Les Disputes métaphysiques XXVIII et XXIX de F. Suárez (1548-1617) par la distinction qu'elles effectuent entre l'ordre du fini et de l'infini, constituent dans la période de la seconde scolastique, un moment charnière dans l'exposition systématique de l'objet et de la finalité de l'ontologie. Il s'agit de mener à son terme le projet de cette dernière, à savoir la représentation universelle et abstraite de l'étant au moyen de sa détermination conceptuelle, tout en préservant la pertinence de la relation établie par la théologie entre deux dénominations d'étant : d'une part, celle attribuée à la créature et, d'autre part, celle attribuée au Créateur. Car si entre Dieu, étant infini, et ce qui n'est pas Dieu, l'écart est infini, comment maintenir l'unité de la métaphysique tout en rendant compte de la spécificité de la communauté d'être entre le créé et le Créateur? Il semble impossible d'échapper à l'inscription de la pensée de l'étant dans l'alternative de l'équivocité ou de l'univocité. Soit l'équivocité de l'étant mine la légitimité de la différence fondatrice entre le fini et l'infini, soit l'univocité de l'étant confronte à la menace de rendre incompréhensibles les limites du rapport de ressemblance de la créature à Dieu. L'examen historico-critique de la question de l'analogie de l'étant chez Suarez est précisément destiné à créer les conditions d'un dépassement des apories suscitées par la communauté d'être entre le Créateur et le créé. Tel est le pari suarézien: faire de son ontologie la condition de l'accomplissement et de la production de l'intelligibilité de sa théologie naturelle, et concevoir la théologie révélée comme ce qui, dans son dessein, renvoie la compréhension transcendantale de l'étant à ses propres limites.
Nombre de pages
272
Date de parution
29/04/2009
Poids
436g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782841372348
Titre
Disputes métaphysiques. XXVIII-XXIX
Auteur
Suarez Francisco ; Coujou Jean-Paul
Editeur
MILLON
Largeur
160
Poids
436
Date de parution
20090429
Nombre de pages
272,00 €
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Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
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