Le Siège de Paris (20 septembre 1870 - 30 janvier 1871). Journaux croisés d'un écrivain et d'un enfa
Thanh-Vân Ton-That
L'HARMATTAN
13,00 €
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EAN :9782296042711
Le hasard a placé sur notre chemin les deux textes que nous présentons dans une chronologie parallèle : un manuscrit retrouvé et un journal de guerre publié. Pourtant tout sépare l'homme de lettres Jules Claretie, la voix de l'adulte, acteur de l'Histoire et auteur reconnu, de l'adolescent Félix Boutrois, témoin des événements et lecteur naïf de la presse contemporaine dont le journal ressortit plus à l'exercice de style, au pastiche, pour ne pas dire, par endroits, au copiage et au collage (articles de l'époque, carte, lettres). Il ne reste de ce dernier (qui deviendra officier et qui disparaîtra prématurément, dans des circonstances tragiques et mystérieuses à l'âge de 37 ans) que ce journal retrouvé, alors que l'académicien laisse derrière lui une masse impressionnante d'ouvrages variés mais aujourd'hui méconnus. Nous avons voulu établir un dialogue improbable, un croisement de regards et de voix à l'ombre d'une guerre un peu oubliée et honteuse, qui est moderne, inhumaine et sordide, annonçant déjà celles du siècle suivant.
Nombre de pages
119
Date de parution
07/11/2007
Poids
170g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296042711
Titre
Le Siège de Paris (20 septembre 1870 - 30 janvier 1871). Journaux croisés d'un écrivain et d'un enfa
Auteur
Thanh-Vân Ton-That
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
170
Date de parution
20071107
Nombre de pages
119,00 €
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Léon Cladel (1835-1892) : découvert par Baudelaire, loué par Barbey d'Aurevilly, il est à la fois urbain et rural, classique et moderne, au style s à la limite de l'archaïsme, du néologisme et de la préciosité, naturaliste au souffle épique renouvelé. Comme Maupassant, Alphonse Daudet ou Zola, qui évoquent la guerre de 1870 et la Commune de Paris, Cladel s'inspire des événements contemporains. La fictionnalisation de la Commune est un travail de réinvention notamment à travers ses nouvelles, comme Revanche (1873) et son roman posthume I.N.R.I. (1931) qui reprend et développe ce premier récit. Cladel revient sur le passé pour décanter la mémoire collective et à défaut d'être un acteur de l'Histoire comme Vallès, il va jouer le rôle de témoin, de porte-parole. Si l'armée des ombres a été décimée, exilée, dispersée aux quatre vents, l'écrivain parfois censuré, poursuit cependant son humble tâche : collectionner les souvenirs, transposer et donner un sens à ce qui risquerait d'apparaître sinon comme une absurdité sanglante. Peut-on pour autant considérer l'écriture de Cladel comme une écriture monumentale, la muséification édifiante d'une Histoire figée dans un arrêt sur image d'Epinal ? L'immense prosopopée des combattants de l'ombre transforme le livre aux accents parfois hugoliens en chambre d'échos de son siècle, pour faire entendre les tremblements de la ville-volcan qui renaît sans cesse de ses cendres et faire sentir les soubresauts du peuple martyr. Contre la page blanche, la froide stèle funéraire, l'écrivain des causes perdues brandit son texte, comme un tissu aux multiples broderies, sans cesse défait et retravaillé - travail pénélopéen ou cyclopéen ? - comme un linceul de mots ou un drapeau déchiré. . . Thanh-Vân Ton-That, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure (Ulm), agrégée de lettres modernes, enseigne la littérature française à l'université d'Orléans. Elle a publié Proust ou l'écriture prisonnière (éditions du temps, 2000), Le Ravissement de Lol V. Stein : un roman de la folie amoureuse (éditions du temps, 2005), une édition critique d'Une Idylle pendant le siège de François Coppée (éditions du Sandre, 2005) et des Pas effacés de Robert de Montesquiou (Editions du Sandre, 2007), un recueil de poèmes Le Pays d'avant (portaparole, 2007).
Thanh-Vân Tôn-Thât décrit ses voyages par touches minimalistes parfois humoristiques. Sur les traces des poètes voyageurs, messagère d'autres terres, elle réinvente une cartographie personnelle de l'errance en pratiquant le décalage et le décentrement, à la frontière des mondes contemporains.
Comme Baudelaire incurablement nostalgique, Zola et les frères Goncourt ressuscitant un Paris populeux et populaire, François Coppée (1842-1908) est un peintre de la vie parisienne dont il capte l'esprit bruissant et chatoyant. Parmi les fictions évoquant la Commune de Paris, Une Idylle pendant le Siège publiée en 1874, fait partie de ces oeuvres écrites à chaud, dans un contexte encore polémique et engagé. Dans ce roman d'analyse psychologique et d'adultère, dans une atmosphère de fin du monde et de fin-de-siècle, rares sont les moments d'illusion héroïque et d'idylle durable. La plupart du temps, "pessimiste comme tous les amants", le personnage se laisse porter par les événements et envahir par la résignation et le fatalisme. La dernière phrase résume bien son caractère et sa destinée : "Je ne sais pas." Insignifiance d'un roman sur rien, histoire vide sur fond d'Histoire absurde ...