Depuis plus de cinq siècles, dominant la ville de Grenade, l'Alhambra, « la muraille rouge », exerce une fascination inégalée sur des myriades de visiteurs, éblouis par les enchantements du décor arabe, l'omniprésence de la polychromie, les entrelacs infinis des mosaïques de faïence émaillée. Mais ce livre transporte les lecteurs au-delà du charme des apparences: il révèle une structure secrète qui remonte à la tradition du Temple de Salomon, à l'agencement des palais sassanides héritiers des Grands Rois achéménides, que les souverains hellénistiques puis les califes de l'Islam ont perpétué et transmis aux rois très catholiques. Les résonances des syncrétismes au fil des siècles, la dimension initiatique du parcours s'imposent à l'évidence de la lecture par la grâce d'un discours limpide et d'une mise en pages qui multiplie les perspectives et les jeux de miroirs. Forteresse à l'extérieur, l'Alhambra révèle au-dedans un décor destiné aux fastes d'une monarchie hautement cultivée et donne à admirer le chant du cygne de l'art d'Al-Andalus, avec ses circulations inattendues, ses espaces tantôt clos tantôt ouverts sur des bassins où se mirent des ornementations en stuc ajouré, des mosaïques géométriques aux rythmes obsessionnels, des voûtes à stalactites... Autant d'éléments fui offrent une image de l'Éden promis aux Elus par les sourates du Coran: paradis terrestre des sultans nasrides. Ici, s'est perpétué, sans faille, le legs des anciens: rois hellénistiques, empereurs romains, basileus byzantins, califes de Bagdad ou de Cordoue; ici a survécu une image du monde, une cosmologie remontant à Platon, Ptolémée ou Cicéron. Ici, chaque allusion des poètes résonne comme une réminiscence, chaque inscription évoque un univers et un système astral issus des textes savants d'Alexandrie, de Samarcande ou du Caire. Le ciel et le cosmos tout entier se reflètent dans ces palais et l'habitent autant que les sourates du Coran qui ornent les murs ou que les strophes d'Ibn Zamrak qui chantent les splendeurs de ce monde perdu. Art de vivre et savoir ne font qu'un: le palais en est l'expression la plus pure, il incarne à lui seul le haut lieu de rencontres de cultures prestigieuses. Largement inspiré du modèle sacré représenté par le Palais de Salomon, il revêt un caractère proprement universel, « oecuménique », conjuguant les traditions des peuples du Livre au riche enseignement scientifique de l'Antiquité, dont les Arabes étaient les dépositaires.
À 50 kilomètres au nord de l'actuelle Mexico, sur les hauts plateaux à 2300 mètres d'altitude, une cité gigantesque de près de 150000 habitants fut construite à l'aube de notre ère, berceau d'une civilisation qui a influencé l'ensemble du Mexique précolombien. Les colossales pyramides de la Lune et du Soleil, la "Citadelle" et le temple de Quetzalcoatl témoignent du prestige de la première "métropole", au sens moderne du terme, de l'Amérique, entre le [-et le vin"siècle. Son urbanisation en ramifications destinées à être prolongées sans fin, ses pyramides, aux dimensions comparables à celles de Gizeh en Égypte et construites à sueur d'homme, et enfin ses palais, d'une architecture grandiose et sobre, continuent de dévoiler leurs secrets. Les peintures murales, aux couleurs vives, véritables écritures du sacré, les bas-reliefs jaillissant des façades, les statuettes et les masques hiératiques en pierre dure au style épuré révèlent sa splendeur passée; mais dénuée d'écriture, sa civilisation reste très mystérieuse. Incendiée et pillée vers 750, la ville devint, quelques siècles plus tard, un centre religieux pour les Aztèques. En découvrant ses vestiges monumentaux, ils la nommèrent Teotihuacán,"la cité des dieux"."
