Dans la philosophie ancienne, qu'elle soit grecque ou romaine, la distinction entre le droit et le juste n'existe pas : dikaion, ius, c'est à la fois le droit et le juste, ce qui résulte de l'exercice de la vertu de justice, dikaiosune, iustitia. Le droit est donc l'objet de la justice, c'est-à-dire d'une vertu morale qui se définit comme une disposition libre et constante de la volonté à faire le bien, en instituant l'équité, en attribuant à chacun ce qui lui appartient. Le droit est ainsi indissociable de la morale, dont il constitue la réalisation concrète à travers la manière dont il instaure ou restaure des rapports équitables entre les hommes. Dans la philosophie moderne, le droit et la morale ont progressivement été séparés, jusqu'à l'émergence du positivisme juridique, qui repose sur l'affirmation que "La validité du droit positif est indépendante de son rapport avec une norme de justice1" . Le droit vaut indépendamment de son rapport avec la morale, qui n'est donc plus considérée comme le fondement de la validité du droit. Hans Kelsen souligne que cette affirmation constitue la "différence essentielle2" entre positivisme juridique et théorie du droit naturel au-delà des nombreuses expressions historiques de ces deux paradigmes philosophiques. Cette différence essentielle entre philosophie ancienne et philosophie moderne, entre théorie du droit naturel et positivisme juridique, fait encore aujourd'hui débat. L'objectif de cette conférence n'est cependant pas de restituer ces discussions : il est de défendre que la morale et le droit ne peuvent pas être séparés ni confondus, mais doivent être distingués et articulés. Je procéderai en trois temps : je résumerai d'abord les arguments du positivisme juridique, les confronterai ensuite à la théorie du droit naturel et montrerai enfin que cette théorie elle-même reconnaît un écart, une tension légitime entre morale et droit.
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Nombre de pages
70
Date de parution
23/11/2023
Poids
47g
Largeur
100mm
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EAN
9782490081547
Titre
Morale et droit
Auteur
Tardivel Emilie
Editeur
BOLEINE
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100
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47
Date de parution
20231123
Nombre de pages
70,00 €
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Résumé : "Tout pouvoir vient de Dieu" signifie non pas que toute autorité dispose d?un pouvoir divin mais que le fondement de cette autorité est invisible. Ce que saint Paul dénonce, c?est la confusion de ce fondement avec ces modes de sa manifestation. "Tout pouvoir vient de Dieu" renvoie dos à dos dans aussi bien une conception de l?autorité politique qui dériverait son pouvoir du "sacré" attaché à la personne de l?empereur (ou plus tard du monarque) comme à son fondement, que celle qui la fait dériver du peuple. Voilà pourquoi les chrétiens obéissent aux lois de la Cité et se soumettent aux autorités : parce que l?autorité politique manifeste ce fondement (toujours caché). Quand les lois de ce pouvoir vont à l?encontre du Logos (et donc du Bien commun), les chrétiens ne s?opposent pas au pouvoir comme un corps politique mais rappellent aux gouvernants que leur pouvoir ne repose pas sur eux mais sur Dieu ? le Logos, c?est-à-dire la Raison, à laquelle tous les hommes participent par leur propre raison. Le livre prend notamment l?exemple que donnent les Pères apologistes : Justin, Tertullien, puis Augustin, dont la Cité de Dieu s?inscrit dans le sillage des grandes apologies. En ce sens, il n?y a pas deux cités (des hommes et de Dieu), mais une seule, et c?est la mission ? critique ? des chrétiens (comme citoyens et non pas comme un contre pouvoir) de rappeler ce fondement invisible du pouvoir quand la Cité s?en affranchit. Un livre de discernement capital aujourd?hui.
Résumé : De la condition faite à la Terre à la condition faite aux femmes ; Du sort réservé à l'enfant au sort réservé aux chrétiens d'Orient ; Du devenir de la foi au devenir des migrants ; "Tout est lié", nous avertit Emilie Tardivel à la suite du pape François. Comment donner sens au tumulte de l'actualité, au tourbillon du quotidien ? Comment éclairer d'une parole spirituelle l'air du temps sans s'y plier ? Ces chroniques d'écologie intégrale font le tour d'une année. Elles dévoilent, à travers quarante événements, comment le combat pour la vie, l'option préférentielle pour les pauvres et la protection de la nature procèdent d'une même sagesse. Un exercice sans guimauve et sans fiel. Un exercice engagé. Un exercice d'Eglise.
