livre est d'abord une invitation à lire ou à relire celui qui se disait un passant et qui fut un passeur, plus présent que jamais. " Ecrire, affirmait-il encore, c'est se mettre en état de rupture et non pas revenir au passé, toujours si merveilleusement vécu par nos ancêtres qui étaient bons, généreux, pieux, patriotes ! Fini tout cela. [...] La nostalgie trahit quelque chose. On ne peut être que contemporain. Vivre ici et maintenant. Ou bien l'incarnation est une imposture. Comment sans blasphémer ne plus en finir de rêver du passé ?"
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.