Israël vu par les catholiques français (1945-1994)
Sevegrand Martine
KARTHALA
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EAN :9782811112875
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une certaine intelligentsia catholique française a entrepris de déraciner l'enseignement du mépris", selon l'expression de Jules Isaac. Dans la déclaration conciliaire Nostra Aetate de 1965, le paragraphe consacré aux juifs représente l'aboutissement de leur travail et celui de quelques évêques et autres experts. En rappelant le lien entre le peuple du Nouveau Testament et la lignée d'Abraham, Vatican II a ainsi ouvert la voie à une véritable révolution pour le monde catholique. Toutefois, le terme d'"Israël" renvoie tout autant à une réalité religieuse que politique, puisqu'il existe sous la forme d'un Etat depuis 1948. Or, dès sa naissance et plus encore à partir de la guerre des Six-Jours, cet Etat a suscité de nombreux désaccords parmi les catholiques philosémites, au point qu'un antisionisme chrétien est apparu après 1967. Exploitant des sources inédites à ce jour, Martine Sevegrand concentre son analyse sur un conflit politique et théologique parmi les catholiques français. Elle y traite des débats entre Jacques Maritain et Louis Massignon, mais aussi en Israël, entre les dominicains français qui ont pris parti pour l'Etat hébreu et ceux de l'Ecole biblique qui ont défendu la cause des Palestiniens. Les points d'achoppement ont été et restent nombreux : Que faire, par exemple des textes bibliques sur le don de la "terre d'Israël" au peuple juif ? L'auteur nous fait également découvrir le rôle majeur - qui ne fut pas limité à l'Hexagone - de plusieurs évêques français comme Mgr Elchinger ou des cardinaux Decourtray, Etchegaray et Lustiger, nous offrant ici un éclairage neuf et d'une rare richesse après tant d'ouvrages parus sur le dialogue judéo-chrétien.
Nombre de pages
262
Date de parution
30/10/2014
Poids
420g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811112875
Auteur
Sevegrand Martine
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20141030
Nombre de pages
262,00 €
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Aucune époque n'a vu, comme le XXe siècle, l'Eglise catholique se polariser autant sur la question de la sexualité. Une des caractéristiques de la modernité est précisément de constituer la sexualité en savoir et en problème. L'Eglise n'a pas échappé à cette logique que Martine Sevegrand, spécialiste d'histoire religieuse, perçoit à travers son analyse de l'enseignement catholique sur la procréation et la morale conjugale, mais aussi de la pratique réelle des fidèles.Notre siècle est ponctué de textes pontificaux qui rythment l'évolution des moeurs jusqu'à la polémique autour de l'encyclique « Humanae vitae » promulguée en pleine révolution sexuelle (1968). Mais il est aussi et le livre de Martine Sevegrand a le grand mérite de nous restituer cette histoire marqué par un renouveau intense de la réflexion des théologiens, d'une prise de parole sans précédent des médecins et des laïcs en général, au point de se demander si le laïc « moderne » ne naît pas de ces débats souvent tendus.Le pontificat de Jean-Paul II, après celui de Paul VI, paraît atteindre le point culminant d'une crise d'incompréhension mutuelle entre hiérarchie catholique et laïcs. Martine Sevegrand replace ce malaise dans une période suffisamment longue pour que l'on se souvienne et médite les impasses et les chances de la morale catholique.
Dans la première moitié du siècle, le discours sur la sexualité semblait, au sein de l'Eglise, confisqué par les clercs. Seuls les évêques, et d'abord celui de Rome, pouvaient énoncer le bon usage du sexe. Mais derrière les prêches, quelle était donc la pratique des couples catholiques ... Entre 1924 et 1943, des femmes et des hommes, catholiques fervents, ont écrit à l'abbé Viollet, directeur de l'Association du mariage chrétien et grand spécialiste de la morale conjugale, pour lui livrer leurs questions, leurs difficultés et, finalement, leur vie sexuelle. Voici donc exposé le sexe catholique tel qu'il fut vécu et pensé par des laïcs. Martine Sevegrand, historienne, auteur des Enfants du bon Dieu, nous livre 120 lettres de femmes et d'hommes ordinaires, de tous âges et de tous milieux sociaux, reproduites intégralement. Ecrites dans une langue à la fois prude et crue, ces lettres disent la fidélité candide à l'Eglise et la sourde révolte, l'angoisse et les désirs réfrénés, l'amour rescapé ou brisé. Elles constituent un témoignage exceptionnel, et même unique, sur les mentalités et les moeurs des catholiques français de l'entre-deux-guerres, qui, au temps de la contraception, de l'avortement et du sida, pourra éclairer la confrontation toujours d'actualité entre l'Eglise et la sexualité.
La crise du clergé est un aspect majeur d'une "crise catholique" qui commence à faire l'objet de recherches. Tarissement des vocations puis "départs" massifs de prêtres, tels sont les phénomènes spectaculaires d'un long déclin dont Martine Sevegrand a recherché les origines dans les années quarante. Après les études déjà anciennes du sociologue et prêtre Julien Potel, voici des statistiques précises non seulement sur le nombre des vocations mais aussi sur le phénomène largement occulté des défections. En moins de vingt ans, des milliers de prêtres ont démissionné ou ont été privés de leur ministère. Grâce à des documents restés souvent confidentiels, ce livre suit la crise de l'intérieur de l'institution ecclésiale et pose une question: pourquoi la hiérarchie n'a-t-elle pas voulu réformer le statut du clergé séculier, car experts, sociologues, pasteurs et même quelques théologiens ont, très tôt, sonné l'alarme? La deuxième partie de l'ouvrage permet de suivre les événements dans l'espace d'un diocèse, celui de Dijon, qui a vu partir, en quinze ans, plus de 10 % de son clergé. Pour la première fois, on y suivra, concrètement, le déploiement de la crise, du début des années soixante à la fin du pontificat de Paul VI, en 1978. Pour la première fois aussi, un historien donne la parole aux prêtres qui ont choisi de partir. A l'heure où chaque diocèse de France n'ordonne plus, en moyenne, un prêtre par an, cette étude historique apporte bien des éclaircissements.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.