Vu des Émirats arabes unis, et plus largement de la péninsule Arabique, le monde prend une configuration différente de celle qui est familière aux historiens de l'Occident, fût-il méditerranéen. Tout le monde romain antique y compris sa partie orientale devenue l'Empire byzantin, est à l'Occident. L'Orient tout proche, c'est l'Inde ; plus lointain, c'est la Chine, voire le Japon. Or c'est en Arabie qu'est apparu l'Islam au début du VIIe siècle, et son expansion à la rencontre des grandes cultures du monde a été le phénomène majeur de l'histoire du Moyen Âge. Ce livre aborde les chocs et premiers échanges, au moment de la conquête musulmane et dans les siècles qui ont immédiatement suivi : vers l'ouest avec le monde franc, mais surtout avec le monde byzantin ; vers l'est où les élites guerrières arabes ont affronté les élites chinoises et turques, où un véritable dialogue de culture a pu s'établir avec l'Inde et où des produits de la région du Golfe ont peut-être atteint le Japon. Les auteurs considèrent ensuite, dans la période centrale du Moyen Âge, différents affrontements comme les croisades, dont la dureté n'empêchait pas les guerriers antagonistes de s'estimer mutuellement. Des élites musulmanes ont pu apprécier l'honneur des chevaliers francs. Des chevaliers francs ont pu développer un rêve oriental. Au-delà des affrontements se développent des échanges culturels, objets d'un troisième volet : quelles connaissances de l'Islam en Occident ? Quelle connaissance des sciences arabes ? Quelle connaissance de l'Orient par les marchands vénitiens. Conçu par les médiévistes de l'université Paris-Sorbonne (historiens et historiens de l'art) qui enseignent à la Sorbonne d'Abou Dhabi, cet ouvrage entend contribuer à la réflexion et aux expériences menées actuellement aux Émirats arabes unis pour la rencontre des cultures du monde, aujourd'hui et demain.
Nombre de pages
234
Date de parution
15/03/2012
Poids
596g
Largeur
221mm
Plus d'informations
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EAN
9782840508298
Titre
L'Islam au carrefour des civilisations médiévales
Auteur
Sot Michel ; Barthélemy Dominique
Editeur
SUP
Largeur
221
Poids
596
Date de parution
20120315
Nombre de pages
234,00 €
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L'écriture de l'histoire est un très ancien souci des hommes, à la recherche de leur passé pour mieux comprendre le présent. Ecrire l'histoire de son église, surtout quand l'historien est un prêtre _ dont la fonction liturgique essentielle est de " faire mémoire " _ implique passion sans doute, mais aussi méthode. Au milieu d'un Xe siècle trop souvent présenté depuis la Rennaissance comme un " siècle de fer ", voici qu'après avoir appris son métier en consignant avec précision des Annales et en composant une grandiose épopée du christianisme (Les Triomphes du Christ), le chanoine Flodoard rédige une Histoire de l'Eglise de Reims, depuis ses origines romaines jusqu'en 948. Reims prend ainsi sa place parmi les augustes cités. Elle aurait été fondée par Remus au temps où Romulus fondait Rome. De Rome, elle aurait reçu par saint Pierre lui-même ses premiers évêques. Par saint Remi de le baptême de Clovis, elle a fait entrer le peuple franc dans la grande histoire, la seule qui vaille, celle du christianisme. Pour écrire l'histoire de ces temps mythiques, Flodoard a exploité des classiques païens ou chrétiens comme Tite-Live, César et Orose, mais surtout il s'est fait archéologue : il a interprété les plus anciens monuments de la cité. Il s'est ensuite installé dans les archives de la cathédrales pour y suivre la constitution du patrimoine ecclésiastique, montrer comment, du VIe au IXe siècle, se sont mises en place les principales institutions, jusqu'à l'archiépiscopact du prestigieux Hinemar (845-882) dont il inventorie la très riche correspondance. A ce moment-là, s'affirme vraiment l'église de Reims dans les faits, tandis que l'Empire carolingien se divise. Par-delà les frontières du partage de Verdun (843), les archevêques de Reims entretiennent un réseau européen de relations qui prolonge le projet impérial des Carolingiens. Mais l'historien est d'abord homme de son temps. En écrivant cette Histoire, Flodoard portait en lui les questions posées par les troubles de la première moitié du Xe siècle qu'il décrit dans son dernier livre. Il a inscrit ses réponses dans le temps très long d'une histoire plus que millénaire. Il les a inscrites aussi dans les espaces vécus par ses contemporains. La ville de Reims, les biens dépendant de son église, les lieux où ont été portées des reliques de saints rémois et les destinataires de la correspondance des archevêques dessinent des ensembles de lieux qui sont, pour les lecteurs de Flodoard, la garantie de vérité du récit de l'historien. Michel Sot est professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris X.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Ce livre est une monographie du Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Il cherche à mettre en lumière, au sein de la presse juive de l'époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l'élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation. Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l'Empire dans lequel elle s'inscrit. Face aux défis que représentent l'occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l'identité juive, ottomane et salonicienne. Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques " mineures " du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l'avenir de leur communauté.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.