Pour quoi agissons-nous ? Questionner la politique en compagnie d'Hannah Arendt
Tassin Etienne
BORD DE L EAU
22,00 €
Épuisé
EAN :9782356876065
Etienne Tassin se propose de repenser la politique en la dégageant de l'administration sociale ou mime de la question sociale auxquelles elle est trop souvent confondue pour l'appréhender en son essence comme le lieu de l'action humaine. S'inspirant de Hannah Arendt et dialoguant avec elle, Etienne Tassin entend repenser les conditions de possibilité de l'action politique en déterminant pourquoi le pluralisme est essentiel à l'action et en quel sens la démocratie implique la souveraineté du peuple. Ces interrogations font retour sur les mouvements sociaux contemporains qu'Etienne Tassin interroge depuis la possibilité cruciale, dans la politique, de la manifestation comme libre apparition du peuple. Ces réflexions le conduisent à des moments d'actualité qui sont autant d'interrogations serrées sur la défaite des révolutions, sur l'islamisme radical comme forme de domination, sur la construction contemporaine de l'Europe, sur la signification actuelle de la déclaration des droits de l'homme. Au total, il s'agit là d'un essai de redéfinition de l'exercice de la citoyenneté dans le moment présent qui est le notre.
Nombre de pages
304
Date de parution
21/11/2018
Poids
490g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782356876065
Titre
Pour quoi agissons-nous ? Questionner la politique en compagnie d'Hannah Arendt
Auteur
Tassin Etienne
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Poids
490
Date de parution
20181121
Nombre de pages
304,00 €
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AU cœur de la vie politique des hommes gît un trésor, aujourd'hui perdu. Les révolutionnaires du XVIIIe siècle pouvaient encore le nommer. En Amérique on l'appelait " bonheur public ", dans la France des Lumières son nom était " liberté publique ". EN certaines circonstances, rares et précaires, ce trésor sans âge ressurgit dans l'action politique conduite à plusieurs, lorsqu'elle se crée un espace public où la liberté peut paraître. Alors un lien se noue, qui déploie entre les hommes un monde commun. Tel est le bien public. En évoquant ce trésor perdu, la philosophie d'Hannah Arendt nous invite à retrouver, à l'écart de tout pragmatisme comme de tout moralisme, le sens instituant de l'action politique qui a le monde comme condition et comme fin. C'est dans la mesure où les actions sont politiques que le monde peut être partagé ; et dans la mesure où elles visent un monde commun que ces actions sont proprement politiques. Toute politique s'apprécie au regard du monde qu'elle est susceptible d'instaurer. N'est-ce pas pourtant à l'aliénation du monde que la politique moderne nous condamne au contraire ? Le trésor serait-il pour nous définitivement perdu ? Ce livre suggère que, loin de proposer une philosophie politique parmi d'autres, la réflexion arendtienne inaugure une intelligence de l'action politique qui redonne sens au " vivre-ensemble ". En son cœur se tient l'analyse originale et décisive de ce qu'on peut nommer l'acosmisme du monde moderne, cette perte du monde éprouvée aussi bien dans le système totalitaire que dans la prétention technoscientifique de nos sociétés à maîtriser les conditions de l'existence.
Résumé : Le XXIe siècle se présente déjà comme le siècle de l'unification du monde sous l'emprise de la globalisation des marchés financiers et économiques. Il pourrait aussi être celui de sa division et de son éclatement si se confirmait l'impuissance des organisations internationales à faire admettre et respecter un droit cosmopolitique. Mais inversement, loin de signer la fin du monde, l'accentuation des conflits intraétatiques et interétatiques depuis la chute du mur de Berlin pourrait signifier le " retour des choses politiques " et le renouveau d'un souci pour le monde où s'élaborerait la figure inédite d'une " cosmo-politique " aussi éloignée de la culture de la guerre que de l'invocation morale de la paix. On ne peut saisir le sens profond d'une cosmo-politique - une conflictualité non guerrière et instauratrice d'un monde commun - qu'à condition de reconnaître que la politique ne procède ni de la violence armée ni de la tentative de surmonter celle-ci par une civilisation des moeurs qui est une police de la socialité. C'est dans le rapport qu'elles sont susceptibles d'établir avec l'étranger au sein de chaque Etat, et non dans l'établissement d'un ordre juridique mondial ou d'une autorité supraétatique, que les actions publiques se révèlent cosmopolitiques. Ou, encore, dans une certaine manière d'être au monde avec ceux qui ne sont pas du même monde, manière qui naît d'un agir-ensemble politique.
Les élections ne se gagnent plus dans les urnes, mais dans les flux d'informations qui façonnent nos opinions. Steve Bannon le conseiller de Trump (lors du 1er mandat) ne disait-il pas : "La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de gérer ça, c'est d'inonder la zone de merde". Nous en sommes là. Chaque jour, des milliards de données sont analysées, triées, amplifiées ou invisibilisées par des algorithmes qui orientent le débat public sans que nous en ayons conscience. L'intelligence artificielle n'est plus seulement un outil : elle redessine les règles du jeu démocratique. Ce livre retrace l'ascension fulgurante de l'IA politique et montre comment la vérité elle-même devient une variable d'ajustement. Cette dérive qui partout met en exergue les "passions tristes" est-elle une fatalité ? Serions-nous condamnés à jamais aux vigueurs orientées des algorithmes ?
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.