
Parler du sida au Nord-Cameroun
Dans le cadre africain dit " francophone ", les langues locales sont le parent pauvre de la réflexion sur la communication. Pourtant, une majorité d'Africains de ces pays ne maîtrisent pas le français. Les promoteurs (nationaux ou internationaux) de campagnes d'information et de conseil ont bien été obligés de le constater sur le terrain. Ils font donc doubler leurs discours en français par des traductions improvisées ou non contrôlées en langues africaines. Avec une telle procédure, les concepts un peu délicats sont évacués et les phrases non comprises sont sautées, ou on leur substitue un remplissage quelconque. Le présent ouvrage rend compte d'une recherche menée au Cameroun septentrional avec le soutien de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales. On y trouvera aussi bien les résultats d'enquêtes sur la conception et la perception du sida et du préservatif que des études sur les divers discours que tiennent les intervenants du domaine (personnels de santé, hommes d'Eglise, personnalités islamiques, agences spécialisées). Une attention particulière a été accordée à l'étude d'affiches, de dépliants et de films éducatifs. A titre de contribution pratique, l'ouvrage offre également un guide de communication sur le sida, le texte d'une chanson en langue peule, destinée à populariser un nom du VIH, ainsi qu'une proposition de normalisation du fulfulde véhiculaire du Cameroun.
| Nombre de pages | 274 |
|---|---|
| Date de parution | 28/10/2010 |
| Poids | 450g |
| Largeur | 160mm |
| EAN | 9782811104306 |
|---|---|
| Auteur | Tourneux Henry ; Métangmo-Tatou Léonie |
| Editeur | KARTHALA |
| Largeur | 160 |
| Date de parution | 20101028 |
| Nombre de pages | 274,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 6-8 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Langues, cultures et développement en Afrique
Tourneux HenryDepuis le rapport de la Banque mondiale sur le développement (2004), la réussite ou l'échec des projets se voient explicitement corrélés au degré d'implication des populations "pauvres" concernées dans le processus de prise de décision relatif à leur mise en oeuvre. Il est donc capital de se demander en quelles langues ces "pauvres" peuvent faire entendre leur voix. Généralement, la pauvreté s'accompagne de ce que l'on peut appeler une "dépendance communicationnelle", accentuée par la fragmentation linguistique due au fort multilinguisme de la plupart des pays africains. Cette dépendance n'affecte pas uniquement les groupes linguistiques très minoritaires; elle reflète la marginalisation de toutes les langues africaines par rapport aux langues officielles d'origine européenne. Si la maîtrise des ressources communicationnelles constitue un critère essentiel pour la durabilité du développement local, comment peut-il se faire que la question linguistique en général, et la langue localement principale en particulier (celle que la communauté locale emploie le plus), soient ignorées ou voient leur rôle minimisé, comme le démontre le silence qu'observent sur ce sujet les spécialistes de la communication pour le développement ainsi que la majorité des sociologues de l'éducation? Deux positions se font face lorsqu'il s'agit de résoudre le problème de la fragmentation linguistique. La première recommande d'employer une langue qui transcende cette fragmentation; ce peut être la langue léguée par la colonisation, ou une langue africaine véhiculaire - les tenants du panafricanisme vont même jusqu'à prôner l'emploi d'une seule langue africaine à l'échelle du continent. L'autre option est celle de la durabilité communicationnelle, qui implique la maîtrise locale des questions d'intérêt local, exprimée par l'usage d'une langue locale; elle implique également l'égalité en matière de communication et l'égalité dans l'accès à l'information. Si les experts admettent d'emblée la première option (n'allant toutefois pas jusqu'à préconiser l'emploi d'une langue véhiculaire africaine, en général), ils écartent a priori la seconde, qui les dépouillerait de leur pouvoir linguistique. L'écoute des "pauvres" dans leur propre langue et suivant leur propre code culturel, permet une nouvelle compréhension des problèmes que leur cause la fragilité de leurs conditions de vie; elle permet encore de comprendre leur réactivité d'un point de vue englobant (holistique) et non pas sectoriel (purement technique). Biographie de l'auteur Henry Tourneux est directeur de recherche au CNRS (LLACAN, Langage, langues et cultures d'Afrique noire, UMR 8135 CNRS-INALCO), mis à disposition de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) au Cameroun, dans l'UR "Acteurs et systèmes de santé en Afrique". Les contributeurs du volume (Joseph Baya, Thomas Bearth, Alain Bentolila, Mélanie Bourlet, Anne-Marie Dauphin-Tinturier, Issa Diallo, Marcel Diki-Kidiri, Michel Lafon, Norbert Nikièma, Mamadou Lamine Sanogo, Lydie Vé Kouadio) ont tous une expérience directe de recherche pour le développement dans le domaine des langues et de la culture.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER26,00 € -

