Nicolas Gogol (1809-1852) a vingt-cinq ans lorsqu'il entreprend d'écrire la nouvelle Pages du Journal d'un fou (selon le titre original qu'il lui donna, ici restitué). Cette prose parut pour la première fois un an après sa rédaction, en 1835. Ecrite à la première personne, elle se présente sous la forme de pages, semble-t-il retrouvées, d'un journal intime tenu par un petit fonctionnaire pétersbourgeois de quarante-deux ans dont le nom complet – Aksenti Ivanovitch Poprichtchine – ne nous est révélé qu'à la fin. On y voit, entre drôlerie et réalité des plus tragiques, une éblouissante mise en lumière de l'évolution de la folie (et du sens qu'elle donne au réel), allant du 3 octobre d'une année non spécifiée a une date pour le moins délirante, le narrateur ayant perdu jusqu'à la notion du temps. Gogol est le premier, du moins dans la littérature russe, à avoir ainsi donné vie aux "petites gens", et ouvert la porte à la cohorte des invisibles qui peuplent les villes. Le monde, sans bonté, se refusant au sens que la folie lui donne, apparaît lui-même fou, grotesque, sinon comme chez Kafka, absurde. Dostoïevski, qui lui vouait une grande admiration, aurait dit : "Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol ! " Et avec Andrei Biély, qui lui consacra un ouvrage en 1934, on peut dire qu'il a élevé la prose au rang de la poésie.
Nombre de pages
44
Date de parution
09/04/2021
Poids
108g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782917504482
Titre
Pages du journal d'un fou
Auteur
Gogol Nicolas ; Gourouben Anne ; Amoursky Eveline
Editeur
BARQUE
Largeur
141
Poids
108
Date de parution
20210409
Nombre de pages
44,00 €
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Très court texte (30 pages), cette nouvelle est l'une des plus célèbres de la littérature russe. L'oeuvre de Nicolas Gogol, Le journal d'un fou est un conte absurde dans lequel les personnages étranges laissent peu à peu place à leurs caractères réels, le rire cédant le pas à l'angoisse tout au long de ce journal. Poprichtchine est préposé au taillage des plumes dans un ministère de Saint-Petersbourg. Celui-ci sombre peu à peu dans une douce folie s'imaginant être en Espagne. Rêveurs déracinés et hallucinés les personnages de Gogol appartiennent à une autre réalité de la littérature russe qui n'est assurément pas celle de Tourgueniev, Dostoïevski ou Tolstoï. Agrémenté du Portrait et de La Perspective Nevski, autres récits sur la folie ordinaire de Saint-Petersbourg, cet ouvrage est la preuve éclatante du talent de conteur de Gogol, entre Edgar Allan Poe, Guy de Maupassant et Charles Bukowski. --Florent Mazzoleni
Avec une approche singulière du cinéma, Jacques Sicard nous livre depuis une quinzaine d'années des proses sous forme de "ciné-poèmes", dont se trouve réunie ici une large sélection taillée dans l'ensemble considérable de ce qui constitue un Journal intime ? « Journal, selon les mots de l'auteur, on ne peut plus réel, parce que seules (ou presque) les images témoignent ici d'une existence, parce qu'il a la matérialité des choses et parce qu'il reste ouvert ». De la même façon que ce livre se devait lui aussi de « rester ouvert », de même le seul ordre alphabétique des auteurs-cinéastes par lequel il s'ouvre n'aurait pu, par son systématisme ? le nivellement du temps d'une lettre à l'autre de l'alphabet ? accueillir sincèrement ces quelque 150 proses. C'est pourquoi, une fois la dernière lettre atteinte, succèdent ainsi cinq ensembles, selon la résonance des textes entre eux pour les trois triptyques et la « brève séquence somnambulo-insomniaque », et selon une chronologie plus ou moins rigoureuse des frères Lumière à nos jours pour la « Suite monochrome ». Envoyées au fil des jours et des années par leur auteur, ces proses ont peu à peu suscité ce livre.