L'oeuvre de François Tosquelles (1912-1994) n'est connue jusqu'à maintenant que des milieux de la psychiatrie et de la psychanalyse. Il fut, en effet, le génial "? inventeur ? " (mot qu'il récusait) d'un courant de la psychiatrie qui contribua à sa révolution, la "? psychothérapie institutionnelle ? ". Ce courant naquit à l'hôpital de Saint-Alban, en Lozère, pendant la deuxième guerre mondiale. L'histoire a déjà fait légende de ce lieu où, à la faveur de la guerre, se retrouvèrent psychiatres progressistes (Lucien Bonnafé, Paul et Germaine Balvet, André Chaurand, Jean Oury, Franz Fanon), poètes surréalistes (Paul éluard, Tristan Tzara), artistes (les patients Auguste Forestier, Aimable Jayet, Marguerite Sirvins, mais aussi Gérard Vuillamy et Jean Dubuffet, qui y puisa de quoi réunir sa collection d'art brut), philosophes (Georges Canguilhem), et de nombreux résistants réfugiés. De cette conjonction surréaliste et communiste libertaire se dégagea une nouvelle manière d'envisager la folie, comme une dimension proprement humaine, et l'institution psychiatrique comme un organisme à "? soigner ? ". Les murs de l'asile furent abattus (par les patients eux-mêmes), l'espace de l'hôpital fut ouvert sur l'extérieur et réorganisé, la vie repensée avec le travail et l'ergothérapie, la vie collective rythmée par des activités dans et hors l'hôpital et par la tenue de "? clubs ? " autogérés par les patients. Cette révolution puisait en réalité ses ressources d'intelligence dans l'histoire de la Catalogne des années 1920 et 1930, à laquelle Tosquelles avait activement participé. Psychiatre progressiste, immédiatement intéressé par la psychanalyse (influente à Barcelone grâce à la présence de nombreux psychanalystes juifs chassés d'Europe centrale par le nazisme), il avait également fait l'expérience d'un militantisme concret (il était membre fondateur du Parti ouvrier d'unification marxiste [POUM], anarcho-syndicaliste et antistalinien). Il tira de son expérience de la guerre civile comme psychiatre de l'armée républicaine la plupart de ses convictions (dont l'une, la nécessité de "? soigner sur le lieu du trauma ? ", fut à l'origine de la psychiatrie moderne dite "? de secteur ? "). Il fut appelé à Saint-Alban en 1940, alors qu'il était réfugié au camp de Septfonds, au nord de Toulouse, où il avait improvisé un service de psychiatrie dans une cabane et "? dans la boue ? ". Le remarquable travail de recherche de Joana Masó donne lieu à un ouvrage à la fois pédagogique et éclaté, dans lequel alternent ses synthèses historiques et des extraits des textes majeurs de Tosquelles, accompagnés d'une iconographie documentaire exceptionnelle. Le portrait du personnage, dans laquelle se conjuguent la rage et le pragmatisme politiques, le grotesque catalan, l'érudition et la passion de la langue et de la folie, est le premier à restituer son oeuvre dans toutes ces dimensions.
Nombre de pages
400
Date de parution
19/11/2021
Poids
772g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782373670189
Titre
Soigner les institutions
Auteur
Tosquelles François ; Maso Joana
Editeur
ARACHNEEN
Largeur
165
Poids
772
Date de parution
20211119
Nombre de pages
400,00 €
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Il n'est pas sans signification que François Tosquelles conclue son oeuvre écrite par un ouvrage traitant des équipes de soins. Toute sa vie, il n'aura cessé d'insister sur l'importance de l'équipe de soins, structure essentielle à toute pratique clinique, toujours menacée de disparition du fait de la spécialisation et de la technicisation des rôles soignants, toujours susceptible de s'homogénéiser, de se structurer en îlots de résistance. La réédition du dernier ouvrage paru peu de temps après la mort de son auteur est accompagnée par la préface de Pierre Delion qui témoigne de l'actualité de la pensée de ce maître de la psychiatrie institutionnelle.
En rompant avec la tradition esclavagiste de l'hôpital psychiatrique, Tosquelles a fait du travail non seulement une source d'informations cliniques incomparables mais aussi un moyen pour le patient de reprendre contact avec le monde interhumain. Ce "classique" publié en 1967 par Le Scarabée, puis en 1972, augmenté d'une nouvelle introduction, constitue aujourd'hui encore une réflexion à la fois profonde, sensible, pragmatique et politique, au sens noble du terme, à découvrir ou redécouvrir par les professionnels de la psychiatrie mais aussi par ceux de la clinique du travail. Biographie de l'auteur François Tosquelles ( 1912-1994 ), psychiatre catalan, militant engagé, a fui l'Espagne franquiste. Il est l'un des initiateurs de la transformation des hôpitaux psychiatriques à travers l'expérience de Saint-Alban et le promoteur du courant de la psychothérapie institutionnelle.