Résumé : Avec Carte blanche, Emilie Tardivel offre un décryptage politique et spirituel de l'actualité. Voici une trentaine de chroniques qui balaient un an d'événements, des attentats de novembre 2015 au Brexit, en passant par la conciliation du pape François et du patriarche Cyrille, la loi El Khomri, l'Euro 2016 ou encore la fusillade du 12 juin à Orlando. Sans préjugés et sans concession, Emilie Tardivel, à la lumière de l'Evangile et de l'écologie intégrale, montre la dimension transcendante des événements qui ont jalonné notre vie collective. Un outil indispensable pour comprendre avec intelligence le monde qui nous entoure.
Mais qu'est-ce que la beauté ? Ne sommes-nous pas, collectivement et depuis longtemps, installés dans l'indifférence à la beauté et, pour certains, dans son déni ? Si, aujourd'hui, nombre d'historiens d'art, surtout les spécialistes d'Art dit contemporain, récusent la notion même de beauté, l'histoire nous en a suffisamment appris pour pouvoir la reconnaître. Or notre société technicienne, bien qu'elle se flatte d'être relativiste et sceptique, exige soudain du beau une stricte définition ! Si l'on peine à le définir (mais pas à le discerner) c'est que le beau est moins marchandise ou abstraction qu'il n'est vivant. Rebelles aux désirs de mainmise, beau ou beauté se jouent du "genre" : cette Anatomie de la beauté explore donc ses liens organiques avec l'universel, la subjectivité, le vrai, le bien, l'éphémère, le durable etc. Alors, se dégagent six constantes de beauté, ses conditions de possibilité, de vie.
Ballesteros Jesús ; Denis Anne ; Bernard Bénédicte
La France pourrait-elle reproduire le modèle des Trente Glorieuses, cette période d'expansion économique sans précédent qu'elle a connu du lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu'au choc pétrolier de 1973A ? La chute du mur de Berlin en 1989 puis le krack de 2008 ont entraîné et révélé une emprise chaque fois plus grande de l'économie sur la société, réduisant la réalité, y compris l'être humain, à un produit de consommation. La pensée unique est adulée et le politique connaît un asservissement à l'économie sans précédent, laissant la voie ouverte au capitalisme sauvage qui entraîne de graves inégalités sociales. Dans cet ouvrage, l'auteur propose à cette société, qu'il désigne comme "postmodernité décadente" , de se transformer en "A postmodernité résistanteA " en mettant fin à l'idolâtrie de l'argent par l'approfondissement des exigences de la démocratie.
Un constat : deux conceptions de la norme divergent. L'une se fonde sur un ordre "donné" et l'autre sur un pur "construit" . Dans le positivisme juridique, la norme est fondée sur la seule force de la volonté générale, selon un principe immanent, tandis que dans le réalisme, celle-ci est fondée sur un ordre établi, extérieur et préexistant. La loi est ainsi pensée comme la règle du droit (nomos), soit la mesure du droit, mais non le droit lui-même. Face à ces deux grandes conceptions du droit, le juriste est amené à faire un choix : celui du fondement de la norme. Bénédicte Bernard, docteur en droit canonique, a exercé en tant qu'avocat et enseigné le droit privé à Paris I Panthéon-Sorbonne. Auteur de Laïcité française et sécularité chrétienne, elle est actuellement directrice des Editions Boleine et vit à Paris.
Le processus de sécularisation constitue le fil conducteur de cette histoire des idées contemporaines. Il est analysé avec une vision chrétienne de l'homme et de l'histoire. Les clés de l'époque moderne consacrée à la période du XVIe au XVIIIe siècle sont exposées dans une première partie. Dans une deuxième partie sont explorées les principales idéologies contemporaines - libéralisme, nationalisme, marxisme, scientisme - ; leur rôle de religions substitutives est notamment souligné. La troisième partie porte sur la crise de la culture de la Modernité au XXe siècle et examine en détail le nihilisme, la société permissive et les mouvements culturels les plus actuels, tels le féminisme, l'écologisme, les nouveaux mouvements religieux. Le livre s'achève par une quatrième partie dédiée à une recherche approfondie de la relation entre l'Eglise catholique et le monde contemporain.