
J'ai péché, péché dans le plaisir
En mettant en parallèle les vies de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad (1935 – 1967) et celle de l’autrice française Marie de Heredia (1875-1963), Abnousse Shalmani met en dialogue l’improbable duo de la Belle Epoque et de l’Orient. Ces deux portraits féminins s’articulent autour du désir d’amour et de sensualité – mais alors que Marie de Heredia jouissait de la liberté à laquelle elle aspirait, Forough a vécu dans le cadre littéraire trop rigide de l’Iran des années 50.
Téhéran, 1955. A la suite d'une lecture de ses poèmes, le regard de Forough Farrokhzad (1934-1967), égérie des milieux littéraires iraniens qui n'a que vingt ans, est accroché par celui d'un jeune homme. Elle s'apprête à repousser les avances de Cyrus, ou la Tortue, comme elle le surnomme, et ignore qu'il va bouleverser son existence. Erudit, francophile, Cyrus lui traduit en persan les poèmes de Pierre Louÿs tout en lui racontant la vie du poète et celle de son grand amour, Marie de Régnier. A travers celle de Marie, Forough entrevoit la vie dont elle aurait rêvé. Grâcieuse, intelligente, perverse, la fille du grand poète José-Maria de Heredia est une des reines de la très libre Belle Epoque, tout Paris se l'arrache. Elle collectionne amants et maîtresses, publie sans cesse et s'amuse dans les salons les plus prestigieux. La poétesse iranienne, elle, mariée à 16 ans à un artiste sans fantaisie, est bridée par sa famille, son militaire de père et les moeurs de son pays. Tout le monde s'épie, tout se sait. Mais Forough ne sait qu'être libre et provoque scandale sur scandale au fil de la parution de ses recueils. Elle célèbre la chair, la vie, l'émancipation et ne se renie pas. Toute son existence, Forough cheminera avec l'histoire de Marie de Régnier et de Pierre Louÿs au coeur, au point de venir à Paris avec Cyrus, sur les traces des deux amants et de leur cohorte d'amis, Claude Debussy, Marcel Proust, Léon Blum, Liane de Pougy et Nathalie Clifford-Barney. Sa mort tragique, à 32 ans, mettra un terme à son oeuvre d'une immense intensité, qui en fait sans aucun doute la plus grande poétesse de l'Iran contemporain. Dans ce roman puissant et subtil, au rythme effréné, Abnousse Shalmani met en regard les vies extraordinaires de ces deux écrivaines qui firent toujours le choix de la passion, amoureuse, poétique ou purement sensuelle, au risque de s'en brûler les doigts. Une ode très contemporaine à la liberté artistique et à celles qui ne renoncent jamais, en Occident comme en Orient.
| Nombre de pages | 190 |
|---|---|
| Date de parution | 10/01/2024 |
| Poids | 236g |
| Largeur | 130mm |
| EAN | 9782246815457 |
|---|---|
| Titre | J'ai péché, péché dans le plaisir |
| Auteur | Shalmani Abnousse |
| Editeur | GRASSET |
| Largeur | 130 |
| Poids | 236 |
| Date de parution | 20240110 |
| Coup de coeur de | Aurélie |
| Nombre de pages | 190,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Eloge du métèque
Shalmani AbnousseRésumé : Quel point commun entre les Hébreux, Martin Eden, Romain Gary, la muse de Baudelaire Jeanne Duval, Modigliani, Hercule Poirot ou les rôles interprétés par Ava Gardner ? Tous sont des métèques. Un mot qui, en Grèce antique, désigne simplement celui qui a changé de cité, avant de devenir une insulte sous la plume de Charles Maurras puis d'être réhabilité par la chanson de Georges Moustaki en 1969. Le métèque prend alors cette signification d'autre par essence, d'étranger générique. C'est ce mot, aujourd'hui un peu désuet, qu'Abnousse Shalmani vient revaloriser. Car le métèque est en réalité bien plus qu'un mot. C'est la figure de transfuge par excellence : cet autre aux semelles de vent, qui sait qu'il devra repartir un jour, celui qu'on ne peut jamais enfermer dans un seul lieu ou une seule identité, voué à intriguer, voire à effrayer, à trouver une embuche dans le regard de l'autre. Celui qui vit dans une identité mouvante, perpétuellement en exil, qui procure une authentique liberté pour peu qu'on se donne la peine d'essayer de l'habiter. Cet essai élève le métèque au rang d'esthétique à part entière, celle du pas de côté. Dans ce voyage littéraire et cinématographique, l'auteure nous fait visiter son Panthéon personnel, d'Hérode à Salman Rushdie, d'Esmeralda à Albert Camus. Un éloge au souffle ample, qui résonne particulièrement aujourd'hui dans son "amour des sans-frontières, des sans-pays, des sans-terres" , une ode à l'imaginaire.Sur commandeCOMMANDER19,55 € -

