« Si vous me permettez cette comparaison un peu hasardeuse, je dirai que les livres, c'est la partition, et la conversation ? le chant. » Andreï Efimytch Raguine à Mikhaïl Averianytch Sombre et lucide, cette prose parue en 1892, marquée par le retour cette même année de Tchékhov à la médecine, se passe principalement dans un hôpital délabré et crasseux, dans une petite ville paumée. Dans cet hôpital un pavillon, et dans ce pavillon une salle, la dénommée Salle n°6, réservée aux fous, soient-ils inoffensifs, que le rustre gardien des lieux, Nikita, n'hésite pas à rouer de coups. Peu présent quant à lui, ayant perdu le goût des consultations auxquelles il ne croit plus, le docteur Andreï Efimytch Raguine vit dans son petit confort, ses réflexions et ses livres, sirotant là sa bière, là sa vodka. Mais il souffre terriblement de solitude et c'est un interlocuteur digne de ce nom qu'il lui faudrait trouver. Quelqu?un avec qui il pourrait parler et qu'il prendrait plaisir à écouter. Ce sera finalement Ivan Dmitritch Gromov, l'un des cinq fous de la salle n°6, un homme âgé de trente-trois ans, « noble de naissance, ancien huissier et secrétaire de collège », souffrant de manie de persécution. Avec lui, la conversation touche à des sujets que le docteur ne pensait jamais pouvoir aborder : la souffrance, l'indifférence, la philosophie stoïcienne... Le livre atteint son sommet dans leur échange, au plus près dans sa partition de son c'ur. Du narrateur, s'exprimant à la première personne du singulier lorsqu'il touche à la personne de Gromov (« J'aime son visage large aux pommettes saillantes... »), se rapproche ainsi l'auteur lui-même, mais aussi surtout, dans la narration, Raguine de Gromov, son double en miroir inversé, qu'il va rejoindre... O. G.
Nombre de pages
104
Date de parution
10/05/2024
Poids
144g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782917504703
Titre
La Salle n°6
Auteur
Tchekhov Anton ; Amoursky Eveline
Editeur
BARQUE
Largeur
140
Poids
144
Date de parution
20240510
Nombre de pages
104,00 €
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Comme deux oiseaux migrateurs enfermés dans des cages séparées... Gourov et la dame au petit chien sont faits l'un pour l'autre. Leur amour est violent, brûlant. Et pourtant si douloureux... Pourquoi a-t-elle déjà un mari ? Et lui une femme ? Pourquoi doivent-ils se cacher, vivre comme des voleurs ... Comme la vie dont ils se contentaient naguère leur semble aujourd'hui médiocre, étriquée ! Et comme ils voudraient s'en affranchir ! Mais pourront-ils briser ces chaînes qui les retiennent ? Assumer leur bonheur ? Vivre enfin ... Image inversée... Dans le Récit d'un inconnu, un couple se déchire sous l'?il impassible d'un valet silencieux. Impassible ? Sans doute. Mais pas insensible. L'homme attend son heure pour agir et... révéler sa véritable identité !
Drôle de drame ! Imaginez un fou qui raisonne juste et un psychiatre qui sombre dans l'ennui et la mélancolie ! Le premier, Ivan ne cesse d'arpenter la salle n°6 de l'hôpital en repensant le monde. Le second, Andreï est fascina par ce discours ! Bientôt, le psychiatre et son fou ne peuvent plus se passer l'un de l'autre. Suspect, non ... Inadmissible, même, aux yeux des gens " normaux " qui les entourent... Chacun a ses tics, ses manières. Chacun promène sa folie douce... Ainsi, quel que soit le temps, Belikov sort toujours couvert... caoutchoucs et parapluie. Un homme dans un étui ! Tcherviakov, lui, bouffon ou aliéné, meurt d'un éternuement intempestif... Raison, déraison, dérision " La sagesse et la folie sont fort voisines. Il n'y a qu'un demi-tour de l'une à l'autre "...
Avec une approche singulière du cinéma, Jacques Sicard nous livre depuis une quinzaine d'années des proses sous forme de "ciné-poèmes", dont se trouve réunie ici une large sélection taillée dans l'ensemble considérable de ce qui constitue un Journal intime ? « Journal, selon les mots de l'auteur, on ne peut plus réel, parce que seules (ou presque) les images témoignent ici d'une existence, parce qu'il a la matérialité des choses et parce qu'il reste ouvert ». De la même façon que ce livre se devait lui aussi de « rester ouvert », de même le seul ordre alphabétique des auteurs-cinéastes par lequel il s'ouvre n'aurait pu, par son systématisme ? le nivellement du temps d'une lettre à l'autre de l'alphabet ? accueillir sincèrement ces quelque 150 proses. C'est pourquoi, une fois la dernière lettre atteinte, succèdent ainsi cinq ensembles, selon la résonance des textes entre eux pour les trois triptyques et la « brève séquence somnambulo-insomniaque », et selon une chronologie plus ou moins rigoureuse des frères Lumière à nos jours pour la « Suite monochrome ». Envoyées au fil des jours et des années par leur auteur, ces proses ont peu à peu suscité ce livre.