Dernière des religions révélées, l'Islam, né au VIIe siècle, suscite dès ses débuts une architecture impressionnante. A partir de la simple maison de Mahomet à Médine, cette foi nouvelle s'exprime dans un édifice nouveau: la mosquée, lieu du prosternement. Tant par ses espaces de prière que par ses palais et citadelles, l'art de bâtir du monde islamique, tout en empruntant aux civilisations conquises, s'affirme comme un courant esthétique majeur. Des formes inédites surgissent. Les architectes inventent la mosquée hypostyle, l'iwan, les stalactites, les mâchicoulis, le décor de faïence qui revêt coupoles et mihrab. C'est un langage sans cesse divers qui, partout, décline la même présence du décor, de l'arabesque, des motifs géométriques, des claustra, et surtout des textes sacrés. Henri Stierlin, historien de l'architecture, décrit et explique les mille et une formes des bâtiments musulmans, en soulignant les constantes et les infinies variations d'un art animé, durant plus de dix siècles, par un élan et par un souffle grandioses
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
Au milieu de la forêt se cache un dôme mystérieux. Couverte d'aiguilles et de sable, c'est la maison de milliers de fourmis. Tant de choses se passent là-dedans ! Où vont les fourmis ? Peux-tu suivre leur chemin ...
George Sand découvre Tamaris, petite bourgade provençale de la commune de La Seyne-sur-Mer, et s'enthousiasme pour le caractère sauvage et rustique du paysage. Michel Pacha (1819-1907), après avoir été directeur des phares et balises de l'Empire ottoman, constructeur des quais et docks de Constantinople, transforme le lieu en ville de saison. Il achète les terrains, comble les marécages, édifie son château entouré d'un somptueux jardin. Il bâtit un décor qui suggère le voyage : palais italiens, chalets suisses, maisons orientales ; en front de mer, il plante le Grand Hôtel et le casino et, presque sur l'eau, l'Institut de biologie marine. Il aménage les accès terrestres et maritimes et exploite toutes les ressources du territoire. Dans son principe d'élaboration d'un paysage urbain harmonieux, Tamaris associe le jardin et la ville et annonce l'optique des cités idéales du XXe siècle. Au carrefour de l'orient et de l'Occident est née une architecture de la Méditerranée.
1 couleur, 1 300 ans, 150 structures. Un regard inédit sur la beauté et sur l'éclat de la couleur rouge dans l'architecture, avec des réalisations signées entre autres Lina Bo Bardi, Steven Holl, Frank Gehry, Tadao Ando, Jean Nouvel et Philip Johnson. Rouge : Architecture monochrome présente des musées, installations artistiques, maisons de campagne, temples, théâtres, écoles et usines, offrant un nouveau regard sur le monde bâti à travers l'esthétique de la couleur rouge.
Explores the power of abandoned architecture, capturing the awe-inspiring drama of lost and forgotten, as well as reimagined and transformed structures across the globe. From Victorian gas holders, railway stations and factories, to World War Il flak towers and bunkers, from Gothic churches, as well as Modernist and Brutalist masterpieces, this book demonstrates that transforming our built heritage has the power to change lives, communities, neighbourhoods and cities the world over.
De l'université de Bologne, première université du monde occidental fondée en 1158, jusqu'aux prestigieuses universités anglaises et américaines, ce livre nous invite à découvrir les hauts lieux du savoir. Il pose un regard sur des universités au patrimoine architectural exceptionnel, dont la beauté traduit le pouvoir et dont l'histoire, déclinée au fil des siècles, rappelle à tous la grandeur. Au gré de la promenade photographique se succèdent amphithéâtres, bibliothèques, chapelles, salons d'honneur, théâtres anatomiques, jardins... Une visite inédite et spectaculaire de vingt-trois universités, parmi les plus renommées au monde, à travers quatorze pays, en France, en Suède, en Allemagne, en Pologne, en Italie, au Portugal, au Qatar, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada... Autant de lieux qui invitent le promeneur curieux à passer la porte de ces temples de la connaissance.