Chambres séparées. Thomas se meurt. A vingt-cinq ans. Et Leo, qui en a quatre de plus, se retrouve veuf d'un compagnon, sans qu'il existe même un mot dans le vocabulaire humain pour désigner celui qui ne fut ni mari, ni femme, ni amant, ni camarade. Thomas est mort... Mais si Leo ne peut en faire le deuil, ce n'est pas seulement qu'il n'existe aucun rite d'accompagnement pour célébrer les fastes mortuaires, d'un compagnon irrégulier. C'est que son monde est à l'image de ce ciel d'Emilie sur le delta du Pô, où il échoue un matin, au terme d'une course harassante. Habité par le souvenir du jeune homme qu'il a aimé mais qui n'était pas tout, Leo se condamne pendant quatre années à l'errance, dans l'espoir de trouver la ligne de partage entre les vivants et les morts. Il parcourt une Europe où le passé et le présent se superposent, les routes se croisent, les années se confondent et les visages émergent, dans une sorte de fondu enchaîné, parmi d'autres plus anciens. A travers ces glissements progressifs, Leo cherche vainement à cerner ses propres traits, que la trentième année a brouillé. Croyant pouvoir se protéger, il avait imposé à Thomas de faire chambre à part, ville à part, vie à part. Il lui faudra traverser l'océan pour retrouver, au terme d'une descente aux enfers, la force de vivre sur la seule ligne de crête qu'il connaisse, le fil d'écriture. Une élégie.
Nombre de pages
235
Date de parution
05/03/1992
Poids
401g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020121514
Titre
Chambres séparées
ISBN
2020121514
Auteur
Tondelli Pier-Vittorio ; Sels Nicole
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
401
Date de parution
19920305
Nombre de pages
235,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Thomas se meurt. A vingt-cinq ans. Leo, qui en a seulement quatre de plus, est à présent veuf d'un compagnon qui n'en a jamais vraiment été un, d'ailleurs il n'existe pas même de terme, dans aucun dictionnaire, pour définir une personne qui n'a été ni mari, ni femme, ni amant, et pas uniquement compagnon". Mais si Leo ne peut en faire le deuil, ce n'est pas seulement qu'il n'existe aucun mot ni rite. C'est que son monde est à l'image de ce ciel d'Emilie-Romagne sur le delta du Pô, où il échoue un matin, à l'issue d'une course harassante. Habité par le souvenir du jeune homme qu'il a aimé, Leo se condamne pendant quatre années à l'errance, dans l'espoir de trouver la ligne de partage entre les vivants et les morts. Il parcourt une Europe où le passé et le présent se superposent, les routes se croisent, les années se confondent et les visages émergent, parmi d'autres plus anciens. A travers ces glissements progressifs, Leo cherche vainement à cerner ses propres traits, que la trentième année a brouillés. Croyant pouvoir se protéger, il avait imposé à Thomas de faire chambre à part, ville à part, vie à part. Il lui faudra traverser l'océan pour retrouver, après une descente aux enfers, la force de vivre sur la seule ligne de crête qu'il connaît, le fil d'écriture.
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Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
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