Donner un nom, c'est donner une identité, dans toutes les acceptions du terme, faire accéder à une existence sociale, reconnaître un être vivant en tant qu'individu, donner à un lieu un statut territorial légal, c'est-à-dire soumis à la propriété. Mais au-delà de sa signification ontologique, cet acte fondamental de nomination possède une dimension sociale, et comme tel, se trouve soumis à la mode. Le présent ouvrage, fruit d'un colloque international organisé par deux institutions, française et belge, spécialisées dans l'étude des noms propres, analyse les mille et une manières dont les modes peuvent intervenir dans la nomination, celle des individus et des lieux bien entendu, mais aussi celle des phénomènes les plus divers, depuis les morceaux de musique extrême jusqu'aux cocktails, en passant par les pseudonymes dans la presse satirique ou encore les noms des personnages dans les oeuvres littéraires (dont les traductions de Tintin en langues régionales !). Pourtant, si le nom reçu s'inscrit quasi nécessairement dans le courant d'une mode, la nomination comporte aussi une dimension pragmatique, dans la mesure où elle permet au nommant de poser un acte, voire une revendication dont la nature peut être sociale, politique ou religieuse. En montrant comment la nomination est tout autant produit que vecteur de mode, ces regards croisés posent les bases d'une sémiotique onomastique.
Nombre de pages
382
Date de parution
29/04/2015
Poids
560g
Largeur
155mm
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EAN
9782343059556
Titre
Mode(s) en onomastique. Onomastique belgoromane
Auteur
Tamine Michel ; Germain Jean
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
560
Date de parution
20150429
Nombre de pages
382,00 €
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A la source d'une prestigieuse tradition littéraire qui affirme son originalité dès le Moyen Age, la Champagne a su conserver pendant des siècles, à l'ombre même de cette tradition, de nombreux parlers locaux dont on peut encore recueillir bien des témoignages lexicaux en ce début de XXIe siècle. Si le caractère régional de la langue y apparaît de prime abord moins marqué que dans d'autres provinces, c'est que la proximité de Paris, l'absence d'obstacles ont assuré au français une pénétration rapide, mais non une victoire totale. Tantôt réfugié dans les départements moins exposés comme l'Aube et la Haute-Marne, tantôt attachés à des traditions artisanales ou agricoles au premier rang desquelles la culture de la vigne, le français régional de la Champagne offre au témoin attentif nombré de tournures, d'expressions, tout un vocabulaire de mots techniques ou malicieux, mais toujours expressifs, qui constituent une composante authentique de sa culture.
A la source d'une prestigieuse tradition littéraire qui affirme son originalité dès le Moyen Age, la Champagne a su conserver pendant des siècles, à l'ombre même de cette tradition, de nombreux parlers locaux dont on peut encore recueillir bien des témoignages lexicaux en ce début de XXIe siècle. Si le caractère régional de la langue y apparaît de prime abord moins marqué que dans d'autres provinces, c'est que la proximité de Paris, l'absence d'obstacles ont assuré au français une pénétration rapide, mais non une victoire totale.Tantôt réfugié dans les départements moins exposés comme l'Aube et la Haute-Marne, tantôt attachés à des traditions artisanales ou agricoles au premier rang desquelles la culture de la vigne, le français régional de la Champagne offre au témoin attentif nombre de tournures, d'expressions, tout un vocabulaire de mots techniques ou malicieux, mais toujours expressifs, qui constituent une composante authentique de sa culture.
Cet ouvrage examine les fondements scientifiques des catégories qui permettent de classer les noms propres. Des questions se posent, en particulier, lorsque des noms communs deviennent noms propres, lorsque des noms de métiers deviennent noms de personnes, lorsque des noms de personnes se fixent dans les noms de lieux, lorsque des noms de saints deviennent noms de villages, lorsque des noms de montagnes (oronymcs) deviennent noms de rivières (hydronymes), etc. Autrement dit, les noms propres sont animés de mouvements permanents, d'évolutions constantes, d'agitations qui constituent autant de "circulations linguistiques" et qui tiennent tout simplement au fait qu'ils sont vivants... L'observation de ces phénomènes est enrichie par une approche comparatiste, conduite dans différentes variétés de l'occitan, qui permet de mettre en lumière de nombreuses facettes de ses richesses dénominatives, depuis la reconstitution de paysages catalans à la lueur de toponymes médiévaux, jusqu'à la compréhension du territoire d'une commune gasconne grâce l'analyse de ses noms de lieux-dits, sans oublier la dimension narrative, poétique ou socioculturelle qu'assignent aux noms propres qu'ils évoquent quelques grands représentants de la littérature occitane. Cet ouvrage est le fruit d'un colloque international organisé à Toulouse par la Société française d'onomastique et soutenu par deux institutions orientées vers l'étude et la valorisation des faits de langue.