L'enquête Ipsos/Centre national du livre 2024 analysée dans le premier chapitre constitue une énième alerte de la chute des pratiques lectorales. Quoique puisse être l'utilité des écrans dans la promotion de la lecture, leur concurrence s'intensifie. On peut y picorer sans trop d'efforts. Entrer dans un livre est plus exigeant. La difficulté pour promouvoir la lecture de textes longs auprès des jeunes, c'est que, pour en percevoir l'intérêt, il faut être déjà lecteur. Comment sortir de cette aporie ? Comment rendre désirable l'entrée dans ce « jardin de signes ordonnés », le contact avec ce « corps tatoué de graphes » ? Michel de Certeau à qui l'on doit ces métaphores compare les mots à de petits cailloux blancs, mais contrairement à Poucet, ils ne servent pas à revenir en arrière. Avec « une expectation (s'attendre à) qui structure toute perception », ils permettent de tracer son chemin vers un horizon plus ou moins embrumé selon les expériences littéraires antérieures. Comme le souffle le poète Antonio Machado (Campos de Castilla, 1912) : « No hay camino. Se hace camino al andar », il n'y a pas de chemin, c'est en marchant que le chemin se fait. Combien d'écrivains invités à commenter leur ouvrage explique que lorsqu'ils se sont lancés dans le travail d'écriture ils ne savaient pas où ils allaient ! Pourquoi prend-on la route ? Comment pénètre-t-on le cercle vertueux de la lecture ? Spinoza peut aider : « Nous nous efforçons à rien, ne voulons, n'appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne : mais, au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons » (Éthique, Livre III). Chez Spinoza, le conatus constitue la force motrice fondamentale, « élan de la puissance mais générique et intransitif, tel quel sans objet, (il) a besoin d'une affection, a besoin d'être affecté pour trouver ses orientations concrètes, c'est-à-dire pour être déterminé comme désir de poursuivre tel objet plutôt que tel autre. » Essayons donc d'affecter les élèves, de leur donner soif, comme dirait Freinet !
Date de parution
26/11/2026
Poids
300g
Largeur
220mm
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EAN
9782385481216
Auteur
Séradin Jean-Yves
Editeur
CHRONIQUE SOCIA
Largeur
220
Date de parution
20261126
Disponibilité
Prévente
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L'apport de Michel de Certeau (1925-1986) à la pédagogie du quotidien garde toute son actualité alors que l'historien est mort il y a trente ans. La modernité de sa pensée conjuguée au conservatisme de l'école française explique que ses textes, originaux et forts, peuvent encore servir à comprendre et à améliorer la relation pédagogique. Non seulement, Certeau a enseigné toute sa vie à l'Université, mais il s'est aussi intéressé à tout ce qui touchait l'enseignement en amont, qu'il connaissait bien par ses expériences de terrain, professeur de philosophie en terminale, formateur d'enseignants, et par ses lectures des pédagogues : Illich (qui deviendra son ami), Freire, Deligny... Il interviendra dans les débats autour de l'école défendant, par exemple, le rapport Rouchette sur la rénovation de l'enseignement du français à l'école élémentaire. Il récuse la séparation entre le contenu enseigné et la relation professeur-élève car il perçoit que nous traversons une crise qui marginalise le savoir et d'une manière concomitante favorise l'essor de tout ce qui touche à la communication. Il invite donc les enseignants à théoriser cette relation, peut-être par l'écriture de récits pédagogiques. Certeau apparaît aussi comme l'un des intellectuels les plus pertinents pour penser l'apprentissage de l'écrit à l'école. Son analyse dispose de toutes les ressources d'une érudition sans failles qui anime une brillante intelligence. Mais, chez lui, il n'y a pas que la tête, le coeur passe avant, comme chez Pestalozzi, le grand pédagogue suisse. " Je me sens fondamentalement chrétien ", déclarait-il à Jacques Chancel. Il y a chez lui un intérêt non feint pour l'autre qui insuffle de la passion dans une oeuvre qui garde toute sa tonicité. Les textes de ce grand pédagogue de la fraternité, disponibles grâce à l'immense travail éditorial de Luce Giard, apparaissent très utiles pour imaginer la pédagogie du quotidien dans une école en crise. C'est ce que nous essayons de montrer dans cet ouvrage.
Rojzman Charles ; Rothenbühler Igor ; Rothenbühler
La Thérapie Sociale, inventée par Charles Rojzman et pratiquée aujourd'hui dans de nombreux pays, est une proposition ambitieuse et réaliste pour apporter des solutions collectives aux problèmes et aux violences qui agitent la société actuelle. Il apparaît plus que jamais nécessaire de comprendre et de soigner les blessures provoquées par la vie en commun dans les familles, les villes et les organisations, de développer de nouvelles pratiques et de nouveaux savoir-être adaptés à la réalité d'une société diversifiée, fragmentée, compétitive et où il est devenu difficile de coopérer et de vivre ensemble de façon véritablement démocratique. Ce livre qui expose les principes fondamentaux et les outils de la Thérapie Sociale répond aux besoins de compréhension et d'action des intervenants politiques et sociaux, en même temps qu'au souci de tous les citoyens de vivre mieux dans un temps de crise et d'incertitude.
