Aimable Urbain est un enfant de l'assistance publique. Il mène une vie robotique de vendeur dans une société de fournitures de bureau tout en étant le souffre-douleur de ses patrons, de leurs petits chefs et de ses clients. Un jour, Aimable rencontre un mystérieux vieillard fortuné, Léon Lilienthal, qui lui propose de venir travailler avec lui. Aimable n'en croit pas ses oreilles. Petit à petit, le vieux dévoile son jeu : comme au théâtre, il s'agit de jouer un rôle dans la vie réelle. Le but du vieillard est en effet de punir les bourreaux. Ses prochaines victimes vont être les bourreaux d'Aimable. Léon l'intronise No2 de son entreprise tentaculaire. Pour le public, Aimable est maintenant William Lilienthal, fils du grand patron. Il emménage dans son hôtel particulier et fait la connaissance de Louise, une femme d'une quarantaine d'années qui lui est présentée comme la fille de Léon. Aimable suit des cours de yoga et de rhétorique dans le but de manier l'art de la persuasion, de la transformation de soi à travers la parole. La docilité et l'innocence d'Aimable en font très rapidement un élève très doué. Durant cette phase de formation, Aimable dévoile également à Léon le don qu'il a de pouvoir jouer aux échecs sans regarder l'échiquier et d'exécuter les variantes qu'il apprises par coeur depuis son enfance. L'heure de la vengeance a sonné. Il est temps pour Aimable de jouer son rôle. Face à ses anciens patrons, il apparaît comme un requin blanc des affaires. Subjugués par la prestance du jeune homme et la confiance qu'il feint de leur témoigner, ces derniers passent du rôle de maîtres à celui de sujets et tombent complètement dans les affres de la manipulation. Mais pour Aimable, la situation dégénère : il tombe amoureux fou de Louise au point d'en faire une véritable obsession, se pose de plus en plus de questions sur les conséquences de ses actes et est de plus en plus hanté par les échecs. Alors que la représentation est finie, que ses anciens "maîtres" tombent dans les abysses de la société, Aimable est interné. Il se réfugie dans un monde clos, abstrait, où le machiavélisme n'a pas de prise. Pendant ce temps, Léon et son conseil d'administration (des peines), se réunissent afin de trouver de nouvelles victimes à punir... Derrière le récit étrange qui flirte avec l'au-delà, Les jouets est une brillante et cinglante critique de notre société du travail. Comme le montre l'auteur, la violence de notre société du travail est plus qu'une violence physique naissant d'une confrontation : larvée, elle détruit l'image que nous avons de nous-mêmes et prône l'idéologie du gagnant, de l'homme sans scrupule, prêt à tout pour doubler ses objectifs. L'homme de bureau décrit par Michel Steiner est un narcisse qui se complaît dans l'image déformée que lui renvoie la société à laquelle il participe, une image sans fond qui dépend totalement de ses supérieurs. Si elle se brise, s'il n'y a plus rien derrière, l'identité vole en éclats.
Nombre de pages
254
Date de parution
10/10/2001
Poids
312g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070762323
Titre
Les jouets
Auteur
Steiner Michel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
312
Date de parution
20011010
Nombre de pages
254,00 €
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Qu'est-ce que jouer ? Soumise à des psychiatres et à des psychanalystes, cette question pouvait promettre des textes savants et impersonnels. Il n'en est rien. Le joueur, c'est chacun d'entre eux dans son articulation intime au jeu. Michel Steiner a rassemblé autour de lui un collectif d'auteurs qui avaient tous en commun d'être psys et joueurs passionnés. Il en est résulté une oeuvre unique : treize récits ardents sur leur passion du jeu, toujours éclairés de leur érudition. La présente édition a été augmentée de deux textes inédits qui dénotent un recul tantôt critique, tantôt nostalgique. Reste qu'ici le ¡tueur n'est pas le patient, cet autre compulsif et dépendant dont le thérapeute questionne le comportement "addictif". Ce terme, très usité depuis le début des années 2000, prétend en désigner le pathos et fait entrer le jeu dans le champ médical. Mais le jeu est-il en soi une pathologie ? N'aurait-il pas plus à voir avec la poésie du hasard, l'émotion du "bon coup", la révolte de l'être ? Cependant qu'en filigrane nous sont aussi racontées la souffrance, la passion triste du joueur.
Né à Toulouse en 1946, Michel Steiner est docteur en psychologie et psychanalyste. Avec Mainmorte, il nous offre un roman à la construction vertigineuse et au style jubilatoire.
Des médecins, adeptes des chocs chimiques et électriques, soumettent les internés à l'horreur. Ces bourreaux, convaincus des vertus thérapeutiques de la douleur, de la peur et de l'humiliation, sont sauvagement exécutés par des érudits. Mais qui sont-ils ? Pourquoi traquent-ils Octave Lepgorin, un psychanalyste qui pourtant, comme eux, clame que les neuroleptiques soignent les institutions et non les fous ? Un drôle de flic féru d'histoire médiévale mène l'enquête dans cet obscur hôpital psychiatrique de campagne hanté par ses martyrs oubliés. Quel est le lien entre un manuel de l'Inquisition du XVe siècle, les pratiques insensées des aliénistes du XIXe et les traitements modernes de la folie ? Petites morts dans un hôpital psychiatrique de campagne : un roman noir antipsychiatrique dans lequel Michel Steiner porte un regard oblique sur l'histoire de la thérapeutique asilaire du XIXe siècle à nos jours
Pimol Pharma, une entreprise en pleine expansion et véritable micro-patrie, se trouve à deux doigts d'entrer en Bourse et de fusionner, lorsqu'en son sein éclate une série d'attentats burlesques. Jean Pimol, qui pourtant mérite le titre de " Manager de l'année ", perd les pédales. Dans son laboratoire, jour après jour, tout se détraque : le petit personnel est déstabilisé et la hiérarchie est dépassée. Qui est l'ennemi de ce patron despotique passé maître dans " l'art de mener paître le bétail humain ", ce platonicien de pacotille qui puise les principes de sa politique dans la philosophie comme on fait les poubelles ? La machine à jouir : un éclairage à la lumière noire sur l'univers de l'entreprise et des entrepreneurs.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.