Quand ses forces commencèrent de le trahir, déjà résolu à mettre fin à ses jours, Roger Stéphane décida d'écrire un nouveau livre sur Malraux, dont il avait dit autrefois qu'il était inépuisable. Tout s'est passé comme si Stéphane avait voulu reprendre une conversation poursuivie de mois en mois, depuis les maquis d'Alsace et pendant plus de trente ans, avec cet écrivain à l'intelligence foudroyante dont il ne s'était jamais lassé, et qui avait eu la bonté, disait-il en riant, de le traiter en interlocuteur convenable. Malraux fut donc l'objet et le compagnon de ses dernières réflexions. Son dernier souci. Lui qui savait tout de l'auteur des Antimémoires continuait de s'interroger sur ce "contemporain capital" . Il mettait en perspective les témoignages de Paul Morand, d'Edmund Wilson, de Bruce Chatwin, il se décidait à lire Clara Malraux, il comparait Proust, artiste "régulier" , à Malraux, artiste "séculier" , il trouvait dans des écrits de jeunesse les traces d'une réflexion déjà faite, et les preuves d'une cohérence souveraine. Malraux, premier dans le siècle est fait d'interrogations, de lectures reprises in extremis, de pistes ouvertes et non explorées, de vivacités brisées. Cet exercice d'admiration est aussi un adieu au monde. Il brille de l'intensité voilée d'un inachevé. Stéphane devina très vite qu'il n'en écrirait jamais la fin. Je ne crois pas mentir en disant qu'il fut la consolation et le remords de ses derniers jours. Daniel Rondeau
Nombre de pages
128
Date de parution
22/02/1996
Poids
179g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070729173
Titre
Malraux, premier dans le siècle
Auteur
Stéphane Roger
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
179
Date de parution
19960222
Nombre de pages
128,00 €
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Roger Stéphane rencontre Jean-Jacques Rinieri en juin 1946. Le premier est l'ami de Gide, Cocteau, Malraux... Il a libéré l'Hôtel de Ville de Paris en août 1944, fonde L'Observateur et est l'un des pionniers du combat pour la décolonisation. Le second étudie la philosophie à Normale Sup. "J'aimais Jean-Jacques comme je croyais jusqu'à hier ne plus pouvoir aimer. Il périt le 30 août 1950." (Roger Stéphane, Tout est bien). Pendant quatre ans, Roger et Jean-Jacques vivent au grand jour un amour-amitié. Parce que c'était lui parait au printemps 1953: c'est "un morceau de musique de chambre [sans] pathétique sentimental ou verbal" (Roger Martin du Gard) dans lequel Stéphane raconte l'agonie de son ami, à la suite d'un accident de voiture. C'est aussi un livre poignant sur l'absence, le sentiment de n'avoir "plus jamais personne à qui dire l'indicible", un livre étonnamment moderne sur l'amour qui exclue toute jalousie et se conjugue avec une totale liberté sexuelle décrite sans la moindre hypocrisie.
Résumé : Voici le journal intime de Roger Stéphane entre 1939 et 1944. Malgré la tragédie des temps, Stéphane rencontre " tout le monde " dans la littérature, Cocteau, Julien Green, Gide, Malraux, ainsi que dans la politique. On fait des mots d'esprit : " Définition du général Gamelin par Baudelaire : "je hais le mouvement qui déplace les lignes !" " La drôle de guerre ne dure pas, et Roger Stéphane se retrouve à Vichy. S'ensuit un tableau aussi brillant que féroce de l'Etat français. Stéphane rejoint la Résistance. Emprisonné puis libéré, il entre dans la clandestinité. Cinq années de l'histoire de France vécues par un jeune homme lettré, enthousiaste, parfois naïf, toujours courageux.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.