La " révolution scientifique " désigne traditionnellement, on le sait, les changements profonds qui affectèrent les savoirs scientifique et philosophique au XVIIe siècle. Descartes, Mersenne, Newton, Galilée... furent les artisans de ce tournant qui vit naître, dit-on, la science moderne. Dès l'ouverture de son ouvrage, Steven Shapin corrige le regard souvent caricatural que l'on porte sur cette époque et s'attaque à ce qu'il considère comme un mythe épistémologique : " Il n'aura pas eu de Révolution scientifique ", affirme-t-il, mais la fabrication de savoirs ressortissant à des finalités souvent pratiques : des ruptures ponctuelles et locales à l'intérieur de continuités fortes. Que connaissait-on de la nature au XVIIe siècle ? Par quels moyens ? A quoi ce savoir servait-il ? Examinant successivement ces trois questions, Steven Shapin bouscule quelques idées reçues : l'expérimentation trouva d'ardents défenseurs mais aussi de nombreux sectateurs : le triomphe des mathématiques n'alla pas sans scepticisme : et les philosophes mécanistes, loin de renoncer aux vérités de la foi, eurent souvent le souci de célébrer l'?uvre divine à travers l'étude des phénomènes physiques. Ainsi resitués dans leur époque et dans un contexte économique, politique et social précis, les bouleversements du savoir à l'époque moderne deviennent autant de repères pour penser les pratiques scientifiques de notre temps.
Nombre de pages
260
Date de parution
01/11/1998
Poids
290g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782082112345
Titre
La révolution scientifique
Auteur
Shapin Steven
Editeur
FLAMMARION
Largeur
136
Poids
290
Date de parution
19981101
Nombre de pages
260,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Au XVIIe siècle, on le sait, Thomas Hobbes a fondé la science politique, et Robert Boyle la méthode expérimentale. Dans ce livre aussitôt devenu un classique, Steven Shapin et Simon Schaffer ont étudié en détail aussi bien la science de Hobbes que la politique de Boyle. Ils centrent leur récit sur l'invention du laboratoire, de cet instrument nouveau et coûteux qu'est la pompe à air, et sur la création d'une communauté scientifique, nouveau pouvoir qui peut parler des faits avec autorité. Au XVIIe siècle, on le sait, Thomas Hobbes a fondé la science politique, et Robert Boyle la méthode expérimentale. Mais, on l'avait oublié, l'un comme l'autre ne s'en tenait pas à sa spécialité : ils se disputaient copieusement, créant à travers leurs conflits l'essentiel des ressources que nous utilisons toujours aujourd'hui pour penser les rapports de la politique et de la science. Dans ce livre aussitôt devenu un classique, Steven Shapin et Simon Schaffer ont étudié en détail aussi bien la science de Hobbes que la politique de Boyle. Ils centrent leur récit sur l'invention du laboratoire, de cet instrument nouveau et coûteux qu'est la pompe à air, et sur la création d'une communauté scientifique, nouveau pouvoir qui peut parler des faits avec autorité. Comment réconcilier l'artifice du laboratoire et l'autorité de ces témoins savants avec cet autre artifice, le Léviathan, construction humaine qui permet à la fois la liberté des citoyens et l'autorité absolue du pouvoir ? C'est tout l'objet de la querelle au cours de laquelle se définit notre modernité, l'invention d'un pouvoir scientifique à la fois proche et séparé du pouvoir politique. Écrit par les deux meilleurs spécialistes de la nouvelle histoire sociale des sciences, laquelle, dans les pays de langue anglaise, a révolutionné notre conception des sciences, de la société et de l'histoire, ce livre intéressera aussi bien les anthropologues et les philosophes que les politologues. En nous plongeant dans les querelles religieuses, politiques et scientifiques du XVIIe siècle, ce livre capital nous force à redéfinir profondément notre (post)modernité.
Quelles sont les conditions nécessaires à l'existence d'un bien collectif comme le savoir ? Comment distinguer le vrai du faux ? Selon quels critères accorder sa confiance ? Dans Une histoire sociale de la vérité, Steven Shapin raconte comment la notion de "vérité scientifique" s'est constituée dans l'Angleterre du XVIIe siècle. Il recrée avec élégance l'univers des gentilshommes philosophes (Francis Bacon et Robert Boyle en tête) à une époque cruciale pour la science moderne. Il livre un tableau très vivant des relations entre culture mondaine et pratique scientifique. Les codes de conduite des gentilshommes d'alors prônant la confiance, la courtoisie, l'honneur et l'intégrité ont en effet fourni des solutions efficaces aux problèmes de crédibilité de la science, et garanti la fiabilité des connaissances sur le monde. A partir de ce récit historique détaillé, Steven Shapin discute plus largement de l'établissement du savoir factuel en science, mais aussi dans la vie quotidienne. Sa peinture des moeurs des gentilshommes philosophes lui permet d'illustrer l'affirmation selon laquelle la confiance est impérative dans la constitution de tout savoir, qui reste avant tout une entreprise collective. Un ouvrage devenu l'une des références internationales incontournables de la sociologie des sciences et des sciences sociales dans leur ensemble.