Pour les écrivains américains informellement regroupés sous la bannière de l'école dite du Montana (ou de Missoula), et surtout aux yeux de Jim Harrison et de Thomas McGuane, Wallace Stegner (1904-1993) demeure la figure centrale - une manière de père spirituel - de la nouvelle littérature de l'Ouest. Publié en 1976 ? Vue Cavalière (The Spectator Bird), qui valut au romancier, quelques mois après sa parution, d'être couronné par le prestigieux National Book Award, est une méditation amère sur la difficulté qu'il y a à vivre "dans le temps " - et sans doute la meilleure introduction possible à l'?uvre de Stegner, laquelle est lue aujourd'hui dans le monde entier... Sauf en France. Un homme qui a le plus clair de sa vie derrière lui, et à qui presque tout semble avoir réussi, rouvre les pages d'un journal intime qu'il a tenu bien des années plus tôt à l'occasion d'un voyage en Europe, et y trouve la preuve de ce qu'il ne peut s'empêcher de considérer comme son échec : il se rend compte qu'il a passé à côté de l'essentiel, ses diverses activités ne lui ayant permis, au mieux, que de tuer le temps. Derrière ces notes jetées autrefois sur le papier bouge encore le grand rêve de liberté qu'il a enterré au fond de son c?ur, tandis que lui reviennent en mémoire les mille renoncements à cette même liberté qui ont formé le tissu ordinaire de ses jours. Avec lui, et avec Ruth, sa femme complice de toujours, nous lisons - nous relisons - cette chronique du désenchantement. Le présent regimbe à la mise au jour de ce passé qui le disqualifie. Le vieux couple, ébranlé par cette évocation décidément dure à avaler ? s'interroge et doute. La vie, à l'instant d'en finir s'insurge et proteste, consciente pourtant que les jeux sont faits. Dérisoire sursaut de la liberté captive - mais notre seule grandeur n'est-elle pas taillée à l'aune de cet inutile combat ? L'on voudrait faire ce livre à tous ceux qui pensent que la littérature américaine fait bon marché de la subtilité des sentiments.
Nombre de pages
267
Date de parution
06/02/1998
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782859405090
Titre
Vue cavalière
Auteur
Stegner Wallace
Editeur
PHEBUS
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19980206
Nombre de pages
267,00 €
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Résumé : En ces bouillonnantes années 1960, la jeunesse américaine se berce d'illusions et d'utopies. Joe Allston, agent littéraire à la retraite, regarde cette époque agitée avec ironie : revenu de tout, il regrette de n'avoir pas su créer avec son fils désormais décédé la relation qu'il aurait voulue. Seule l'affection que sa femme Ruth et lui portent à un jeune couple du voisinage les rattache encore au monde extérieur. Leur existence confortable et routinière va se voir chamboulée par l'installation d'une colonie de hippies à proximité. Entre indulgence et exaspération, Joe et Ruth vont se retrouver confrontés à une jeunesse qu'ils ne comprennent plus guère.
Entre souvenirs et réflexions sur la nature, Wallace Stegner, écrivain majeur de l'Ouest américain, livre un témoignage sur le monde aujourd'hui évanoui qui a inspiré l'ensemble de son oeuvre. C'est le monde de son enfance, celui des prairies du Montana et du Dakota, qui lui a appris à tendre l'oreille au bruit de l'eau des montagnes et à respecter la beauté immaculée de ses paysages. Ces lettres engagées transmettent ainsi la mémoire des hommes et des femmes qui ont fait l'Amérique d'aujourd'hui, guidés par des valeurs héroïques comme la grandeur d'âme ou la dignité.
Le public de langue française vient de découvrir enfin Wallace Stegner (1904-1993) en lisant Vue cavalière (Phébus, 1998), le roman qui lui avait valu en 1976 le National Book Award. Aux yeux des écrivains regroupés sous la libre bannière de l'école dite du Montana (ou du Missoula), cet Américain inclassable demeure la figure centrale - une sorte de père spirituel désenchanté - de la nouvelle littérature de l'Ouest. Un Ouest qui décline, entre humour, amertume et résignation, tous ses rêves de liberté mise à mal : un peu à la façon des héros de Conrad, fossoyeurs d'une aventure assassinée par le conformisme du troupeau. Un couple des années 70 (c'est celui de Vue cavalière, quelques années plus tôt), fatigué de l'Amérique civilisée, s'en va planter sa tente dans un trou perdu de Californie, espérant y trouver un peu de paix et de silence. Le malheur est qu'ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée, et qu'il n'est jamais facile, où qu'on soit, de voisiner avec ses congénères. Car les formes les plus sophistiquées de l'aliénation s'acclimatent partout, même au désert. L'on croit avoir fait le tour des choses, s'être déshabillé de l'idéologie, de la mondanité, l'on croit avoir enfin trempé son âme, et voilà qu'un retour de jeunesse vous fait fondre comme neige au soleil. Surtout quand l'amour, celui qu'on n'a pas su donner, celui dont on se sent indigne, celui auquel on continue d'aspirer contre toute raison, vous est tout ensemble offert et retiré. Le cri de l'enfant qu'on était hier, de l'enfant puni qu'on est resté en cachette, a beau monter en vous - " Je ne le referai plus ! " - il est trop tard. On souffre, on enrage, on voudrait pleurer, et 'puis un soupçon vous vient : et si cette contradiction, insupportable, s'appelait la vie, tout simplement ? La vie obstinément. Stegner n'est pas loin d'être ici à son plus haut. Conclusion du Washington Post: " L'un des plus grands écrivains de cette fin de siècle. "
Etrange, vraiment, que Wallace Stegner (1904-1993), écrivain considéré comme un maître par des gens comme Jim Harrison ou Thomas McGuane, couronné par tous les prix possibles et imaginables (Pulitzer et National Book Award compris), ait attendu si longtemps (1998) avant d'être traduit chez nous. Un homme qui croit avoir à peu près réussi sa vie rouvre le journal intime qu'il tenait vingt ans plus tôt et s'aperçoit qu'il n'est pas loin d'avoir tout raté. Humour, auto-dérision, mélancolie. Et une clairvoyance qui n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal. Sentiment de la presse unanime, à la sortie du livre en traduction française, résumé par Michel Polac : " Un chef-d'œuvre ! "
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