Pascal ou le défaut de la méthode. Lecture des Pensées selon leur ordre, Edition revue et augmentée
Thirouin Laurent ; Descotes Dominique
CHAMPION
16,00 €
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EAN :9782380960624
À l'occasion des 400 ans de la naissance de Blaise Pascal,une nouvelle édition augmentée de cette lecture devenue un classique.Avec une préface de Dominique Descotes, directeur du Centre International Blaise Pascal. Redoutable dialecticien, Pascal reste conscient de la faiblesse de tout argument, de l'insignifiance des énoncés, de la stérilité des méthodes. Il ne prétend pas, dans ses Pensées avoir rien dit d'inouï, mais avoir mieux placé la balle dont tout le monde joue, avoir inventé une disposition nouvelle. Il importe donc de s'interroger sur cette disposition, c'est-à-dire de considérer enfin comme essentielle l'étrange répartition en liasses que restituent aujourd'hui les éditions des Pensées. L'ordre de Pascal est à la fois une rhétorique singulière et un rapport original à la vérité.Mais l'examen doit être inductif et méticuleux. Quelle logique exacte préside à la répartition des pensées entre une liasse " vanité " et une liasse " misère " ? Comment la raison des effets marque-t-elle la grandeur de l'homme ? Pourquoi Pascal a-t-il disséminé les fragments traitant du divertissement, au lieu de les réunir dans le dossier qui semble consacré à la question ? Quelle espèce de transition désigne-t-il sous le titre " Transition de la connaissance de l'homme à Dieu " ? Telles sont les questions, et d'autres similaires, proposées à la réflexion dans ce volume. Le commentaire d'une pensée ne devrait plus s'envisager en dehors de sa situation dans le singulier dispositif que forment les liasses.
Nombre de pages
400
Date de parution
23/03/2023
Poids
346g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782380960624
Titre
Pascal ou le défaut de la méthode. Lecture des Pensées selon leur ordre, Edition revue et augmentée
Auteur
Thirouin Laurent ; Descotes Dominique
Editeur
CHAMPION
Largeur
127
Poids
346
Date de parution
20230323
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L'hostilité récurrente de la pensée chrétienne à l'égard du théâtre connaît en France, pendant la décennie 1660-1670, un brutal regain. Les trois grands auteurs dramatiques du XVIIe siècle français en sont affectés: Corneille est pris à partie, au premier chef, comme le représentant le plus illustre de la scène; Racine se heurte à Nicole et à Port-Royal dans la querelle dite des Visionnaires; Molière doit lutter pour imposer, contre les dévots, sa comédie de Tartuffe, tandis que Dom Juan subit les attaques du Prince de Conti ou de l'énigmatique Rochemont. La parution en 1667 du Traité de la Comédie, de Pierre Nicole, marque un sommet dans l'élaboration d'une doctrine anti-théâtrale. La critique a difficilement résisté à la tentation de prononcer à son tour un réquisitoire contre le réquisitoire. Cette étude choisit, tout au contraire, de prêter attention aux raisonnements des adversaires de la "Comédie", et s'attache à reconstituer dans leur cohérence et leur diversité les linéaments d'un argumentaire anti-théâtral. La confrontation de textes, souvent peu éloquents pour un lecteur actuel, fait apparaître les lignes de force et les implications d'une querelle endémique, dont se dégagent des questions théoriques essentielles. La "querelle de la moralité du théâtre", replacée dans une longue tradition illustrée par Platon, Tertullien, saint Augustin, poursuivie par Bossuet et Rousseau, apparaît alors comme le carrefour de considérations morales, poétiques, anthropologiques et métaphysiques. Ce procès crucial des années 1660 engage une méditation toujours vivante sur la puissance de toute représentation.
Etrange personnage que Pierre Nicole. La postérité l'a rangé parmi les deuxièmes rôles de Port-Royal, une sorte de permanent du parti janséniste. Il a secondé le grand Arnauld, instruit Racine dans les Petites Ecoles, aidé Pascal et traduit en latin ses Provinciales. Fidèle entre les fidèles, et en même temps mal à l'aise dans cette atmosphère de fronde et de résistance que représente le milieu de Port-Royal, au sein de la France du XVII e siècle, ce latiniste timoré ne songeait qu'aux Moyens de conserver la paix avec les hommes - titre de l'un de ses essais les plus célèbres. Dès que les tensions semblent s'apaiser, pendant la trêve appelée "la Paix de l'Eglise", Nicole peut enfin laisser libre cours à sa vocation de moraliste et de psychologue. Il publie, volume après volume ses Essais de morale : le succès sera tel que le libraire, après la mort de Pierre Nicole, s'ingéniera à en augmenter la série jusqu'à atteindre vingt-cinq volumes. Depuis la fin du XVIII e siècle, ce classique de la littérature morale était devenu pour ainsi dire inaccessible. On en publie parfois quelques pages choisies, défigurées par les coupures et les corrections. Il est proposé ici au lecteur moderne de redécouvrir dix essais de Nicole, donnés dans leur intégralité. Certains nous replongent dans les principes moraux d'un autre âge (et tirent de cet exotisme une part de leur valeur). D'autres présentent les qualités de finesse, le piquant, le goût du paradoxe qui ont longtemps fait juger Nicole comme un des grands représentants, à côté de Pascal et de La Rochefoucauld, de la littérature morale classique. L'oeuvre morale de Nicole s'avère ainsi demeurer passionnante pour un lecteur moderne, au moins à trois égards : 1/ ses considérations sur l'amour-propre, qui constituent les premiers jalons d'un utilitarisme économique ; 2/ ses réflexions sur la sociabilité et une approche originale de la civilité ; 3/ ses observations pédagogiques, émanant d'un des principaux maîtres des Petites Ecoles de Port-Royal.
Comme tous les aspects de sa pensée, les théories de Pascal sur la justice sont frappées au coin du paradoxe. Il met sévèrement en cause les fondements politiques en même temps qu'il professe un conservatisme résolu. A la suite de Montaigne, il se plaît à montrer la déraison des lois, leur arbitraire, l'éloignement où elles sont d'une vraie justice, sans que cela le conduise aucunement à ébranler leur autorité - au contraire. On serait ainsi tenté de conclure au cynisme de ces réflexions, à un pragmatisme dénué de véritable préoccupation morale. Ce serait manquer le principal. Car si, selon Pascal, la justice essentielle ou la loi naturelle ne peuvent servir de fondement à l'ordre de la cité, les règlements que nous élaborons sous le titre de lois manifestent une intelligence organisatrice; ils contribuent à l'harmonie générale. La justice humaine est ainsi, dans les Pensées, l'objet d'une dérision tantôt amusée, tantôt consternée, mais aussi le départ d'une méditation sur la grandeur de l'homme, le signe paradoxal d'une authentique justice. Les Pensées sur la justice, au programme de français et de philosophie des classes préparatoires scientifiques, sont mises en regard d'autres textes fondamentaux de Pascal. cruciaux pour saisir sa conception de la justice, dont Les Trois Discours sur la condition des Grands, et sa Lettre à la reine Christine de Suède.