SAINTETE ET LUMIERES. HAGIOGRAPHIE SPIRITUALITE PROPAGANDE RELIGIEUSE DANS LA FRANCE DU 18E SIECLE
SUIRE (ERIC)
CHAMPION
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EAN :9782745320940
Consacrer une étude à la sainteté au temps des Lumières peut paraître incongru tant l'idée d'une déchristianisation est associée au dernier siècle de l'Ancien Régime. La littérature hagiographique, soutenue par la fabrique romaine des saints et la rénovation des liturgies diocésaines, n'y enregistre pourtant qu'un déclin relatif. Certes, la période s'avère peu propice à l'éclosion de la fama sanctitatis de nouveaux serviteurs de Dieu, moins par l'effet d'une désaffection des fidèles qu'en raison d'un contrôle accru des clercs sur les dévotions et les manières de croire. En revanche, elle consolide l'influence des intercesseurs gallicans et consacre l'introduction dans les bréviaires et les calendriers des hérauts de la Contre-Réforme. Le XVIIIe siècle a ainsi contribué au renouvellement du sanctoral et assuré l'ancrage des modèles de comportement chrétiens dans les différentes strates du corps social. L'implication croissante des laïcs et du clergé séculier dans la production des textes édifiants, au moment où la présence des religieux s'efface, en rend un témoignage éloquent.
Date de parution
25/01/2011
Poids
960g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782745320940
Titre
SAINTETE ET LUMIERES. HAGIOGRAPHIE SPIRITUALITE PROPAGANDE RELIGIEUSE DANS LA FRANCE DU 18E SIECLE
Auteur
SUIRE (ERIC)
Editeur
CHAMPION
Largeur
155
Poids
960
Date de parution
20110125
Disponibilité
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Le christianisme aura bientôt deux mille ans. Matrice de la civilisation européenne, religion présente sur tous les continents, il a façonné au fil des siècles l'organisation sociale, le calendrier et le langage des hommes. Aujourd'hui cependant, l'usage d'un vocabulaire adapté aux besoins de la théologie et de la spiritualité, comportant de nombreux emprunts scripturaires et patristiques, l'emploi liturgique du grec et du latin sont devenus des obstacles à l'intelligibilité de l'architecture, de l'iconographie et de la littérature chrétiennes.Ce vocabulaire, à travers plus de 3 000 occurrences, recense les mots qui leur sont spécifiques, il en restitue les différentes significations, et les replace dans leur contexte historique. Il aborde les questions relatives au droit, à la morale, à la discipline ecclésiastique, depuis les premières communautés de fidèles jusqu'aux Eglises contemporaines. Il apporte une aide indispensable au commentaire de document, à la dissertation et à l'épreuve de culture générale. Biographie de l'auteur Eric Suire est maître de conférences d'histoire moderne à l'Université de Bordeaux III. Il a publié La sainteté française de la Réforme catholique (XVIe-XVIIIe siècles) d'après les textes hagiographiques et les procès de canonisation (Pessac, Presses univ. de Bordeaux, 2001).
Si le religieux est aujourd’hui affaire personnelle et n’est pas censé interférer avec le politique, il en allait tout autrement dans l’Europe moderne.Dans l’ancien monde, où la religion était structurante et commandait à tout et à tous, le christianisme a forgé des concepts essentiels à la régulation des sociétés. Trois principes ont façonné les rapports entre Églises et États : l’autorité vient de Dieu, les pouvoirs temporels et spirituels sont indépendants, les fins humaines sont subordonnées aux spirituelles. Ce cadre restait toutefois assez large pour justifier des politiques différentes. Les théologiens n’ont pas dicté une réponse unique quand le souverain, fût-il le pape, se trouva confronté à un conflit.Déstabilisées par les réformes du XVIe siècle, les monarchies surent tirer profit de la dislocation de la Chrétienté latine, abandonnant la guerre religieuse pour la raison d’État. Aux siècles suivants, alors que le désenchantement du monde ôtait à la Création son aspect magique, l’essor du rationalisme contribua autant à extraire la religion du champ politique qu’à asseoir la tutelle de l’État sur l’Église.
Le monde de l'imprimé en Europe occidentale (vers 1470-vers 1680) : la nouvelle question d'histoire moderne de l'agrégation relève d'une histoire "totale" , qui transcende les clivages habituels pour s'intéresser à la fois aux techniques, à l'organisation professionnelle, aux circuits économiques, aux sociabilités, mais encore aux enjeux culturels, éducatifs et religieux suscités par l'avènement de l'imprimé. Les meilleurs spécialistes qui ont contribué à l'ouvrage décryptent les processus de fabrication et de vente, présentent les produits variés issus de l'imprimerie (livres, mais aussi "littératures de large diffusion" , "éphémères" et "occasionnels" , périodiques, images gravées, abécédaires...), analysent leurs modes de réception (lecture et autres appropriations individuelles ou collectives, transformation des bibliothèques, naissance de la bibliophilie) et les tentatives de régulation mises en oeuvre par les autorités civiles et ecclésiastiques. En dépassant l'émerveillement naïf devant la "Révolution de l'imprimerie" , ils insistent sur les liens conservés entre l'imprimé et la culture orale, et la complémentarité/concurrence avec le manuscrit, qu'il n'a pas fait disparaître. Les derniers chapitres, consacrés aux pays de l'Europe occidentale mis au programme, mettent en exergue les singularités nationales et les glissements chronologiques opérés au cours de la période : rayonnement puis éclipse du foyer germanique, dynamisme des ateliers vénitiens, marginalité de la péninsule Ibérique et de l'Angleterre, ascension des presses hollandaises à la fin du xviie siècle.
Le livre traite des grandes confessions chrétiennes, des groupes chrétiens minoritaires et des minorités non chrétiennes en Europe entre 1500 et 1700. Alternant synthèses générales et coups de projecteur, il tient compte des apports historiographiques anciens et récents.L'Europe des XVIe et XVIIe siècles fut traversée, sur le plan religieux, par deux grands mouvements antagonistes. D'une part, elle subit le choc des réformes et enregistra la division du christianisme latin en différentes confessions rivales : confession d'Augsbourg, Églises réformées, Église catholique. D'autre part, une aspiration forte à l'unité, voire à l'uniformité religieuse, s'exprima dans les principaux États, sous l'autorité des princes et des clergés. Par ailleurs, le phénomène de confessionnalisation contribua à invisibiliser ou, au contraire, à mieux identifier les minorités religieuses, chrétiennes et non-chrétiennes, qui ne disparurent pas des sociétés européennes. Ces pulsions contradictoires furent le moteur de tensions et de recompositions, que l'ouvrage s'attache à décrypter.