Adeptes d'une pauvreté rigoureuse et évangélique, les franciscains sont paradoxalement amenés, du fait précisément de ce choix "scandaleux", à examiner toutes les formes de la vie économique qui se tiennent entre la pauvreté extrême et la richesse excessive en posant la distinction entre propriété, possession temporaire et usage des biens économiques. Selon quelles modalités les chrétiens doivent-ils s'approprier l'usage des biens terrestres? Pour répondre à cette question, les franciscains furent nombreux, depuis le treizième siècle, à écrire sur la circulation de l'argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché. Dans ce cadre, la figure du marchand actif, qui sait faire fructifier par son travail et son commerce un capital - en soi dépourvu de valeur - s'affirme positivement dans la mesure où elle contribue à la croissance d'un "bonheur citadin". A l'opposé, la figure du propriétaire foncier, du châtelain, de l'aristocrate qui conserve pour lui-même, thésaurise et ne multiplie pas la richesse apparaît comme stérile et sous un jour négatif. La réflexion franciscaine est donc à l'origine, avant même l'éthique protestante étudiée par Max Weber, d'une grande partie de la théorie économique européenne et, en particulier, de l'économie politique qui considère que les richesses de ceux qui forment la communauté civile sont une prémisse fondamentale du bien-être collectif.
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Nombre de pages
281
Date de parution
25/09/2008
Poids
194g
Largeur
108mm
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EAN
9782864325499
Titre
Richesse franciscaine. De la pauvreté volontaire à la société de marché
Résumé : Le Moyen Age chrétien, ennemi de l'argent, n'a pas connu de pensée économique, car celle-ci ne pouvait émerger que dans le monde sécularisé que permit la Réforme. Et si cette conviction si largement diffusée était fausse ? Et si les processus économiques avaient été au coeur de la pensée médiévale ? Parcourant, à l'écoute des moines, évêques, frères mendiants et universitaires, les voies de la pensée européenne entre Antiquité et Epoque moderne, Giacomo Todeschini fait émerger un monde intellectuel passionné par les problèmes spirituels, moraux et politiques que posent la circulation de la richesse, sa création, sa distribution, son usage, son contrôle. L'économie chrétienne qu'il fait apparaître, avec ses controverses et ses voies de consensus, engage la vie tout entière de la communauté des fidèles, et participe des dynamiques d'exclusion (des juifs, des hérétiques, des pauvres) qui donneront à la société européenne sa force propre, sa capacité à la solidarité et sa brutalité. Cet ouvrage révèle les liens étroits qui unirent, dans les sociétés médiévales, religion et économie, richesse matérielle et spiritualité. Ce faisant, il s'adresse à tous ceux qui veulent comprendre aujourd'hui pourquoi et comment est née une " science " économique.
Les infidèles, les malfaiteurs, les juifs, les hérétiques, les usuriers ; mais également ceux qui exerçaient un métier considéré comme vil ou déshonorant : bourreau, prostituée, domestique ; et plus largement les étrangers, les femmes et les "inférieurs" : les êtres difformes, les pauvres. Dans un crescendo de la suspicion et de la défiance, vont être catalogués comme "infâmes" des sujets privés de "renommée" en raison de leur provenance ou de leurs actes délictueux, ou simplement de leur condition sociale ou physique, qui ne pourront alors jouir pleinement des droits de la "civitas chrétienne". Ce catalogue s'allonge démesurément au cours des siècles jusqu'à viser dangereusement la population tout entière. A travers quelles pratiques et quels discours prit forme en Europe le code social de l'exclusion ? Qui contribua à en tracer les contours ? Quelles en furent les victimes ? Nourries par une analyse subtile des textes, telles sont les questions et les réflexions inquiètes abordées par cet historien majeur de l'efficace sociale du discours ecclésiastique.
Dans l'Occident médiéval, à partir du XIIe siècle, la question des biens mal acquis rencontre celle de la restitution, cet acte par lequel le bon chrétien s'engage à rendre les richesses acquises illicitement pour être en accord avec l'enseignement de l'Eglise et avec sa conscience. Les male ablata ont souvent pour origine - mais non exclusivement - des relations de crédit abusives, usuraires, que la restitution permet précisément de réparer en indemnisant, directement ou indirectement, les débiteurs lésés. Du XIIe au XVe siècle, des sources variées documentent ce mouvement de restitutio male ablatorum, depuis les dispositions pontificales, les questions théologiques et les commentaires des canonistes jusqu'aux testaments et donations inter vivos, en passant par des promesses de restitution ou des actes judiciaires. Pour interroger cette documentation, il importe avant tout de se dégager d'un a priori historiographique très répandu qui en réduit la portée à une simple moralisation hypocrite, pour satisfaire l'Eglise, des pratiques économiques des marchands médiévaux. Les textes réunis dans ce volume s'appuient sur des dossiers documentaires inédits et apportent une première réponse aux questions historiques posées par la restitution des biens mal acquis ? : quels en furent les acteurs, les bénéficiaires et les intermédiaires, quelles en furent les modalités, la chronologie et la place dans les sociétés médiévales ??
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Résumé : Que se passe-t-il lorsqu'un auteur, qui a beaucoup écrit sur l'enfance, remonte le fil d'argent de sa propre enfance ? Le plus court chemin est un hommage aux proches et la tentative de revisiter avec les mots ce vaste monde d'avant les mots : les êtres, les lieux, les sentiments et les sensations propres à cette époque sur le point de disparaître, les années d'avant la cassure, d'avant l'accélération générale qui suivront la chute du mur de Berlin. Raconter l'existence dans les paysages infinis de la campagne wallonne, dire l'amour et le manque. Car écrire, c'est poursuivre un dialogue avec tout ce qui a cessé d'être visible. Par-delà la nostalgie.