Un livre indispensable pour tous ceux qui sont intéressés par l'histoire de la géographie et de l'aménagement. Avec rigueur et clarté, l'auteur contribue à une meilleure compréhension de la pensée sociale de la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Cet ouvrage contribue à l'élaboration de perspectives nouvelles en histoire et épistémologie des sciences. Olivier Soubeyran y montre l'intérêt de partir de l'étonnement, du fait étonnant, afin d'échapper aux paradigmes dominants ainsi qu'aux tautologies qui s'immiscent insidieusement dans nos interprétations. En restant proche des formes du texte analysé, en y repérant les traces d'un sujet actif dans la production de connaissances, Olivier Soubeyran relève les structures d'argumentation, les dynamiques du discours qui produisent des systèmes de pensée. Afin de comprendre l'écart qui apparaît entre les observations attendues en amont de l'analyse et les observations constatées en fonction de cette méthode, l'auteur élabore une notion originale, "l'imaginaire disciplinaire", qui ouvre la voie à de nouvelles approches de l'évolution des sciences. Dans ses interprétations, notamment celle de la géographie coloniale à la manière de Marcel Dubois et celle de l'importance du néo-lamarckisme, Olivier Soubeyran souligne à quel point s'entrecroisent les fondements de la géographie humaine et de l'aménagement. Vincent Berdoulay, Président de la Commission d'Histoire de la Pensée Géographique, U. G. I. La notion d'imaginaire disciplinaire a le mérite de fournir un lieu où l'objectif et le subjectif, le politique et le social, le technique et le spéculatif se rencontrent. Mieux, ce concept revêt une portée générale, car il s'applique, mutatis mutandis, à toutes les sciences et disciplines. André Corboz, Professeur à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich. Ce livre montre comment en observant des archives relativement minces et découvertes à la lueur d'une nouvelle hypothèse, (...) il est possible de reconstruire l'histoire d'une discipline, ses racines et ses développements, les raisons de son débat interne et la place qu'elle occupe dans la société. Bernardo Secchi, Professeur à l'Université de Venise.
Nombre de pages
480
Date de parution
01/09/1997
Poids
672g
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EAN
9782738438218
Titre
Imaginaire, science et discipline
ISBN
2738438210
Auteur
Soubeyran Olivier
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
672
Date de parution
19970901
Nombre de pages
480,00 €
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La question des changements climatiques pose avec une insistance croissante celle de l'adaptation, au-delà de ce que les politiques d'atténuation peinent à obtenir pour ralentir le réchauffement de la planète. Dans ce contexte, de nouvelles perspectives sont ouvertes pour concevoir l'aménagement des territoires à toute échelle. Puisant dans l'expérience française, mais aussi étrangère, il appelle à une véritable mutation de la pensée aménagiste afin rendre complémentaires écologie,éthique et démocratie. Cette transformation est analysée à la lumière d'un examen approfondi des enjeux qui la conditionnent, notamment : le rapport humain à la nature ; le renversement de la démarche immunitaire de la société vis-à-vis de l'environnement et le danger posé par les solutions qui, prenant acte de l'incertitude, visent à substituer la prévision par la préemption face aux possibilités d'évènements catastrophiques. Comment, alors, dépasser les solutions socialement et territorialement excluantes d'une partie de la population, voire liberticides pour tous ? C'est finalement à une conversation entre la nature, les autres et nous-mêmes que cet ouvrage nous invite.
