L'objectif de mon travail est de porter un regard singulier sur les objets quotidiens ou plutôt des quotidiens, chaque individu ayant le sien propre. La photographie de ces objets dénués de tout contexte temporel ou matériel, ne donne pas à voir tel ou tel objet que je possède, mais conduit à l'idée de cet objet telle qu'elle peut être perçue par chaque spectateur ; libre à lui de la re-contextualiser dans sa propre histoire et de lui donner la valeur d'archétype. Le choix des objets, anciens pour la plupart, est purement subjectif ; il est guidé essentiellement par leur pouvoir évocateur d'un usage antérieur au quotidien. Au départ, les photographies étaient réalisées en noir et blanc, en argentique ; ensuite est apparue la notion de grandeur nature pour une représentation monumentale d'objets de grande taille, toujours en rapport avec les mêmes notions (par ex. : la pelle, le râteau, la chaise...) Cette recherche de la simplicité - ou peut-être de l'évidence des choses - réside autant dans le choix du sujet que dans ma manière de photographier, sans effet, sans modification, sans artifice. Le passage à la couleur découle de l'avènement de la photographie numérique : la photographie est devenue par nature en couleurs. Transformer des images en couleurs en images noir et blanc aurait été, dès lors, un artifice. Jean-Jacques Symul.
Nombre de pages
96
Date de parution
17/09/2021
Poids
140g
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EAN
9782873404758
Titre
Quotidiens. Les objets
Auteur
Symul Jean-Jacques ; Stas André
Editeur
YELLOW NOW
Largeur
0
Poids
140
Date de parution
20210917
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Entre 1956 et 1960, au crépuscule du cinéma classique hollywoodien, Budd Boetticher réalise en indépendant sept westerns incisifs, tous portés par le même acteur granitique, Randolph Scott, considéré par beaucoup comme son inamovible double de fiction. De ce cycle émerge une trilogie, tendue tel un arc, dont Comanche Station assure la quintessence. Dans ce film, pas de graisse, aucune fioriture, nul happy end et encore moins de sentimentalisme, sinon asséché, tout juste une succession de déplacements et de pauses, de trajectoires entêtées et de bivouacs faussement réparateurs, menant en droite ligne vers une apparente résolution finale qui, au personnage central, n'offrira ni repos, ni romance, le laissant seul avec ses tourments initiaux. Il fallait bien le visage impassible de Randolph Scott pour ainsi sortir le western du lyrisme ou des chevauchées fantastiques et oser tendre vers l'épure, voire l'abstraction, où la modernité l'attendait. S'il analyse le film avec rigueur ou, mieux, le psychanalyse avec gaieté, Pierre Gabaston s'adresse aussi directement au cinéaste, dans une forme de dialogue imaginaire et complice, convoquant leurs passions communes pour la tauromachie et les paysages indomptés, présence concrète, matière vivante, partenaire à part entière de l'intrigue. Autant dès lors avertir : bien plus qu'une exégèse, cet essai se veut d'abord livre d'amitié cinématographique et probablement un des ouvrages les plus intimes jamais écrits sur un western.