L'Akhlâq al-waazîrayn (Livre des m?urs des deux vizirs ou Satire des deux vizirs) est l'un des portraits-charges les plus virulents et les plus savoureux de la littérature arabe classique. Il s'agit d'une ?uvre extrêmement personnelle, rédigée dans une langue étincelante de précision et de cruauté, dans laquelle un intellectuel appelé à la cour de princes avides de reconnaissance s'estime sous-utilisé au regard de ses compétences, humilié et mal payé. Tawhîdî règle ses comptes au premier chef avec un potentat incapable de reconnaître son talent, le flamboyant et craint vizir bouyide al-Sâhib Ibn "Abbâd, en second lieu avec son avare et cruel prédécesseur à la charge du vizirat, Ibn al-'Amîd. Pourtant, cet ouvrage ne se conçoit pas comme une vengeance personnelle, et son auteur assure que si la colère en est la cause première, son but est de faire oeuvre utile auprès des savants dans leurs difficiles relations aux puissants. Ces deux vizirs, issus du corps des secrétaires, ont pour Tawhîdî franchi une limite, celle qui sépare les intellectuels des hommes de pouvoir. Or, le prince doit-il être un intellectuel? Celui qui a pouvoir d'offrir ou de refuser, de faire vivre ou mourir, peut-il en même temps revendiquer sa place parmi les écrivains?"
Il s'agit d'un florilège sur l'amitié, à la manière de l'adab (culture de l'honnête homme), qui traverse plusieurs genres littéraires et plusieurs époques. Transmetteur à la fois d'un savoir livresque et d'une tradition orale, l'auteur recense des propos tenus depuis l'Antiquité jusqu'à son temps : aphorismes, textes philosophiques, échanges de lettres, vers célèbres... Et il y mêle son propre jugement en relatant des débats savants auxquels il a lui-même participé. Le concept de l'amitié (al-sadâqa) lui est prétexte à évoquer des questions éthiques qui restent actuelles, et à développer un idéal de la vie en société et de la gestion de la cité. En raison de la redondance inévitable dans ce genre de compilation, cette édition à l'usage du grand public ne propose que des extraits choisis selon deux critères: la pertinence du contenu et la diversité de la forme.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.