« Une fois il l'avait entendu parler comme à un chien à un surveillant qui n'était plus là et que d'autres enfants appelaient le blédard. [...] Ikar n'avait pas aimé ça, car avant que son père ne meure il se souvenait que plusieurs fois, des flics l'avaient insulté de sale raton et de métèque, de sale étranger. D'ailleurs, il en avait une lui aussi, de carte de séjour, il n'avait pas eu l'immense honneur de naître en France. [...] Il s'assit et dit « On va attendre tranquillement que le police vienne connasse. » Ikar ne pensait plus à son chantage ni rien. Il se sentait fort. Un nouveau plan s'était formé dans sa tête. Quand les flics viendraient il ferait l'enfant traumatisé et pleurerait des litres de larmes. Quand le flic se pencherait pour l'aider il le planterait comme un couteau rentre dans le beurre. Il aurait sa vengeance. » À couteaux tirés, second recueil de nouvelles de Skalpel, aligne des histoires, inspirées de son vécu, qui tentent d'explorer la violence, les résistances, le quotidien dans les marges du territoire français. La puissance brute de l'écriture, la crudité du verbe font de ces nouvelles un exemple d'une nouvelle littérature noire en mal de reconnaissance. Si la littérature noire américaine est désormais reconnue en France et largement traduite, son équivalent qui émerge des bas-fonds de la société française demeure inexistant. Comme si les réalités froides et brutales que cette littérature explore voulaient être tenues à l'écart, réduites au silence. À sa manière, c'est ce silence qu'À couteaux tirés entend commencer à briser. Un recueil de nouvelles accompagné d'un CD de 15 titres inédits, le 6e album solo de Skalpel.
Nombre de pages
93
Date de parution
28/01/2014
Poids
154g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782849504048
Titre
A couteaux tirés. Avec 1 CD audio
Auteur
SKALPEL
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
130
Poids
154
Date de parution
20140128
Nombre de pages
93,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
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Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.