Sa vie durant, Fortunato Seminara (1903-1984) a exploré dans ses récits et ses romans les replis d'une Calabre que le fascisme de l'Entre-deux-guerres et le prétendu boom économique des années Cinquante ont laissée " primitive toujours ", selon le titre italien du second récit de ce volume dont les burlesques héros, la Mule et le Grillon, sont comme une brève reprise héroï-comique du drame de Gregoria, la protagoniste du premier récit. Dans les collines d'une Calabre dont les herbes et les ronces, les maisons et les arbres, trempés de pluie, se couchent sous le vent du Sud, il est arrivé à Gregoria deux ou trois des pires choses que puissent connaître une enfant et une femme. Les rêves muets des uns et les projets inavoués des autres la font sortir un soir du bourg et la jettent dans les pentes et le vent. S'enfonçant peu à peu dans la folie avant de s'accomplir dans une fuite sans fin, elle traverse, révèle et dévaste des zones de plus en plus reculées du pauvre et délictueux pays du Sud : elle y débusque sans le vouloir serpents et secrets, châtiant sans s'en rendre compte d'anciennes fautes d'hommes rudes que leur contrée réduit à n'être souvent que des loups entre eux.
Nombre de pages
141
Date de parution
23/04/1999
Poids
153g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842420673
Titre
Gregoria de Calabre. Le grillon et la mule
Auteur
Seminara Fortunato
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
153
Date de parution
19990423
Nombre de pages
141,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Fortunato Seminara (1903-1984) est l'auteur d'une oeuvre romanesque et théâtrale originale et riche, aujourd'hui encore en grande partie inédite. Le vent dans l'oliveraie (1951) est son meilleur roman. Situé en Calabre, une des régions les plus reculées et archaïques de l'Italie, il met en scène les réflexions et les incertitudes d'un petit propriétaire terrien face aux tourmentes de l'existence. Aux bouleversements historiques de l'après-guerre (grève des paysans, agitation sociale), s'ajoute la crise du couple menacé par l'adultère. Le personnage tente d'analyser la situation avec lucidité et franchise à travers l'écriture d'un journal intime où apparaissent les grandes thématiques de Seminara : la solitude et les préoccupations de l'intellectuel et du petit bourgeois dans un contexte "primitif", la description sans complaisance de la violence du monde paysan, les souffrances multiples et universelles de sa Calabre sauvage. Ce roman, fort bien accueilli par la critique au moment de sa sortie, est le premier d'une "trilogie de la solitude" publiée intégralement en 1963 par le grand éditeur Einaudi avec l'approbation enthousiaste d'Italo Calvino et d'Elio Vittorini.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.