L'Espagne, comme la Sicile, est l'une de ces rares terres qui furent un temps intégrées au monde islamique et qui ne le sont plus. Al-Andalus s'est effectivement rétractée comme une peau de chagrin durant les huit siècles de son existence, depuis l'arrivée des conquérants arabo-musulmans au début du VIIIe siècle jusqu'à la chute de Grenade entre les mains des rois catholiques à la fin du XVe siècle. Nous avons voulu interroger la littérature géographique médiévale de langue arabe, afin de savoir si cette discipline, qui se propose, dans le sillon de la géographie antique, de décrire les hommes et les pays, était à même de rendre compte de l'évolution du territoire. Cela nécessite d'analyser le discours même de la géographie, de comprendre ce que les auteurs médiévaux entendaient mettre au centre de leur propos. Or, depuis le tournant de l'An Mil, c'est dans l'Occident du monde musulman que furent composés les traités les plus importants. Du Xe au XIVe siècle, les principaux géographes, dont al-Bakri au XIe siècle et al-Idrisi au XIIe siècle, sont originaires d'al-Andalus ou sont en partie liés à son histoire. Placés aux premières loges, ces géographes ont rédigé des ouvrages décrivant l'ensemble de l'oekoumène, et plus particulièrement le dar al-islam, le domaine de l'Islam, au sein desquels la place dévolue à l'Espagne musulmane diffère sensiblement au gré des contextes. Par-delà les permanences d'un discours visant à affirmer l'intemporalité d'une terre, quelle histoire peut-on faire du discours géographique ? Peut-il rendre compte du recul de l'Islam dans la péninsule Ibérique ? Enfin, que choisissent ces auteurs de privilégier dans le tableau d'une terre dont le nom reste signifiant en Orient comme en Occident ...
Date de parution
20/05/2014
Poids
894g
Largeur
168mm
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EAN
9782859447793
Titre
GEOGRAPHES D AL ANDALUS
ISBN
2859447792
Auteur
TIXIER DU MESNI
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
168
Poids
894
Date de parution
20140520
Disponibilité
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Au Moyen Age, tant dans le monde islamique que clans l'Occident latin, le désordre politique est pensé en termes négatifs; il ne saurait avoir d'effets vertueux et engendre immanquablement innovations blâmables et diableries. Le terme arabe de fitna exprime lui aussi la violence négative par excellence, celle dont les conséquences se résument à la destruction et à la remise en cause de l'unité de la communauté. Les réalités de la politique sont cependant loin de se conformer aux pieux souhaits des juristes et des lettrés, lesquels martèlent au fil des siècles leur détestation du désordre parce qu'il constitue justement le quotidien des cours. Or c'est souvent lors de ces soubresauts violents que l'histoire est la plus intéressante. Les temps troublés sont l'occasion d'inventer de nouvelles façons de gouverner, témoignant de la constance capacité d'adaptation de la science politique et de ses acteurs. Le désordre, sous ses différentes formes (schismes, sécessions, révoltes, guerres civiles, fitna) transforme les pratiques du pouvoir mais aussi les discours sur ce que doit être le bon gouvernement. Cet ouvrage se propose d'analyser quelques réponses médiévales originales aux situations de désordre, de l'Angleterre à l'Arabie, de la Suède à l'Espagne, du IXe au XVe siècle.
Al-Andalus continue de susciter fantasmes, nostalgie et projections de toutes sortes. Tour à tour érigée en haut lieu de la tolérance islamique, en paradis perdu dont ne subsistent que de délicats palais et l'écho lointain d'un art de vivre disparu, mais aussi en théâtre d'une lutte à mort entre Islam et Chrétienté, elle est l'une des rares terres ayant donné naissance à des mythes aussi riches que contradictoires.Ce morceau d'Europe qui fut à l'Islam a heureusement laissé des textes qu'Emmanuelle Tixier du Mesnil se propose de relire, en regardant plus particulièrement la très riche moisson intellectuelle du XIe siècle, lorsqu'une vingtaine de principautés, les royaumes des Taïfas, se partageaient les lambeaux du territoire califal. Ce temps de tous les dangers, alors que menaçaient tant les rois chrétiens du nord de la péninsule que les guerriers berbères du Maghreb, fut celui d'une grande inventivité politique (l'Espagne islamique expérimentait deux cents ans avant l'Orient la disparition du califat), mais aussi celui d'une très belle floraison culturelle. Pouvoir et savoir nouèrent dans ce théâtre d'exception des liens très solides au cours d'un beau XIe siècle dont il faut restituer le déroulement et la complexe histoire. Les princes andalous firent de la culture un projet politique, un ferment de légitimité, le moyen de la concurrence entre eux, contribuant à fixer pour des siècles l'image d'une péninsule savante.Professeur d'histoire médiévale de l'Islam à l'université de Paris Nanterre, Emmanuelle Tixier du Mesnil est spécialiste de la géographie arabe médiévale et de l'histoire d'al-Andalus. Elle est notamment l'auteur d'Al-Andalus. Anthologie, en collaboration avec Brigitte Foulon, (GF Flammarion, 2009) et de Géographes d'al-Andalus. De l'inventaire d'un territoire à la construction d'une mémoire (Presses universitaires de la Sorbonne, 2014).
Martinez-Gros Gabriel ; Tixier du Mesnil Emmanuell
Pour beaucoup d'historiens français, le désordre est créateur de sens. Il n'en est pas de même dans l'Islam traditionnel. Ce dernier rejette le désordre, la fitna en arabe. Une approche quelque peu "malmenée" par les événements de ce printemps 2011. Consacré à l'Islam médiéval, ce numéro réunit des spécialistes de différentes disciplines autour de l'étude de la notion de fitna, évocatrice du désordre politique, principalement dans le monde andalou ainsi qu'en Sicile. Les points de vue adoptés sont multiples, car les auteurs ont fait appel à une vaste documentation, à travers l'étude des historiens, géographes et poètes andalous. Ainsi, au delà des aspects politiques du sujet, ce numéro ouvre de nombreuses perspectives sur la production lettrée des mondes musulmans occidentaux entre le IXe et le XIVe siècle.
Foulon Brigitte ; Tixier du Mesnil Emmanuelle ; Ma
La Grande Mosquée de Cordoue, le palais de l'Alhambra surplombant Grenade, l'Alcázar de Séville aux patios ombragés témoignent de l'empreinte de la civilisation arabo-musulmane en Espagne. Pendant près de huit siècles - de 711, date de la conquête par les musulmans, à 1492, année de la fin de la Reconquista par les Rois Catholiques -, le sol ibérique, partagé entre Orient et Occident, fut à la croisée des cultures. Composé de récits, de chroniques et de poèmes traduits de l'arabe, de traités de géographie, de lettres et même de recettes de cuisine, ce volume retrace l'histoire tumultueuse d'al-Andalus, l'Espagne musulmane. On y découvrira les hauts faits de valeureux guerriers - Mûsâ et Târiq, les premiers conquérants, ou le Cid, qui par ses exploits reprit Valence des mains des Maures -, mais aussi la vie du peuple andalou, et tous les chefs-d'oeuvre de la littérature d'alors, du Collier de la colombe d'Ibn Hazm aux ouvrages d'Averroès, en passant par les zadjals, poèmes marqués par le mélange des langues. Faire revivre, par les textes, une civilisation devenue mythique : voilà le pari superbement relevé par Brigitte Foulon et Emmanuelle Tixier du Mesnil dans cette anthologie à nulle autre pareille.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.