Résumé : Il n'est pas sans signification que François Tosquelles conclue son oeuvre écrite par un ouvrage traitant des équipes de soins. C'est à la fois le thème de son livre mais aussi un rappel et une adresse, comme s'il s'agissait encore de souligner l'importance de l'équipe de soins, structure essentielle à toute pratique clinique, toujours menacée de disparition du fait de la spécialisation et de la technicisation des rôles soignants, toujours susceptible de s'homogénéiser, de se structurer en îlots de résistance. Poursuivant le dialogue fictif qu'il avait imaginé dans L'enseignement de la folie, François Tosquelles tisse les fils associatifs multiples, déploie des nappes de paroles afin que puisse surgir et être accueillie une formule frappée de vérité, difficilement accessible car souvent trop proche, trop quotidienne. Sinon à vouloir recouvrir une pensée, il est bien trop réducteur de limiter l'apport de François Tosquelles à ce mouvement de la psychiatrie française dit de psychothérapie institutionnelle. L'histoire de la pensée ne suit pas les mêmes accidents que l'histoire concrète des hommes, et l'insistance de François Tosquelles sur la nécessité de considérer les équipes de soins, leur rapport à la détresse humaine, au réel auquel elles se heurtent et à partir duquel elles se (re)construisent, à la personne et à sa mouvance, est toujours d'actualité, non seulement parce que la clinique psychiatrique est plus que jamais soumise à des rationalisations sophistiquées mais parce que le sujet a toujours à affronter le risque de sa propre disparition.
Il s'agit de la première monographie consacrée à Anne-Marie Schneider. L'ouvrage trilingue (français, anglais, espagnol) se compose d'une séquence de plus de deux cents oeuvres organisée chronologiquement, selon une mise en page suscitée par le mouvement de l'oeuvre (le passage progressif du dessin à la peinture). Il s'accompagne d'un texte de Jean-François Chevrier et d'un DVD des 4 films de l'artiste. Il servira de catalogue à l'exposition du Museo Centro Reina Sofia (Madrid) en novembre 2016. 288 pages dont une séquence de 300 reproductions d'oeuvres (dessins, peintures, photogrammes), suivies d'un texte de Jean-François Chevrier en trois langues (français, espagnol, anglais).
Enfantillages outillés : le premier mot dirait plutôt le jeu, le second plutôt le travail, ou du moins l'activité utile. Mais il y a rime intérieure... Quels enfantillages ? Ceux de quarante enfants de la vallée de la Dordogne, leurs gestes, leurs pensées d'enfants. Quels outils ? Ceux du dessin, de la photographie, de la gravure. Pour quoi faire ? Pour dessiner et photographier des machines. Les machines attirent les enfants.
Fernand Deligny écrit Lettres à un travailleur social en 1984-1985. Depuis le début des années 1970, il a publié une dizaine de livres qui portent sur la "tentative" des Cévennes avec des enfants autistes. Il s'est éloigné des travailleurs sociaux. Ceux-ci lui reprochent son écriture "hermétique" et voudraient le voir renouer avec l'esprit militant des aphorismes de Graine de crapule (1945). Deligny répond sans répondre. S'adressant à "un travailleur social quel qu'il soit", c'est précisément dans cette langue "en tant qu'outil" qu'il veut persuader les travailleurs sociaux de penser leur tâche. Sa proposition est politique : il pointe les risques d'une liberté indexée sur l'individualisme, et d'une psychologie organisée autour de l'hypostase du "sujet absolu" et de la "conscience de soi". Dans des pages que ne renieraient pas les critiques actuelles les plus radicales sur l'école, il met en garde contre les formes de l'"apprendre" qui négligent les "faits hérétiques", les faits "chiendent", ceux qui résistent à la "sélection". Il suggère de respecter le hasard, et le tacite, dont il reprend la notion à Ludwig Wittgenstein. Il interroge un commun coutumier, indissociable de la pratique qui consiste à "asiler" l'humain, celui en qui la mémoire d'éducation n'aurait pas totalement supplanté la mémoire d'espèce... Dans une postface généreuse et éclairante organisée en trois parties, Pierre Macherey répond en quelque sorte, lui, à l'inquiétude du travailleur social. Dépliant l'écriture de Deligny sans l'expliquer, proposant de lui reconnaître son étrangeté, il souligne la parenté entre la langue et les thèmes abordés : I'"entre", de préférence aux grandes totalisations ; l''"énigme", qui appelle le silence. Puis il analyse l'une des lettres, dont il dégage en particulier le thème de l'"aller ligne" - formule reprise à Henri Michaux -, en montrant qu'elle conduit Deligny de "la simple évocation d'une file d'enfants" à des considérations de portée "tendanciellement cosmique". Il propose enfin un florilège de citations de Lettres à un travailleur social, associées et commentées de manière à en faire apparaître clairement la trame et les principales lignes de force.