Khomeiny, Sade et moi
Shalmani AbnousseExtrait Téhéran, 1983 Si la petite fille que j'étais a éprouvé le désir de se mettre nue dans l'enceinte de son école, ce n'était pas à cause des fortes chaleurs. C'était par provocation. Provocation du même ordre que de jouer à saute-mouton dans la salle de prière de la mosquée de l'école. C'était physique. Je ne veux pas porter ce truc ! En plus c'est moche. Non ! Et avec la logique propre aux enfants : si c'est comme ça, tu vas voir ce que tu vas voir ! Je vais me venger ! Je vais le porter ce foulard gris qui serre trop mais tu vas voir. Et beaucoup ont vu. Mon cul. Je ne veux pas porter le voile. Mais je dois le mettre pour aller à l'école, parfois pour sortir dans la rue, faire les magasins, voir des amis. Je le fais. Mais dès que sonne la fin de journée, je l'enlève. Et pas seulement le foulard-cagoule gris. La robe réglementaire et le pantalon tout aussi réglementaire et tout aussi gris. Je me cache dans la cage d'escalier ou je me réfugie dans les toilettes, juste avant que mes camarades ne se dirigent vers la sortie. J'enlève tout ou parfois je garde ma culotte, au gré de mon humeur. Puis, j'enroule l'ensemble dans mon cartable et je pars en sprintant vers la grande porte de sortie, en évitant les corbeaux qui se lancent à l'assaut de mon cul nu. Je compte les points : un corbeau évité un demi-point, deux corbeaux évités un point, un corbeau qui glisse sur les pans de son tchador deux points, etc. Je gagne à tous les coups : elles ne savent pas courir sous tchador. Je finis dans la voiture qui m'attend avec le chauffeur - qui est aussi le jardinier - de la grande maison de Téhéran où vivent ma grand-tante et mon grand-oncle avec mes deux plus jeunes tantes. Mes parents vivent à deux pas dans un appartement - mon père tenait à son indépendance -mais nous passons le plus clair de notre temps dans la grande maison. Je remets ma culotte et mon tee-shirt blanc, il ne sert à rien d'être nue dans la voiture. Le chauffeur-jardinier va tout répéter, je le sais. La dernière fois qu'il l'a fait, je l'ai poursuivi dans le jardin avec le jet du tuyau d'arrosage. Il ne m'aime pas et je ne l'aime pas ; il déteste mes chats qui habitent le jardin et détruisent son travail ; je le déteste d'être le seul à ne pas rire de ma folle course nue. S'il se plaint - encore - à ma grand-tante, je vais arracher les dernières tulipes qu'il a plantées. Pourquoi prenais-je tant de plaisir à recommencer mon exhibition ? Avant tout, c'était joyeux. C'est toujours amusant pour une enfant de six ans de faire courir des adultes. Ces adultes-là encore plus que les autres. Engoncées dans leurs tchadors noirs, les femmes-corbeaux se lançaient à ma poursuite. L'hystérie que provoque la nudité d'une enfant est surprenante. Je m'amusais, j'amusais mes camarades, je faisais enrager les corbeaux, j'inquiétais ma famille. J'étais devenue le centre d'attention de tant de gens, j'étais devenue une héroïne auprès de mes camarades, même les plus âgés. Et personne d'important, ni mon père, ni ma mère, ni mes tantes et oncle ne m'ont jamais punie pour cela. Ils se demandaient certainement si je n'étais pas un peu débile de recommencer après chaque exclusion de l'école et de rendre ma mère et le chauffeur-jardinier malades des nerfs. Mais après avoir assisté à une de mes courses-poursuites improbables, ils riaient plus qu'ils ne s'inquiétaient de ma santé mentale. Tant que les femmes-corbeaux poursuivaient leur travail, peignant ma ville et mon enfance de noir, je poursuivrais ma mise à nu.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER22,45 € -
Les exilés meurent aussi d'amour
Shalmani AbnousseRésumé : L'exil déchire, mais il révèle aussi. Shirin en sait quelque chose - elle a neuf ans lorsque qu'elle arrive en France avec ses parents, au lendemain de la Révolution islamique d'Iran, pour y retrouver sa famille maternelle : un foyer communiste qui, malgré le déracinement et le déclassement, rêve toujours du grand soir, à Paris comme à Téhéran jadis, même si les grands discours ont remplacé les armes. Et alors que Shirin se réfugie dans l'apprentissage de la langue française, le vrai visage de son entourage se dessine : sa mère, enceinte, s'avère être une vraie magicienne, ses tantes des monstres de sang-froid, son père un perdant, et son grand-père, un homme violent. Shirin tourne le dos à l'idéologie familiale dont elle pressent les dérives sanglantes, puis découvre l'amour et la culture de son pays d'adoption avec Omid, juif iranien éconduit par sa tante. Pour lui, elle espionne sa famille, jusqu'à en percer le terrible secret, qui la dévastera, mais l'en affranchira. Grâce à Hannah, voisine rescapée de la Shoah, elle fera le choix de la liberté qui lui permettra de trouver sa voie, celle d'un exil heureux, dans les livres et les bras d'Omid... tandis que son petit frère, enfant surdoué, décidera de venger sa mère humiliée par les siens, en intoxiquant un à un les membres de sa famille...Sur commandeCOMMANDER25,10 € -
Eloge du métèque
Shalmani AbnousseRésumé : Quel point commun entre les Hébreux, Romain Gary, la muse haïtienne de Baudelaire Jeanne Duval, Modigliani, Hercule Poirot ou les rôles joués par Ava Gardner ? Tous sont des "métèques" . Un mot qui, en Grèce antique, désignait simplement celui qui a changé de cité, avant de devenir une insulte sous la plume de Charles Maurras puis d'être réhabilité par la chanson de Georges Moustaki. C'est ce mot devenu désuet qu'Abnousse Shalmani remet en lumière et élève au rang d'esthétique à part entière, celle du pas de côté. Le métèque, ou la figure du transfuge par excellence. Au fil d'un voyage littéraire et cinématographique, l'auteure déclare son "amour des sans-frontières, des sans-pays, des sans-terres" . Ample, passionnée, érudite, son ode à l'imaginaire vibre avec une urgente actualité. Cet essai vante l'identité indéfinie comme gage de liberté. Léonard Billot, Les Inrockuptibles. Vibrant. Virginie Bloch-Lainé, ElleSur commandeCOMMANDER7,95 €
Du même éditeur
-

Le bal
Némirovsky IrèneSoudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER7,90 € -

L'Éducation d'Alphonse
Boudard AlphonseL'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.Sur commandeCOMMANDER22,35 € -

Au temps du Boeuf sur le toit
Sachs MauriceRésumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...Sur commandeCOMMANDER10,05 € -

Dictionnaire égoïste de la littérature française
Dantzig CharlesL'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.Sur commandeCOMMANDER33,55 €
De la même catégorie
-

Oeuvres complètes. Tomes 1 et 2
Némirovsky Irène ; Philipponnat Olivier ; EpsteinSur commandeCOMMANDER68,30 € -

En finir avec Eddy Bellegueule
Louis EdouardBiographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.Sur commandeCOMMANDER19,50 € -

Barroco bordello
Clermont ThierryRésumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.Sur commandeCOMMANDER19,00 € -

Les cigognes sont immortelles
Mabanckou AlainRésumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.Sur commandeCOMMANDER19,50 €
