Depuis combien d'années, seule avec Sââd, son vieux serviteur noir, dans sa maison au coeur de la steppe, Horïa EI-Gharib vient-elle s'adosser à la terrasse pour contempler le jour qui s'éteint sur la Montagne du Lion ? La lumière bouge le long des rochers ocre et du sable roux, toujours pareille, jamais pareille. De la montagne de la légende, conquise par ses ancêtres, rayonne sur Horïa la paix du soir. Ses deux fils sont dans le vaste monde, l'aîné dans une Amérique inconcevable, le plus jeune combat elle ne sait où pour la liberté. La lumière du soleil qui s'adoucit sur la montagne, c'est la consolation de toute sa vie, la sérénité pour toujours... Hélas, Horïa, ce n'est plus vrai. Demain tu ne verras plus la Montagne du Lion. Elle va disparaître à ta vue derrière un centre de tourisme, un hôtel, un restaurant, un abri d'autocar. Ils seront là demain pour poser la première pierre... Non, dit Horïa... Tu ne peux rien, sois raisonnable... Non, dit Horïa, ils n'ont pas le droit, mais ce qu'elle allait faire, avec Sââd et la mitrailleuse...
Nombre de pages
192
Date de parution
13/09/1988
Poids
260g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070713950
Titre
La Montagne du lion
Auteur
Tlili Mustapha
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
260
Date de parution
19880913
Nombre de pages
192,00 €
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Adel Safi, originaire d'un village du Sud tunisien, a eu à Paris une maîtresse, Tara Matheson, Américaine d'origine irlandaise, dont nous apprenons que de retour à New York elle a été assassinée dans des circonstances obscures. Safi est le secrétaire d'un diplomate, le docteur Hussein, porte-parole des pays sous-développés. En fait Hussein ne s'intéresse qu'à une thèse qu'il écrit pour prouver que si les Grecs ont eu leur passion avec Socrate et les chrétiens avec Jésus, l'Islam a eu la sienne avec le martyre de Hallaj. L'itinéraire spirituel d'Adel le mènera finalement au Cambodge où il se mêlera aux Khmers rouges. Tous ces personnages et ces événements se réfractent dans un héros central, Albert Nelli, vieil écrivain juif tunisien exilé à New York qui sombre dans une folie dépressive. Mais Albert Nelli n'est lui-même qu'un personnage de roman, celui du livre qu'écrit Adel Safi. Ainsi cette "fiction généralisée", semblable à un miroir à facettes, reflète le déracinement d'une poignée d'hommes du tiers monde, mal adaptés à la civilisation de l'extrême Occident.
Automne 1979, Youcif Muntasser , d'origine algérienne, mais devenu cent pour cent américain, brillant fondateur d'un mouvement d'avenir, Young Democrats, est tué, les armes à la main, parmi les " terroristes " retranchés dans la Mosquée sacrée de la Mecque. Comment s'est- il engagé dans cette action aussi désespérée que sacrilège ? Pourquoi le terrorisme ? Gloire des sables apporte peut-être une première clé à cette énigme.
1966 : l'Algérien Jalal Ben Chérif, correspondant du journal L'humanité socialiste auprès de l'Organisation de la Sécurité internationale (O.S.I.) de New York, rencontre un jeune Noir violent, révolté, animé par la soif du meurtre. En compagnie de ce frère de couleur comme lui meurtri, explosant de haine, il va vivre une nuit de sang, d'érotisme, d'alcool et de lucidité qui va faire surgir ses souvenirs du passé : la guerre d'Algérie, la mort de son père pendu par les Français, celle de sa mère brûlée vive elle aussi par les Français, son agrégation de philosophie en Sorbonne, le groupe marxiste qui façonna sa pensée... Il ne trouve plus qu'une seule issue : rejoindre les Palestiniens et combattre dans leurs rangs pour la liberté. 1995, presque trente ans après : comme l'Algérie, la Palestine a été pour Jalal Ben Chérif un " fiasco ". Dans la désillusion et la tristesse, il s'est retiré à New York pour y finir sa vie et ... méditer sur l'Histoire.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.