Juan Ramon Rimaz, retiré au bord d'un rivage à la fois familier et secret, a découvert quelque chose qui a fait craquer ses habitudes. Qui fut-il ? Que lui est-il arrivé ? Comment fut rendu possible le "scandaleux" dénouement ? Des personnages, les uns burlesques ou fanatiques, les autres tendus dans une quête d'impossible, circulent près de la mer : un cardinal qui semble en même temps que la vie découvrir l'évangile et s'étonne ; des amants qui s'éveillent d'un rêve ; une femme qui n'en finit plus de peindre en attendant un prisonnier. Les événements, à travers des rencontres, se nouent invisiblement qui permettent à Juan Ramon d'entrer dans son destin. Mais ce que Ramon expérimente mystiquement, le narrateur ne le peut saisir qu'esthétiquement : d'où un perpétuel décalage entre l'expérience et le récit. Cette distance, par rapport à l'anecdote, en élargit la signification. Dans ce livre, la satire se marie à l'humour et à la poésie, comme le lyrisme à l'ironie, la férocité à la tendresse. Cette oeuvre, qui ne s'est voulue ni polémique ni apologétique, n'existe d'abord que pour le plaisir d'écrire dans une certaine lumière.
Nombre de pages
288
Date de parution
21/02/1964
Poids
288g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070261246
Titre
MAIS IL Y A LA MER
Auteur
Sulivan Jean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
288
Date de parution
19640221
Nombre de pages
288,00 €
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La pensée de Jean Sulivan se tient à distance des débats religieux contemporains, tant elle est d'abord liée à la sensation et à une expérience vitale. Elle invite à redécouvrir la singularité contre la collectivisation et la quantification de l'esprit. A chaque homme d'habiter son corps en traçant son chemin unique sur la voie commune - c'est le seul moyen pour lui d'accéder par le singulier concret à l'universel, à une fraternité réelle par-delà les fraternités déclarées et abstraites. " Toute réalité est en vous, écrit Sulivan pour ainsi dire d'un pays étranger et proche. Toute chose, bien ou mal, est pour votre création, pourvu que vous ne vous teniez pas hors du risque de la vie. Car hors de la vie il n'y a rien. Si ce souhait a un sens, que ce livre vous laisse cassés et misérables, si vous ne savez pas encore que vous l'êtes, pour une joie dont vous n'avez pas l'idée. "
On ne parle pas ici de la "littérature" triomphante et éphémère qui inonde le marché contemporain à court terme, ni de celle, bonne ou mauvaise, qui se vend pour d'autres raisons que littéraires en sachant utiliser l'Histoire récente ou non, les grands hommes, Charles Magne, Napoléon, ou le Sexe, le management, Dieu (la grande presse, les télévisions n'ayant de fanfares que pour les causes déjà gagnées), ni de la littérature à concours dont tout l'effort vise généralement à ressembler à l'image culturelle de marque, ni de celle des nouveaux maîtres du langage qui casse la cage et rentre dedans... Ou plutôt l'on n'en parle que pour mieux désigner une autre littérature contestable et acharnée, vaguement sauvage, telle une fleur qui pousse entre les rails au vent des voyages, ou discrète comme un flocon de neige qui heurte une vitre. On parle ici d'une petite littérature humiliée et heureuse et qui tente de survivre ; de la vanité, de la nécessité, de la douleur et de la joie d'écrire ; de l'homme quotidien, de sa difficulté d'exister, de sa vie brûlée au feu de l'esprit, d'une certaine aspiration ultime et démodée ; d'une légère espérance nocturne et invincible ; d'une voix secrète qu'écoutent parfois des rebelles étrangers au cirque.
Ce que l'on dirait à voix basse à un ami, si l'on n'avait plus que peu de temps à vivre", ainsi apparaît ce livre posthume de Jean Sulivan. Il est fait de pensées rassemblées par lui-même, des derniers feuillets de ses carnets, d'esquisses de nouvelles, tout ce qu'il écrivait au moment de sa mort accidentelle, en 1980. Dans ces pages sans apprêt, Sulivan livre le fond de sa pensée. Il perce à jour, parfois avec effroi, aussi bien les pouvoirs politiques que les structures de l'Eglise, aussi bien les révoltes que les conforts, aussi bien les morales que les théories laxistes, aussi bien le peuple même, ou les peuples, que les rites ou les concepts. Il ne s'épargne pas lui-même. "Que de temps il m'aura fallu, écrit-il, pour apercevoir que j'avais vécu pour complaire aux miens, à l'Eglise officielle, avant de comprendre qu'il importait de défaire l'être de convention sincère, la doublure de soi, et qu'on ne peut être fidèle à Dieu si on ne l'est à sa parole intérieure".
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.