L'exercice de l'autorité dans la vie religieuse - un art difficile - a été plus souvent envisagée dans le cadre de l'obéissance que dans celui de l'autorité. Cet ouvrage se situe dans la perspective inverse, adoptant résolument le point de vue des supérieur(e)s. Entre les tentations opposées de l'autoritarisme et de l'abdication de toute responsabilité, la meilleure tradition ecclésiale, de Basile à Ignace de Loyola, invite les supérieur(e)s à gouverner avec sagesse, faisant en sorte que le salut puisse se réaliser dans les personnes qui leur sont confiées. La théologie trinitaire aide particulièrement à comprendre le fondement d'une telle autorité et à en tirer le meilleur fruit. Exercer l'autorité dans la vie religieuse, c'est aider à la croissance spirituelle de chacun, et servir la communion à laquelle Dieu appelle l'humanité.
Pour beaucoup de chrétiens occidentaux, le monachisme orthodoxe reste mal connu, qu'on l'exalte en idéalisant une figure du moine plus imaginaire que réelle ou qu'on lui reproche injustement d'être coupé du monde, de la "vie véritable". Michelina Tenace nous invite ici à dépasser les clichés et les a priori pour découvrir une histoire et des visages: Antoine, l'ermite initiateur de la longue tradition du monachisme chrétien, les moines de la république du mont Athos, Grégoire Palamas ou encore les auteurs de la Philocalie. Au fil des pages, le moine oriental apparaît comme icône de la vie chrétienne: son expérience spirituelle peut inspirer chacun. La vision de la personne humaine qui émerge alors est aux antipodes de toute spiritualité désincarnée: c'est comme corps, âme et esprit que nous accueillons le salut, nous qui sommes appelés à vivre dans la "joyeuse lumière" du Ressuscité. Biographie de l'auteur Michelina Tenace est membre permanent du Centre Aletti de l'Institut Pontifical Oriental et enseigne à l'Université Grégorienne. Après une formation littéraire, philosophique et théologique, elle s'est consacrée aux thèmes et aux auteurs de l'Orient chrétien. Parmi ses publications: La beauté comme unité spirituelle dans les écrits esthétiques de Vladimir Soloviev (1992), Dire l'homme. Le salut comme divinisation (1997), Le christianisme byzantin (2000).
O'Malley John ; Hoorickx-Raucq Isabelle ; Hemptinn
Trente, 1545-1563 : un concile qui a fait date dans l'histoire de l'Eglise et dont les orientations ont marqué le monde catholique jusqu'à nos jours. Aucun ouvrage cependant n'en présentait une vue d'ensemble. Cette lacune est ici heureusement comblée. L'auteur fournit une introduction accessible à tous et utile tant aux théologiens qu'aux historiens. Pour permettre de saisir le sens de cet événement unique et particulièrement complexe, John W O'Malley situe dans leur contexte les questions abordées, les enjeux, les solutions adoptées. Il n'oublie jamais qu'un concile est aussi une affaire d'hommes et de réseaux. Au fil du récit, il parvient à dégager la logique qui sous-tend des décisions apparemment sans liens entre elles. De la sorte, il montre que Trente présente un système cohérent et, au passage, il ne manque pas de régler leur compte à quelques mythes qui ont circulé et circulent encore à propos de ce concile. Historien américain de renom, l'auteur affiche une maîtrise semblable à celle que l'on a pu constater dans son Evénement Vatican II, qui a remporté un grand succès en librairie. Il possède ce talent rare de faire revivre l'histoire dans sa complexité et sa vérité.
Récits d'expériences d'accompagnement au seuil de la mort au Japon. Il s'agit de récits simples, courts (deux à trois pages), agréables à lire, empreints d'une grande sérénité. Le sentiment de la nature accompagne les événements, neige, arbres, feuilles, saisons, couleurs... C'est délicieusement japonais et raffiné. Les mourants meurent réconciliés et les blessés de la vie restaurés dans leur dignité et leur goût de vivre. Pour chaque récit, la sérénité vient d'une présence talentueuse, ayant l'expérience de ce genre de circonstances, pleine d'empathie, qui dénoue toutes les douleurs et contractions, dans les derniers instants avant la mort ou dans les situations apparemment bloquées. Le mérite tient à l'importance donnée au corps de celui qui approche le mourant ou le souffrant : son de la voix, respiration accordée au rythme de l'autre, intensité de l'attention, prise en compte de son histoire. Le texte exerce une action bienfaisante.