L' " ÉCOLOGIE; URBAINE " exprime la demande sociale et politique en faveur d'une ville qui serait plus écologique et qui répondrait mieux à l'insatisfaction profonde de la société pour son cadre de vie. Or, l'urbanisme contemporain éprouve de grandes difficultés à répondre à cette demande. L'objet de ce livre est de comprendre les raisons de cette incapacité, pour pouvoir les dépasser. En partant de l'histoire récente de l'écologie urbaine, les auteurs soulignent la nécessité de retrouver dans l'histoire de l'urbanisme les éléments porteurs d'une pensée écologique. Ils montrent que, dès le début du XXe siècle, toute une configuration de penseurs et d'acteurs de l'urbanisme cherchaient à rendre compatibles science de l'action et connaissance du milieu, analyse scientifique et prospective. Cette " école française de l'écologie urbaine " renvoyait délibérément à l'environnement, à la connaissance scientifique et à l'élaboration de modèles d'action plaçant le milieu au centre de leurs préoccupations. Les auteurs expliquent pourquoi cette école n'a pas réussi à se perpétuer, la compétition entre disciplines se terminant par l'élimination des idées porteuses de l'approche écologique en urbanisme. Ainsi, bien des difficultés pour rapprocher écologie et urbanisme remontent au début du XXe siècle. C'est au prix de ce détour et de ce diagnostic que s'ouvre la voie d'une démarche prospective dans ce domaine si important pour l'avenir.
Nos sociétés modernes se sentent en rupture face a ce qu'elles ont fabriqué. Crise environnementale, changements climatiques, risques et insécurités marquent cette rupture et, face à elle, notre perplexité à comprendre et à agir : d'une part, nous commençons à dépendre des conséquences imprévues et menaçantes de nos actes ; d'autre part, nous voyons se dresser contre nous une seconde nature composée de tous les exclus de la modernité - les non-modernes (migrants du Sud, marginaux, ruraux sédentaires), les non-humains (entités environnementales) ou encore des sur-natures (religions, croyances...). Or ces séries d'exclus étaient tout à la fois la condition et la conséquence pour que la société moderne puisse croire à sa maîtrise sur la nature et sur elle-même. Les cosmopolitiques - ces politiques du monde (kosmos en grec ancien) repensées par Isabelle Stengers et Bruno Latour - s'appuient sur ce constat pour élargir la politique à d'autres êtres que les humains. Leur dimension planétaire leur est conférée par les risques globaux qui pèsent désormais sur l'ensemble de la planète. Cet ouvrage collectif explore les implications de cette mutation du politique dans les différents champs disciplinaires et professionnels, et notamment celui de l'aménagement du territoire. Trois questions seront abordées plus particulièrement : la recomposition du collectif (avec qui, avec quoi devrons-nous cohabiter et comment le faire ?) ; la participation du public (comment associer la définition d'un problème public et celle du public concerné ?) ; les transformations de l'aménagement du territoire (comment rendre crédible, sensée et utile une pensée de l'aménagement bousculée par la question environnementale ?).
Quelle est la part de nouveauté qu'engagent les préoccupations actuelles pour un " développement durable " ? Dans quelle mesure nos approches scientifiques et opérationnelles sont-elles redevables de réflexions et d'expériences antérieures ? Le discours actuel du développement n'est-il pas réminiscent de celui de la colonisation d'il n'y a pas si longtemps ? Il fallait donc revisiter certaines des approches scientifiques et pratiques expérimentées autrefois. C'est ce à quoi s'attache cet ouvrage issu des travaux d'une équipe internationale de chercheurs, initialement réunis sous l'égide de l'Union Géographique Internationale, qui intéressera tout public désireux de mettre en perspectives les idées et pratiques contemporaines et, tout particulièrement, de se situer à la croisée de la réflexion et de l'action. " Une façon d'immuniser la problématique du développement durable contre l'effet de mode est de l'inscrire dans le temps long, car il ne s'agit pas seulement de le situer dans son devenir, selon la perspective habituelle, mais aussi de l'arrimer à la fondation même de la pensée aménagiste moderne. C'est le pari original que cet ouvrage relève de façon magistrale, en montrant la pertinence d'une mise en perspective à la fois historique, culturelle et disciplinaire du développement durable. " Michel Gariépy, Doyen de la Faculté d'Aménagement de l'Université de Montréal. " Ce livre nous propose un subtil jeu de miroir entre l'expérience aménagiste de la colonie et les enjeux actuels du développement durable. D'une façon originale et très éclairante, il nous fait découvrir l'utilité, voire la nécessité, du détour colonial, pour enrichir les débats autour de la question environnementale et de l'aménagement. " Michel Marié, Directeur émérite de recherche au CNRS.