La philosophie peut-elle garantir le bonheur ? Si la vie heureuse n'est pas affaire de circonstances et de chance, mais qu'elle dépend des hommes, les moralistes peuvent-ils l'enseigner ? Mais qu'ont-ils le pouvoir d'assurer qu'ils ne peuvent pas également empêcher, en érigeant leurs préférences en règles et leurs manières en art de vivre ? De promesses en voeux pieux formulés par les maîtres, d'espoirs en désillusions nourris par leurs disciples, et c'est la philosophie tout entière qui, discréditée et suspecte, ne se remettrait pas de ces controverses interminables entre les différentes "écoles". Pour Sextus Empiricus, médecin se réclamant de la voie sceptique inaugurée par Pyrrhon d'Elis, le dogmatisme moral est non seulement futile, mais encore dangereux. Parce que le trouble vient de ce que l'on cherche à obtenir des biens ou à éviter des maux que l'on croit réels, il est impératif de suspendre son jugement quant à leur nature et même leur existence. Ce n'est qu'une fois opéré ce dessaisissement de la raison par elle-même, dans ses prétentions théoriques et pratiques, que pourront advenir, comme par inadvertance, la sérénité et la tranquillité de l'âme. En développant le projet des Esquisses pyrrhoniennes, le Contre les moralistes met en oeuvre tous les moyens pour obtenir de son lecteur un renoncement véritable, afin que ce dernier ne s'accorde qu'à la loi des événements, et vive au bonheur de leur simple manifestation.
Nombre de pages
147
Date de parution
05/11/2015
Poids
128g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782845784178
Titre
Contre les moralistes
Auteur
SEXTUS EMPIRICUS
Editeur
MANUCIUS
Largeur
120
Poids
128
Date de parution
20151105
Nombre de pages
147,00 €
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Sextus Empiricus (IIe-IIIe s. ap J.-C.) est le dernier philosophe sceptique de l'Antiquité et le seul dont l'oeuvre soit en grande partie conservée. Son Contre les dogmatiques prend pour cible la connaissance philosophique. Cet ensemble de traités très argumenté est articulé suivant la distinction, d'époque hellénistique, entre trois parties de la philosophie, la logique, la physique et l'éthique. On donne ici la première traduction française de la première et plus importante partie de cet ouvrage, le Contre les logiciens, qui conteste la possibilité même de connaître. Prenant appui sur la distinction entre "choses apparentes" et "choses cachées", Sextus Empiricus traite en premier lieu du " critère de la vérité " ou des voies d'accès à la connaissance des choses apparentes. Un long développement doxographique qui conduit des philosophes présocratiques aux Stoïciens, aux Epicuriens et aux Académiciens précède l'exposé des arguments qui plaident en faveur de l'inexistence d'un tel critère. Au livre Il, Sextus Empiricus met en question, à propos des choses cachées, le "vrai" lui-même, avant de faire ressortir la faiblesse de l'inférence sémiotique et celle de la démonstration. L'ouvrage porte ainsi à notre connaissance tout à la fois des doctrines dogmatiques-comme la logique stoïcienne-auxquelles nous aurions moins accès sans son témoignage, et une bonne partie de l'argumentaire sceptique déployé depuis la renaissance du pyrrhonisme, à l'époque d'Enésidème, qui serait autrement perdue.
Dans ces six traités, qui sont ici traduits en français pour la première fois, Sextus Empiricus s'attaque à des disciplines totalement ou partiellement extérieures à la philosophie ("Contre les grammairiens", "Contre les géomètres", "Contre les arithméticiens", "Contre les musiciens", "Contre les rhéteurs" et "Contre les astrologues"). Et de fait le projet de Sextus Empiricus, dans les cinq derniers traités, n'est nullement scientifique. Il s'agit au contraire d'exercer sur les opinions et les théories enseignées un examen sceptique. Chacun de ces petits traités contient de ce point de vue une mine d'arguments, formulés avec une rigueur et une exactitude logique frisant parfois la caricature, mais exemplaires sans aucun doute des "exercices intellectuels" proposés aux apprentis.
Diogène Laërce rapporte l'opinion selon laquelle le premier des sceptiques était Homère; il dit ainsi, avec ses mots de doxographe, que le scepticisme suit la philosophie "comme l'ombre suit le corps". Or le seul exposé complet de cet envers du rationalisme grec à nous être parvenu est celui de Sextus Empiricus, et les Esquisses pyrrhoniennes, petite somme de philosophie sceptique du IIe siècle de notre ère, sont l'une des clefs du penser antique. Lorsque les Esquisses furent traduites par Henri Estienne en 1562, on y reconnut immédiatement l'une des références de la pensée nouvelle. De cette oeuvre, trop dédaignée des spécialistes jusqu'à une date récente (il n'en existait même plus en librairie de traduction française), on donne ici le texte intégral accompagné d'un glossaire philosophique.
Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?