Le monde manque définitivement d'hommes capables de reprendre les diplomaties en main, et d'imposer par la force des esprits et du mouvement collectif des consciences les solutions appropriées sans lesquelles les guerres qui s'annoncent seront encore plus cruelles que celles de 1945. En prenant uniquement la situation des autocraties africaines, il faut sérieusement craindre qu'au radicalisme des pouvoirs ne succède celui des oppositions avec un éclatement des centres de décision qui nous ferait plonger dans des nébuleuses de type Al Qaeda. Il est donc devenu urgent de réinventer la diplomatie, pour trouver les nouveaux termes de référence, les nouvelles valeurs, et les nouveaux mécanismes qui atténueront la tendance aux régimes dominés par les familles, les villages, les ethnies et les clans solitaires. La prolifération de ces régimes monocolores et ethnocentrés fait craindre le pire, et marque le retour à la sauvagerie. Pourtant, rien ne devrait nous pousser de façon irrémédiable vers un extrémisme sans retour. Personne de conscient n'aurait intérêt aujourd'hui à se condamner ou à s'enfermer dans une option du tout ou rien, dont on a trop vu les ravages dans l'histoire de nombreux peuples.
Nombre de pages
237
Date de parution
27/06/2008
Poids
340g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296061316
Titre
Repenser la diplomatie. 2004
Auteur
Shanda Tonme Jean-Claude
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
340
Date de parution
20080627
Nombre de pages
237,00 €
Disponibilité
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Une analyse objective des avancées les plus marquantes dans la coopération entre les Etats et la c?xistence pacifique entre les peuples montre que les événements, les faits et les actes déterminants font rarement l'objet de grands tapages médiatiques et passent parfois presque inaperçus. Tout le système de pondération de l'influence des Etats se trouve ici remis en cause ou réorganisé et c'est, à terme, une redistribution des cartes au sein des principales organisations internationales qui se dessine.
Sommes-nous donc rentrés en arrière ? Dans son discours qui annonce la réplique aux attentats terroristes du 11 septembre 2001, le président des Etats-Unis souligne bien que la guerre sera longue et mettra en œuvre aussi bien des actions ouvertes et publiques que des actions secrètes. De plus alors que, tirant les leçons des dérapages de la CIA durant la guerre du Viêtnam et pendant toute la durée de la guerre froide, le Congrès des Etats-Unis avait formellement interdit des actions clandestines et les meurtres, le même Congrès vota des pleins pouvoirs pour la lutte contre le terrorisme. En somme, la CIA et les principales agences de renseignement, d'espionnage et de contre-espionnage, ont à nouveau les mains libres pour opérer diverses manipulations et opérations. Il n'y a donc plus rien d'illégal. A l'intérieur même du pays, les libertés sont en réalité mises entre parenthèses.
L'Europe ne semble plus accepter toujours pour argent comptant toutes les initiatives de Washington. Et dans cette optique, la position collective des pays arabes qui émerge depuis quelques jours montre que, de part et d'autre, on prend petit à petit la mesure de la gravité d'une carte blanche donnée au président américain. Une attaque contre l'Irak est de plus en plus analysée comme un désir de vengeance sans rapport avec la réalité, et surtout sans fondement juridique et diplomatique. Les Etats-Unis font plutôt peur dorénavant. Une grande puissance qui ne craint pas de s'amuser avec les armes nucléaires comme de banals jouets de noël n'est donc plus digne de confiance. Comment valablement conserver cette respectabilité morale et religieuse qui parcourt toutes les philosophies de plusieurs siècles de valeurs américaines, si l'on admet la possibilité de balancer l'arme nucléaire sur le moindre récalcitrant, et à la moindre occasion ! Non !
En cette veille de fin de l'année 2003, ce sont des images tristes et effrayantes à la fois qui donnent le ton de ce que nous avons été ou de ce que nous sommes devenus en douze mois : ici c'est la misère totale, là c'est la guerre, ailleurs c'est la rupture, pendant que plus loin les bombes pleuvent et que le président des Etats-Unis est obligé de se cacher pour rendre une visite à ses troupes sur l'aéroport de Bagdad. Voyons, à Yaoundé, les rues à la veille des fêtes sont tristement vides et les fonctionnaires campent devant les banques. " Il n'y a pas d'argent ", entend-on clamer dans les milieux les plus autorisés. Le pays est devenu plus pauvre, rongé par une des pires formes de mauvaise gouvernance dont on a vu les ravages au Zaïre de Mobutu, mais cette fois doublée d'une institutionnalisation du tribalisme qui n'envie rien à la bêtise de " l'ivoirité ". Les détournements ne concernent que des montants en milliards, et la presse locale, sans être démentie officiellement, évoque des actes récents de cette nature dont se seraient rendus coupables des membres du gouvernement. A Conakry, un presque mort-vivant, pris au piège d'un diabète impitoyable, s'accroche au pouvoir, et ne trouve rien de plus ridicule pour le faire savoir que de voter sans sortir de sa voiture. Monsieur le général Conté a tenu à aller jusqu'au bout avec son semblant d'élections, pour faire comme Eyadéma du Togo, comme Ould Taya de Mauritanie, et comme Ben Ali de Tunisie. Bandes de vampires assoiffés de privilèges, d'honneurs et de prestiges, ces autocrates ont utilisé l'année 2003 pour réinstituer des présidences à vie et s'imposer à leurs peuples pour l'éternité, là où nous attendions la démocratie
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...