Voir, et aimer : les couleurs, les arbres de la forêt, les feuilles tombées - ne va pas de soi. Bien au contraire : "La beauté et la vraie richesse sont toujours (...) bon marché et méprisées", puisque "le paradis pourrait être défini comme l'endroit que les hommes évitent". Tel est l'arrière-plan de "Couleurs d'automne", resté jusqu'ici inédit en français. A l'origine, fasciné par la "maturité" du feuillage - contrairement à celle des fruits, elle ne s'adresse "qu'à notre goût pour la beauté" -, l'auteur de Walden avait voulu reproduire dans un cahier la couleur exacte des feuilles, au moment où elles montrent les nuances flamboyantes propres à l'Est américain. Le projet ne vit jamais le jour sous cette forme, mais fournit la matière d'une sorte d'apologie des sens, aiguillonnés par la saison, ses rougeurs, et la beauté des herbes sauvages. Une illustration de la recommandation que Thoreau notait quelque dix ans plus tôt dans son Journal : "Il faut voir non pas avec les yeux de la science, qui est stérile, ni avec ceux de la poésie juvénile, qui est impuissante (...). Je voudrais que les faits soient exprimés selon des vues plus profondes (...) de telle façon que l'auditeur ou le lecteur ne puisse les reconnaître ou appréhender leur signification sans être lui-même translaté, transporté..."
Date de parution
21/12/2005
Poids
250g
Largeur
180mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782913534032
Titre
COULEUR D AUTOMNE
ISBN
2913534031
Auteur
THOREAU
Editeur
PREMIERES PIERR
Largeur
180
Poids
250
Date de parution
20051221
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Lorsque le 22 octobre 1837 Henry David Thoreau débute la rédaction d'un journal, il a vingt ans; il le tiendra jusqu'à sa mort en 1862. Ce Journal, par sa taille (près de 7 000 pages) et par son contenu, constitue une oeuvre littéraire absolument unique. Tout à la fois manifeste philosophique, recueil poétique, précis naturaliste ou manuel d'ethnologie, il est avant tout un document passionnant sur la vie quotidienne et intellectuelle dans les Etats-Unis du XIXe siècle. On y trouve exposées, à travers son regard contemplatif sur le monde, toute la pensée de Thoreau et la matière brute de ses ouvrages, de Walden à la Désobéissance civile. Oeuvre majeure, ce Journal est souvent cité comme un des piliers de la culture américaine et comme le grand texte fondateur de l'écologie.
Je souhaite partir pour vivre près de l'étang, et quand mes amis m'interrogent je n'ai pas de meilleure raison à leur donner que de vouloir entendre le vent murmurer parmi les roseaux" écrit Henry David Thoreau dans son Journal en septembre 1844. C'est à cette période qu'il commence à construire sa cabane près de l'étang de Walden, pour cette expérience de vie au coeur de la nature qui l'a rendu célèbre. Le 4 juillet 1845, jour de la Déclaration d'Indépendance américaine, Thoreau déclare symboliquement la sienne et va s'installer seul dans les bois.
Ce quatrième volume du Journal de H. D. Thoreau couvre la période allant de juin 1846 à décembre 1950. Thoreau a 31 ans et achève son expérience de retraite à Walden. Sa pensée a mûri, s'est affirmée. Influencé par la philosophie orientale, il se montre très critique vis-à-vis de la religion et du mode de vie de ses contemporains. C'est à cette époque qu'il est emprisonné pour avoir refusé de payer ses impôts. Expérience dont il tirera " La désobéissance civile ". Une part importante de ce volume est également consacrée aux voyages, Thoreau les relate quasiment comme un récit d'aventure. Mais d'un aventurier à la fois botaniste, naturaliste, géologue...
A quoi l'humanité peut-elle prétendre, quelle existence est véritablement digne de l'homme et comment il peut s'en approcher: voilà les questions qui parcourent les trois écrits très denses de Wilhelm von Humboldt. (1767-1835) traduits ici pour la première fois. Que ces questions soient largement inactuelles n'échappera à personne; mais plus d'un, exaspéré par la domination de la technique et de l'économie, et par son interminable cortège idéologique - du dernier cri moderniste de la pensée à l'injonction de jouir à tout instant pourra les considérer pour cette raison même avec intérêt. Et en effet, Humboldt s'y essaie à l'une des approches les plus serrées de ce projet commun due désignaient aux efforts enthousiastes de ses contemporains les mots "idée de l'humanité", avant qu'il ne s'étiole et ne sombre dans l'oubli. Pourtant ce projet et l'approche de Humboldt, axée (de manière certes problématique) sur le concept d'individu, renferment des ferments de critique sociale qui semblaient attendre notre temps pour prendre tout leur sens et trouver, peut-être, l'énergie de lever.
Grand penseur de l'utopie, Ernst Bloch (1885-1977) a aussi élaboré une philosophie spéculative de la nature et un concept de matière auxquels on n'a que rarement prêté attention. Pourtant, chez l'auteur du Principe Espérance, utopie et matière renvoient l'une à l'autre, ce qu'annonçait déjà la célèbre sentence de Marx: "La société [à venir] est l'achèvement de l'unité essentielle de l'homme avec la nature, la vraie résurrection de la nature, le naturalisme accompli de l'homme et l'humanisme accompli de la nature." Pour fonder ces connexions, Bloch a approfondi la catégorie de la possibilité et en a énoncé l'enjeu: la transformation du monde. Mais d'où la possibilité surgit-elle? Partant de l'assimilation par Aristote de la possibilité avec la matière, Bloch a voulu établir la généalogie de sa propre réponse, en repérant les métamorphoses successives des relations forme matière opérées par ceux qu'il nomme les aristotéliciens de gauche ou matérialistes panthéistes, et dont les grandes figures seront Avicenne, Averroès, Avicébron, Giordano Bruno, et Goethe. Au terme du processus s'esquisse le concept blochien de matière féconde, aussi éloignée de celle des théologiens, qui tient son principe d'un sujet transcendant, que de celle, dépourvue de vie ou de "raisons de déterminations purement internes" (Kant), des mécanistes. La publication en 1952 d'Avicenne et la gauche aristotélicienne dont nous donnons la première traduction en français eut très vite un fort retentissement: enthousiasme des tenants des Lumières arabes, critiques parfois virulentes de certains historiens de la philosophie, embarras jusque parmi les "blochiens" face à un "morceau de bravoure" au statut théorique complexe.