Les notions de vice, de péché ou d'immoralité, déjà, apparaissent obsolètes. Essayer de comprendre les vices, c'est risquer de passer pour un misanthrope réactionnaire ou un moralisateur à l'esprit étroit. Celui qui tend un miroir à ses contemporains a toujours attiré les rires embarrassés, la colère ou la calomnie. L'antique admiration pour la perfection semble tout aussi perdue que le sens de la dépravation morale. Rien ne semble plus anachronique que de douter du bonheur terrestre, que de faire référence au devoir et à la mesure. En des temps de divertissements à courte vue, ce qui compte, c'est la satisfaction immédiate des envies, non le jugement critique que l'on porte sur elles. Depuis que l'indifférence a été érigée en tolérance universelle, tout est permis ou presque. Nombre de contemporains sont extrêmement indulgents envers eux-mêmes. Ils concèdent en haussant les épaules avoir été menteurs, hypocrites, vaniteux, avares ou cupides." Le projet des Lumières, d'amélioration morale du genre humain, a complètement échoué. Qui veut parler du bien ne peut pas garder le silence sur le mal. Mais qui veut parler du mal doit avant toute chose étudier les mauvaises habitudes, les errements et les défauts, tous les vices, qui participent du mal véritable. Avec un regard infaillible, Wolfgang Sofsky sonde les lois de l'immoral et explore tout le spectre des vices: "Le tribunal de leur conscience est enfoui si profondément en eux qu'ils n'en perçoivent quasiment plus la voix."
Nombre de pages
240
Date de parution
08/03/2012
Poids
245g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782842423032
Titre
Le Livre des vices
Auteur
Sofsky Wolfgang ; Charbonneau Patrick
Editeur
CIRCE
Largeur
119
Poids
245
Date de parution
20120308
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Etat, arme, passion, douleur, torture, exécution, combat, chasse, massacre, destruction des choses : en quelque douze courts chapitres, Wolfgang Sofsky traite des formes diverses de la violence contemporaine. Pour ce faire, il recourt à l'un des procédés classiques de la philosophie politique, de Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau jusqu'à John Rawls : la petite fiction qui dit, en un bref récit imaginaire, l'instauration originaire d'un ordre et de la violence nouvelle dont il est inéluctablement porteur. Car on trouve dans ce Traité la même interrogation - déplacée, élargie - qui anime la réflexion de Wolfgang Sofsky depuis ses précédents travaux consacrés aux camps de concentration nazis, à l'ordre de la terreur : pourquoi, comment la violence, sous les formes les plus variées, accompagne-t-elle le développement de la culture puisque force est de constater que celle-ci nourrit celle-là ?
Un homme pénètre dans un lieu public, ouvre son sac, vide son chargeur sur quiconque, sans distinction. Des miliciens, au petit jour, surgissent en camion, encerclent un village, trient la population, séparent femmes et enfants d'un côté, adultes et adolescents de l'autre, puis ils les tuent, avec la délectation d'assassiner ceux qui hier encore étaient leurs voisins, leurs amis, leurs compagnons de jeu. Des gens se pressent, s'activent, tout à la routine du cours de la vie ordinaire ; soudain, un éclair, une explosion, l'immeuble s'effondre, engloutissant ses occupants. Trois situations qui sont, désormais, pour qui se tient à l'écoute du monde, son quotidien, ou presque. Bientôt, cependant, chacun s'empresse d'apporter des explications, trop générales pour éclairer chaque cas particulier, trop particulières pour rendre compte de leurs similitudes. Car folie meurtrière, terrorisme ou actes de sauvagerie guerrière mettent au défi l'entendement : situations de déstructuration absolue des normes et des valeurs sociales, elles semblent pourtant, les unes et les autres, reproduire des schémas identiques, quelle que soit l'histoire, individuelle ou collective, de leurs agents. Comment dès lors rendre compte du paradoxe de ces formes de violence ...
Etat, arme, passion, douleur, torture, exécution, combat, chasse, massacre, destruction des choses : en quelque douze courts chapitres, Wolfgang Sofsky traite des formes diverses de la violence contemporaine. Pour ce faire, il recourt à l'un des procédés classiques de la philosophie politique, de Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau à John Rawls : la petite fiction qui dit, en un bref récit imaginaire, l'instauration originaire d'un ordre et de la violence nouvelle dont il est inéluctablement porteur. Car on trouve dans ce Traité la même interrogation - déplacée, élargie - qui anime la réflexion de Wolfgang Sofsky : pourquoi, comment la violence, sous les formes les plus variées, accompagne-t-elle le développement de la culture puisque force est de constater que celle-ci nourrit celle-là ? Ici, nulle thérapeutique lénifiante n'est proposée. Il y est simplement, uniquement, question d'une clinique : celle, sombre mais décapante, des violences de la culture aujourd'hui.
Wolfgang Sofsky discerne dans les pratiques de surveillance de notre époque, et plus encore dans les motivations de ceux qui les mettent en place, une menace réelle et immédiate pour la liberté des citoyens, y compris dans les démocraties qui semblent les plus solides. Il apporte ici une pierre importante à la réflexion sur l'organisation et la préservation des libertés individuelles dans les démocraties occidentales.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.