Savoir résumer un texte, a fortiori plusieurs textes, peut paraître aisé. C'est tout le contraire. Car il faut être fidèle au texte sans le copier, restituer l'essentiel sans omettre d'éléments, recomposer un texte plus court, selon un ordre logique, une pensée structurée, un style concis. Logique, concision, clarté n'éclosent pas spontanément, à moins de travailler avec méthode. Le présent ouvrage répond à ce critère. Il sera l'outil privilégié : - des élèves préparant les examens scolaires ; - des étudiants des grandes écoles ou des facultés ; - des adultes candidats aux concours administratifs ; - des salariés ayant des responsabilités dans l'entreprise ; - des bénévoles d'associations pour faciliter leurs communications. L'auteur n'a d'autre ambition que de partager avec ses lecteurs un savoir-faire qui a fait ses preuves auprès de ses élèves et de ses stagiaires. De nombreux témoignages sont là pour l'attester.
Après des années d'alertes lancées par les experts et les scientifiques sans aucun impact, ou si peu, quant à la trajectoire inquiétante de l'évolution de la planète, une prise de conscience salutaire a émergé notamment chez les jeunes, et de plus en plus dans la population en général. L'urgence d'agir sur l'évolution écologique et environnementale s'impose de plus en plus. Même si la tâche est colossale, il y a quelque chose d'enthousiasmant, sinon d'exaltant, aujourd'hui à penser à toutes les transformations à faire advenir pour que notre planète reste viable pour les humains et toutes les formes de vie. Des changements fondamentaux sont nécessaires dans notre façon de nous nourrir, dans nos habitudes de voyage, dans notre façon de nous fournir en énergie, de produire et de consommer, et plus globalement dans notre rapport à la planète terre. Celle-ci n'est plus un ensemble de ressources à exploiter, mais un lieu de vie complexe et fragile dont il faut maintenant prendre soin. Ce dossier Photolangage® offre des pistes de réflexion et d'action pour les jeunes qui vivent aujourd'hui dans ce monde que d'aucuns jugent effrayant, alors que d'autres n'ont pas conscience des périls en cours, monde qu'ils n'ont ni fabriqué, ni choisi, et dont ils ne peuvent s'échapper. Certains font l'expérience d'une peur chronique d'un désastre environnemental et des changements climatiques. Ce dossier explore plus particulièrement deux aspects de cette peur, d'une part le sentiment d'impuissance vécu fortement et pouvant mener au désengagement total, et d'autre part l'éco-anxiété, cette peur chronique et diffuse d'un désastre environnemental et des changements climatiques. 48 photographies couleur et un livret thématique et méthodologique permettent travailler ensemble sur la meilleure façon de faciliter les prises de conscience, de vivre les tensions, les peurs, les épreuves et de les surmonter en explorant en groupe, différentes possibilités pour entrer ensemble dans l'action et le changement, et cela à partir des trois perspectives suivantes : - cerner l'évolution écologique perçue comme une menace pour notre identité et notre vision du monde ou comme une chance nous obligeant à nous décentrer ; - fonder nos croyances ou nos perceptions à partir d'informations et de vérités validées qui seules peuvent supporter notre action ; - changer la société, une utopie récurrente qui demande à être humanisée.
Nous cheminons depuis notre naissance jusqu'à notre mort ; nos sociétés cheminent entre des avancées et des échecs, des épanouissements et des désintégrations ; nos civilisations cheminent depuis leur éclosion ou leur renaissance jusqu'à leur décadence ou leur disparition. Nous, nos organisations, nos sociétés, notre civilisation sont en quête de sens, de nouveaux équilibres et de dynamiques collectives pour affronter les défis du monde qui vient. Pour nos cheminements actuels et futurs, il est proposé de se donner comme cap commun l'édification d'un monde civilisé écohumaniste, de promouvoir une dynamique d'interactions constructives entre transformations personnelles et transformations collectives, d'adopter une démarche convivialiste pour promouvoir le commun, de renforcer nos pouvoirs de penser et d'agir ensemble pour vivre à la bonne heure. Cheminer en recherche d'une vérité et d'une vision partagées exige des personnes prêtes à se remettre en question et des sociétés acceptant de délibérer et de prendre des chemins transverses pour sortir des impasses et retrouver leur cap. Est-ce possible sans une vie intérieure irriguée par l'amour et une vie communautaire fraternelle où nous sommes capables d'écouter, de veiller et de discerner pour tendre vers plus de sobriété et de justice ? Une originalité de cet essai est la mobilisation par l'auteur de ses multiples expériences au sein d'une société civile cherchant à prendre ses responsabilités par rapport aux pesanteurs de la sphère politique comme des citoyens. Pour préparer notre devenir commun, il est proposé à des organisations militantes comme le Pacte civique, le Pacte de pouvoir de vivre, Démocratie et spiritualité, l'Internationale convivialiste de coécrire un récit anticipateur d'un devenir partagé du local au global.