Si le souvenir des Templiers demeure auréolé de mystère, les Teutoniques, eux, ont nourri une légende noire : tout droit sortis d'un Moyen Age sanguinaire et barbare, ces moines-guerriers fanatiques auraient été le fer de lance d'une Allemagne tentée depuis toujours par l'expansion vers l'est, le fameux Drang nach Osten. Fait irrécusable ou vulgaire image d'Epinal ... Né à la fin du XIIe siècle, en Palestine, l'ordre se ramifie très tôt en Europe : en Sicile, où les Teutoniques pourchassent les musulmans rebelles avant de prendre possession d'immenses domaines, qu'ils géreront au mieux de leurs intérêts ; dans la Baltique, où ils combattent les derniers païens ; en Prusse, où ils fonderont un véritable Etat. Un siècle plus tard, quand la chute des Lieux saints sonne le glas des ordres militaires, les Teutoniques, quant à eux, ont commencé leur véritable carrière de bâtisseurs et de colonisateurs, déployant leur réseau de maisons et d'alliances dans l'Europe tout entière, de l'Espagne à la Livonie. Les Temps modernes verront le déclin de cet ordre privé d'ennemis à convertir, confronté aux armées puissantes des nations en voie de constitution. Il ne lui restera qu'à devenir un ordre religieux comme les autres ; mais, si les Templiers ont depuis longtemps disparu, l'ordre Teutonique, lui existe toujours aujourd'hui...
Si le souvenir des Templiers demeure auréolé de mystère, les Teutoniques, eux, ont nourri une légende noire : tout droit sortis d'un Moyen Age sanguinaire et barbare, ces moines-guerriers fanatiques auraient été le fer de lance d'une Allemagne tentée depuis toujours par l'expansion vers l'Est, le fameux Drang nach Osten. Fait irrécusable ou vulgaire image d'Epinal ? Né à la fin du XIIe siècle, en Palestine, l'ordre se ramifie très tôt en Europe : en Sicile, où les Teutoniques pourchassent les musulmans rebelles avant de prendre possession d'immenses domaines, qu'ils sauront gérer au mieux de leurs intérêts ; dans la Baltique, où ils combattent les derniers païens ; en Prusse, où ils fonderont un véritable Etat. Un siècle plus tard, quand la chute des Lieux saints sonne le glas des ordres militaires, les Teutoniques, quant à eux, ont commencé leur véritable carrière de bâtisseurs et de colonisateurs, déployant leur réseau de maisons et d'alliances dans l'Europe tout entière, de l'Espagne à la Livonie. Les Temps modernes verront le déclin de cet ordre privé d'ennemis à convertir, confronté aux armées puissantes des nations en voie de constitution. Il ne lui restera qu'à devenir un ordre religieux comme les autres ; mais, si les Templiers ont depuis longtemps disparu, l'ordre Teutonique, lui, existe toujours aujourd'hui...
Écrite entre 1929 et 1932, cette histoire de la révolution russe, oeuvre monumentale, comprend deux tomes, l'un consacré à la révolution de février, l'autre consacré à la révolution d'octobre. Écrit à la demande de son éditeur américain, Charles Boni, cet ouvrage intervient alors que Trotsky avait à peine terminé de rédiger son autobiographie, Ma vie, après avoir été exilé à Prinkipo au début de l'année 1929. Contrôlant la documentation, immense, nécessaire à un tel ouvrage que rassemble son fils aîné Léon Sedov, il recommence cette histoire de la révolution qu'il a connue et dont il a été exclu. En effet, il avait déjà écrit vingt ans auparavant l'histoire de la révolution de 1905 dont il avait été l'un des principaux artisans, présidant le Soviet de Saint-Pétersbourg. C'est probablement le livre le plus important publié sur la Révolution bolchevique par l'un de ses témoins directs, Trotsky tenant ici le rôle d'acteur et d'observateur. En outre, le style de son écriture est ici remarquable ce qui fait de ce livre un classique. --Florent Mazzoleni
Le goulag : des camps soviétiques de travaux forcés au fin fond de la Sibérie dont l'existence fut révélée à travers le monde en 1973 par l'écrivain Alexandre Soljenitsyne. Au-delà de cette simple phrase, que sait-on du Goulag ? Quand cela a-t-il commencé ? Combien de détenus, de morts ? Quels étaient les motifs d'arrestation ? Y avait-il des femmes, des enfants ? Dans quelle mesure ce système a-t-il participé au développement économique de l'URSS ? Le Goulag, acronyme de Direction centrale des camps, est l'un des systèmes répressifs les plus impitoyables et les plus meurtriers du XXe siècle. Par son gigantisme, par sa longévité, par le nombre de ses victimes, il est hors norme : des milliers de camps et des millions de zeks contraints de travailler jusqu'à l'épuisement dans le froid, le dénuement, l'isolement, le manque total d'hygiène, la peur, la faim et l'humiliation... De la fin des années 1920 au milieu des années 1950, 20 millions de Soviétiques sont passés par les camps du Goulag, 6 millions ont été déportés, 4 millions ne sont jamais revenus ni des camps ni de la déportation. L'enjeu fondamental de ce livre est de raconter, de décrire et d'expliquer cette entreprise de production et de déshumanisation dont l'existence a longtemps été occultée à l'Est et niée à l'Ouest. L'originalité de Goulag, une histoire soviétique est d'allier, pour la première fois, un récit historique nourri des recherches les plus récentes avec un descriptif concret de la vie et de la violence des camps, du travail des zeks, s'appuyant sur une riche iconographie (photographies, dessins, cartes, documents administratifs, statistiques) dont une large partie d'inédits issus de l'ONG russe Memorial. En complément, l'ouvrage propose de nombreux encadrés : les grands chantiers (canal mer Blanche-mer Baltique, la Voie morte), les camps emblématiques (les Solovki, la Kolyma, Vorkouta...), les grands témoins (Soljenitsyne, Chalamov, Guinzbourg, Margolin, Rossi, Buber-Neumann), mais aussi les témoignages de victimes anonymes. Par les auteurs de la série documentaire Goulag, une histoire soviétique (une production Kuiv - Michel Rotman ; diffusion Arte).
Manchester, 16 août 1819. Quelque 60 000 personnes, hommes, femmes et enfants, surtout des ouvrières et ouvriers du textile, sont rassemblées pacifiquement pour des réformes démocratiques. À peine le meeting a-t-il commencé que la troupe charge et sabre la foule, tuant 15 personnes et en blessant plus de 600 : c'est le massacre de Peterloo. Le tisserand Samuel Bamford (1788-1872) avait conduit les habitants de sa ville jusqu'au rassemblement. Dans ses mémoires, il a laissé le récit le plus saisissant de l'événement qui nous soit parvenu. Il raconte d'une plume alerte son engagement dans l'agitation radicale entre 1816 et 1821, une époque de récession économique et de crise politique. Bamford emmène ses lecteurs dans les tavernes pour des réunions radicales, dans les prisons et sur les routes du pays qu'il traverse à pied. Il nous fait rencontrer les radicaux célèbres de l'époque, mais aussi une foule d'anonymes des classes populaires.