Voir, et aimer : les couleurs, les arbres de la forêt, les feuilles tombées - ne va pas de soi. Bien au contraire : "La beauté et la vraie richesse sont toujours (...) bon marché et méprisées", puisque "le paradis pourrait être défini comme l'endroit que les hommes évitent". Tel est l'arrière-plan de "Couleurs d'automne", resté jusqu'ici inédit en français. A l'origine, fasciné par la "maturité" du feuillage - contrairement à celle des fruits, elle ne s'adresse "qu'à notre goût pour la beauté" -, l'auteur de Walden avait voulu reproduire dans un cahier la couleur exacte des feuilles, au moment où elles montrent les nuances flamboyantes propres à l'Est américain. Le projet ne vit jamais le jour sous cette forme, mais fournit la matière d'une sorte d'apologie des sens, aiguillonnés par la saison, ses rougeurs, et la beauté des herbes sauvages. Une illustration de la recommandation que Thoreau notait quelque dix ans plus tôt dans son Journal : "Il faut voir non pas avec les yeux de la science, qui est stérile, ni avec ceux de la poésie juvénile, qui est impuissante (...). Je voudrais que les faits soient exprimés selon des vues plus profondes (...) de telle façon que l'auditeur ou le lecteur ne puisse les reconnaître ou appréhender leur signification sans être lui-même translaté, transporté..."
Date de parution
21/12/2005
Poids
250g
Largeur
180mm
Plus d'informations
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EAN
9782913534032
Titre
COULEUR D AUTOMNE
ISBN
2913534031
Auteur
THOREAU
Editeur
PREMIERES PIERR
Largeur
180
Poids
250
Date de parution
20051221
Disponibilité
Epuisé
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En juillet 1846, Henry David Thoreau est arrêté parce qu'il refuse de payer un impôt, pour protester contre la guerre du Mexique et l'esclavage. Trois ans plus tard, il fait paraître La Désobéissance civile, plaidoyer contre la puissance aveugle du gouvernement, qui confirme et prolonge son premier acte de résistance pacifique. Critique acerbe des mécanismes d'asservissement de l'appareil d'Etat, l'essai formule un modèle de révolte inédit qui, de Martin Luther King à Gandhi, changera profondément l'histoire politique et sociale du XIXe et du XXe siècle. Oeuvre autobiographique, La Vie sans principe transpose l'appel à la sédition de Thoreau sous un rapport plus intime, qui fait primer l'individu sur le matérialisme et les impératifs sociaux de l'époque.
Lorsque le 22 octobre 1837 Henry David Thoreau débute la rédaction d'un journal, il a vingt ans; il le tiendra jusqu'à sa mort en 1862. Ce Journal, par sa taille (près de 7 000 pages) et par son contenu, constitue une oeuvre littéraire absolument unique. Tout à la fois manifeste philosophique, recueil poétique, précis naturaliste ou manuel d'ethnologie, il est avant tout un document passionnant sur la vie quotidienne et intellectuelle dans les Etats-Unis du XIXe siècle. On y trouve exposées, à travers son regard contemplatif sur le monde, toute la pensée de Thoreau et la matière brute de ses ouvrages, de Walden à la Désobéissance civile. Oeuvre majeure, ce Journal est souvent cité comme un des piliers de la culture américaine et comme le grand texte fondateur de l'écologie.
Je souhaite partir pour vivre près de l'étang, et quand mes amis m'interrogent je n'ai pas de meilleure raison à leur donner que de vouloir entendre le vent murmurer parmi les roseaux" écrit Henry David Thoreau dans son Journal en septembre 1844. C'est à cette période qu'il commence à construire sa cabane près de l'étang de Walden, pour cette expérience de vie au coeur de la nature qui l'a rendu célèbre. Le 4 juillet 1845, jour de la Déclaration d'Indépendance américaine, Thoreau déclare symboliquement la sienne et va s'installer seul dans les bois.
A côté de nombreux travaux portant sur des sujets aussi divers - en apparence - que la théorie de l'inconscient, l'anatomie comparée, ou la physiognomonie des montagnes, Carl Gustav Carus a laissé le récit détaillé du voyage qu'il fit à l'île de Rügen, sur l'incitation de son ami et mentor le peintre C. D. Friedrich. A l'époque, en 1819, cette île de la Baltique aux blanches falaises de craie pouvait encore donner " l'étrange impression d'une nature, primordiale intacte ", exceptionnellement propice " au complet abandon à ses pensées et à ses sentiments ". Carus put ainsi poser les jalons de sa célèbre théorie de la peinture de paysage, considérée comme " expérience de la vie de la terre ", et qui annonçait le projet de toute une vie : redéfinir la place de l'art et de la science dans leurs rapports à la connaissance.
Au terme de sa courte existence tumultueuse, le physicien Johann Wilhelm Ritter (1776 - 1810) eut le temps de publier un dernier livre, écrit "absolument pour personne, et même pas pour soi-même, mais seulement pour le sujet en soi". Le "sujet" des énigmatiques Fragments posthumes pourrait bien être la rencontre avec soi dans la connaissance des choses. Une "aspiration infinie" dont Ritter, qui découvrit le rayonnement ultraviolet, note qu'elle "n'est pas autre chose que la lutte pour l'art d'aimer", soit un dessein au rebours du programme de mathématisation du monde, lequel se réalise depuis en domination féroce de la technique et de l'économie. D'où le caractère personnel, intime, et pourtant théorique de ce texte, où l'on croise Herder, Novalis et d'autres proches du jeune physicien, dans un avant-propos aux airs de roman d'éducation que Walter Benjamin saluera comme le plus important morceau de prose autobiographique du romantisme allemand.