Vivre avec les djinns. Récits de Goggo Djara (Cameroun)
Tourneux Henry ; Daïrou Yaya ; Djara GoggoIl y a déjà trente ans que nous a quittés celle qu'on appelait familièrement Goggo Djara. De père peul et de mère wandala (mandara), son enfance insouciante a été interrompue très tôt par un mariage arrangé. Ayant réussi à s'en échapper, elle a vécu quelques années d'intense bonheur, comme reine des veillées de jeunes. Dans ce cadre, elle a épousé un nouveau mari qui, comme elle, était un adepte de ces veillées. Mais très tôt, sa vie a été assombrie par des rencontres inopinées avec plusieurs djinns qui ont décidé de cohabiter avec elle. Le côté positif de l'expérience, c'est que, grâce au concours de certains de ces êtres supranaturels, elle a acquis des pouvoirs de voyance, qu'elle a exercés au bénéfice d'hommes et de femmes de toutes catégories sociales. Deux ans avant son décès, elle s'est confiée à Yaya Daïrou et Henry Tourneux, leur racontant au fil des mois ses souvenirs marquants. Son récit ne suit pas strictement un fil chronologique. Il faut le lire tel quel, comme le rare témoignage d'une personne fragile, qui aura traversé les époques, depuis la tutelle française sur le Cameroun jusqu'à la période qui a suivi l'Indépendance.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER29,00 € -

Dictionnaire pratique du créole de Guadeloupe (Marie-Galante). Suivi d'un Index français-créole
Tourneux Henry ; Barbotin Maurice ; Tancons Marie-Par le biais de la chanson, les langues créoles ont réussi, au cours de la décennie écoulée, une percée remarquable sur les ondes et sur les scènes de tous les pays. Le guadeloupéen, quant à lui, est la langue maternelle et même la langue-mère de plus d'un demi-million de personnes, partagées entre les Antilles et l'Europe. Longtemps considérés comme des baragouins, les créoles sont le mode d'expression d'une civilisation jeune où se métissent l'Amérique, l'Afrique, l'Europe et l'Inde. Le présent dictionnaire a été conçu principalement à l'intention de ceux qui veulent découvrir ou apprendre le créole guadeloupéen. L'orthographe pratique retenue s'inspire, pour une très large part, de celles qui ont cours dans les écrits récents. Les quelques modifications adoptées l'ont été dans le souci de faciliter la lecture et de réduire au minimum les règles orthographiques. Le sous-titre intérieur de l'ouvrage (Marie-Galante) s'explique par le fait que toute l'enquête lexicale a été menée avec des locuteurs marie-galantais, mais il n'existe aucune différence fondamentale entre le parler de cette petite île et celui de la Guadeloupe proprement dite.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER50,00 €
Du même éditeur
-

POLITIQUE AFRICAINE N-166. FRANCE-RWANDA : RAPPORTS, SCENES ET CONTROVERSES FRANCAISES
Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER20,00 € -

Au lieu de la différence. Une lecture structurale turco-ottomane
Fliche BenoîtA la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER24,99 € -

Evangélisation ou domination ? Le choc des cultures dans les Andes équatoriennes
Jégouzo BertrandLa question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER20,00 € -

Cent ans de négation. Les régimes mémoriels en Turquie, de l'unionisme à l'islamisme
Tasalp DuyguCent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER35,00 €

