Après les grands succès qu'ont été La peinture italienne et La peinture moderne, cet ouvrage retrace l'aventure de la peinture occidentale aux XVIIe et XVIIIe siècles, âge d'or de la culture et de l'économie dans de nombreux pays, que l'on désigne sous le terme de " baroque ". Pendant longtemps, humanistes et artistes ont cherché à établir les canons de la beauté en se référant à l'Antiquité classique. Art des sentiments extrêmes, le baroque marque le dépassement audacieux de ces normes et recherche les effets théâtraux, spectaculaires et imprévus, tout en atteignant les profondeurs de l'âme humaine. Cet ouvrage réunit les plus grands maîtres de l'art des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que de nombreux artistes, moins connus, de très grand talent, qui concourent à la culture artistique de leur nation. C'est pourquoi son organisation correspond aux écoles des différents pays, et met en évidence que les plus grands chefs-d'?uvre ne sont pas les fruits isolés d'un génie créateur, mais qu'ils émergent d'un contexte historique et intellectuel dont ils deviennent le résumé et le symbole. Plus de cinq cents tableaux, tous reproduits en couleurs, permettent de suivre, de la fin de la Renaissance à l'aube du néoclassicisme, les étapes de cette histoire passionnante de la peinture baroque. On y trouve notamment le réalisme de Caravage, le mysticisme visionnaire de Greco, l'explosion fastueuse de Rubens, le classicisme de Poussin, la fantaisie lumineuse de Tiepolo.
De Capoa Chiara ; Zuffi Stefano ; Férault Dominiqu
L?historien de l?art milanais Stefano Zuffi (né en 1961) a publié pour Electa de nombreux ouvrages de popularisation culturelle, traduits en plusieurs langues.
Qui n'a pas vu au moins une représentation de la Chapelle Sixtine réalisée par Michel Ange ? Celle de la création d'Adam au bout des doigts d'un dieu vigoureux, celles des prophètes Joël et Isaïe ? Ces formidables scènes de la Genèse qui participent à la gloire du Vatican ne sont qu'un arbre cachant la forêt dans un genre artistique prodigieux, la fresque. C'est précisément son histoire qui est racontée là. De Giotto à Léonard de Vinci, de Raphaël à Piero della Francesca, de Boticelli à Fra Angelico. Rien de moins qu'un arc-en-ciel de peintres qui ont fait l'histoire de l'art. Intimement liée à la Renaissance italienne, expression picturale par excellence, exigeant maîtrise de toutes les techniques, la fresque a donné à l'Italie les couleurs du Nouveau Testament, du quotidien et de la vie à la cour. Si entre le XIVe et le XVIe siècle, elle permet de juger des talents ou du génie d'un artiste, elle rend compte aussi des modes d'existence des artistes saisis dans leur contexte. Épopée fascinante s'il en est, complétée ici par une lumineuse étude du travail de restauration de ces chefs-d'?uvre, sans quoi nous ne saurions les juger ni les admirer encore aujourd'hui. Avec une illustration d'une qualité remarquable qui fait que l'on ne se lasse pas de regarder les Stanze de Raphaël, les cellules de Fra Angelico, les portraits de Lorenzo Lotto... --Céline Darner
En Italie, les villas font partie des multiples merveilles qui attirent les visiteurs du monde entier. Les unes plus belles que les autres, longeant les rivières ou dominant les hauteurs des collines, surplombant la mer ou enserrées dans la verdure, elles sont présentes partout, ponctuant la campagne vénitienne, les collines toscanes ou les vergers d'agrumes de Sicile. Les villas italiennes constituent un phénomène à dimension à la fois architecturale et sociologique, remontant à l'empire romain et qui a atteint son apogée pendant la Renaissance, lorsque les artistes et les architectes collaboraient pour édifier et décorer de somptueux édifices, enviés et copiés dans le reste du monde. La villa est en général entourée d'un jardin de style classique, le célèbre "jardin à l'italienne", un petit paradis privé où se mêlent, à chaque détour, l'art et la nature. Entre jardins botaniques, rangées d'arbres sagement alignés, sculptures et lacs artificiels, des jardins paysagers du seizième siècle aux vastes parcs néoclassiques, les villas italiennes et leurs merveilleux jardins composent des panoramas uniques et inoubliables.
Ce livre reproduit comme jamais auparavant, à travers de saisissants détails en double page, les deux douzaines d'oeuvres attribuées à Léonard de Vinci (1452-1519). Léonard par le détail s'organise selon des chapitres thématiques qui explorent les motifs des sourires, des gestes, des enfants, des animaux et de la nature présents dans les oeuvres du peintre. Stefano Zuffi s'érige en guide à travers cet ouvrage, il explique la signification de chaque détail dans un vocabulaire clair et accessible et offre des aperçus originaux des oeuvres les plus connues telles que Mona Lisa, La Cène et La Dame à l'hermine. Le "maitre florentin" est considéré comme l'un des plus grands peintres de l'Histoire de l'art de tous les temps. Souvent décrit comme l'archétype de l'homo universalis, il était l'incarnation du polymathe de la Renaissance, ses connaissances s'étendant à des champs aussi divers que l'astronomie, la peinture, la sculpture, les sciences, les mathématiques, l'ingénierie, la cartographie et l'architecture. Le vrai génie de Léonard tient dans la combinaison des sciences et des arts : sa peinture reposait sur une compréhension profonde des fonctionnements du corps humain et des règles physiques de l'ombre et la lumière.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.