Salah Stétié prosodie en son coeur solitaire, images, rêves et pensées, puis s'interroge, à l'aube ou au plus profond de la nuit, sur la place véritable de l'homme en ce monde, tantôt aride où "s'abîme l'abîme" et parfois "si bleu dans le bruissement des palmes" . L'oeuvre de Salah Stétié manifeste "le désir d'une vigilance et une foi dans la parole de poésie" (Yves Bonnefoy), elle se découvre dans une "illuminante complexité", prolongement de la plainte du temps. Ici, tous les paradoxes s'éteignent dans le verbe devenu matière adamantine. Poète, essayiste et critique d'art, Salah Stétié fait ses études universitaires en France après avoir suivi, à l'école Supérieure des Lettres de Beyrouth, les cours de Gabriel Bounoure. Il se lie d'amitié dès les années cinquante avec Jouve, Mandiargues, Ungaretti, Bonnefoy ou André du Bouchet. Il obtient en 1995 le Grand Prix de la Francophonie, décerné par l'Académie française. Il est membre de la Commission de Terminologie et de Néologie de la langue française.
Nombre de pages
101
Date de parution
12/09/2018
Poids
300g
Largeur
176mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782377920181
Titre
Le mendiant aux mains de neige
Auteur
Stétié Salah
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
176
Poids
300
Date de parution
20180912
Nombre de pages
101,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Cent vingt-trois poèmes courts et savants. Ils procèdent par huitains, dizains, sonnets qui répètent et déplacent un même thème, et par là prolongent une tradition qui remonte à Maurice Scève. Salah Stétié reste fidèle aux inspirations de ses précédents livres : l'arbre, la lampe, l'arc, la femme. Le raffinement dans l'emploi des métaphores, des allitérations, des formules condensées aboutit à une rare densité des figures.
97 poèmes, huitains pour la plupart et généralement de vers hexasyllabes, suivis de 21 poèmes de trois tercets, qui sont dédiés à André Pieyre de Mandiargues. L'euphonie et l'eurythmie donnent à ces poèmes un ton classique, bien qu'ils ménagent beaucoup de surprises. Le poète crée l'ambiance de rite érotique et ontologique qu'annonce le titre, liant poupée (de puppa, qui veut dire le sein, en bas latin) et être. Le langage amoureux et le langage métaphysique apportent un subtil mélange de séduction et d'ésotérisme. Et, dans chaque pièce, un art accompli témoigne de l'exigence de perfection qui est toujours le propre de Salah Stétié.
Des années de lente et longue condensation poétique sont " recueillies " dans les soixante poèmes de L'eau froide gardée, gardée parce qu'amoureusement conservée, parce que menacée. L'amour, l'angoisse et leurs échanges dans l'ambiguë et combien vulnérable limpidité de l'être, telles semblent être les " raisons " profondes du poème chez Salah Stétié. Une expression d'un grand raffinement enferme ainsi, à travers les mythes personnels du poète et leur pouvoir de projection distante, la dialectique songeuse de ce qui est et qui n'est pas : subtil et déchirant contre-point, de nature entièrement lyrique, entre les formes tremblantes de la vie, consenties et acceptées, et leur figure cosmique obscure et négatrice. " L'oeuvre de Salah Stétié a l'éclat de ce qui est hautement réussi dans le domaine le plus difficile ", a dit Pieyre de Mandiargues.
Densité, tel est le mot qui convient pour ce recueil qui est comme un poème de poèmes. Une puissante nostalgie s'en dégage, parlant pour une âme "confinée" par une mystérieuse blessure. La rupture, l'ellipse, la syncope, le rejet (dans la langue comme dans le coeur) sont la marque de notre époque et rendent proche le poète.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !