La vie de Prévost prend constamment la forme d'un roman : coups de tête, engagements soudains, exils et évasions, passions et ambitions démesurées, effondrements et rétablissements imprévus, tout y est excessif et désordonné. Quand il tente lui-même d'en écrire l'histoire, il esquive les plates réalités de la pauvreté et du labeur pour se lancer dans le récit d'une destinée hors du commun ; il a le génie du mensonge, le génie du roman à l'état natif. Écrire une vie de Prévost ce sera d'abord démêler la légende et la réalité ; ce sera chercher en même temps ce qui, de sa vie, passe dans le roman, car l'allusion autobiographique affleure dans tous ses récits. On y verra la tentation de l'aventure dans un monde en désordre ; on y verra aussi l'engagement malheureux, la « fatale formule » qui le condamne à la pauvreté, à la chasteté et à la soumission, lui qui rêvait de fortune, de femmes et d'indépendance. Cette vie en porte-à-faux de moine malgré lui le mène à toutes sortes de compromis et de dissimulations : on le découvrira dans le même temps mondain, abbé de qualité, aventurier sans trop de scrupules, séducteur à tout-va, et par-dessus tout, écrivain attelé à reconstruire obstinément cette vie morcelée. Ce qui donne sens et unité à cette existence, c'est sans doute la volonté d'être écrivain et de vivre de sa plume. On s'est donc attaché à rendre ici tous les aspects de la vie d'un homme de lettres au XVIIIe siècle, d'un écrivain qui, du début à la fin, s'est voulu romancier et s'est assumé comme tel : Prévost d'Exilés.
Nombre de pages
296
Date de parution
11/01/2013
Poids
460g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782705684525
Titre
Vie de Prévost (1697-1763)
Auteur
Sgard Jean
Editeur
HERMANN
Largeur
152
Poids
460
Date de parution
20130111
Nombre de pages
296,00 €
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Voici un essai comme il y en a peu, et qu'il fallait sans conteste rééditer. Alliant une érudition très sûre avec une merveilleuse faculté d'étonnement, Jean Sgard nous guide dans l'oeuvre romanesque de Prévost, de Manon Lescaut au Monde Moral, en passant par Cleveland et l'Histoire d'une Grecque moderne, sans nous forcer la main, et sans jamais rompre le charme. Selon lui, les romans de Prévost sont des labyrinthes absolus. Quoi qu'ils fassent, les êtres qui les habitent ne peuvent que s'y perdre et s'y égarer ensuite dans des souvenirs troubles. D'abord livrés aux passions, jouets des événements, allant d'exils en tempêtes, et de poursuites en trahisons, les narrateurs des treize romans de Prévost s'engagent finalement dans des récits complexes qui défient les ressources de la mémoire. L'évocation de leurs aventures et de leurs errances répond à une double quête : retrouver le fil de l'histoire et se trouver eux-mêmes. Mais si le romancier donne à penser, il préfère le vertige à la leçon de morale. Cet essai, dans lequel la précision et l'élégance le disputent à l'alacrité, est l'hommage passionné d'un grand lecteur, Jean Sgard, l'un des meilleurs spécialistes de la littérature française du XVIIIe siècle, Prévost, "ce génial menteur qui nous défie de loin".
Fils du plus célèbre tragique de son temps, Claude Crébillon (1704-1777) est l'un des meilleurs prosateurs de son siècle, alliant l'élégance du style au génie du conteur. Sa vie fut ponctuée de rebondissements. Amant malheureux d'une comédienne illustre, il courtisa quelques ingrates avant de conclure un mariage flatteur mais déconcertant. Après des débuts heureux dans les salons parisiens, il connut les scandales, la prison, les faveurs et les protections, avant de finir modestement, entouré de ses amis, oublié des critiques, adoré du public. Car la grande affaire de sa vie fut la littérature. Des Comédiens Italiens, il fut dix ans durant l'auteur le plus fidèle et le plus anonyme. Censeur royal, il soutint constamment les jeunes écrivains. Dans ses romans et dans ses contes, il s'affirma un observateur passionné du libertinage, à la précision de moraliste. En tout, il ne cessa de reprendre, de corriger, de récrire, en une quête inlassable de la perfection. On a cru Crébillon fils confiné dans un monde d'artifices, mais cet écran de légèreté dissimule une profonde connaissance du c'ur. Chez ce témoin intense de son siècle, tout nous éclaire sur la société du temps et sur la condition d'homme de lettres sous l'Ancien Régime.
Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l’histoire et la population haïtiennes, on a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu’une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants.Tout le monde s’en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l’attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines.Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d’une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l’auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l’humanité entière.Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.