Les partis politiques sont nés en Europe et le vieux continent ne cesse de les voir se multiplier et prospérer. Contrairement à ce qu'affirmaient certains politologues, les systèmes de partis n'évoluent pas dans le sens du bipartisme mais vers un multipartisme de plus en plus accentué. Des démocraties apaisées comme la Suisse ou la Suède comptent plus de six partis représentés au sein de leurs parlements respectifs. Même la Grande-Bretagne, modèle de référence du two party system, est passée au multipartisme. Il n'est donc pas surprenant de voir autant de groupes parlementaires siéger au Parlement européen. Semblable diversité s'explique bien sûr par les effets de la crise économique et de la mondialisation mais le multipartisme ne date ni d'hier ni d'avant-hier. Il s'inscrit dans la longue durée de l'Europe, riche en conflits et luttes de factions. Chacun des pays qui la composent possède une culture politique complexe, sorte de mémoire collective qui conserve présente la trace des affrontements du passé. Cependant, ces cultures politiques et les systèmes partisans qu'elles influencent, ne consistent pas une juxtaposition de cas particuliers. En effet, le conflit de classes concerna la quasi-totalité des Nations évoquées tandis que la querelle Eglise/Etat provoquait des effets similaires dans les pays de tradition catholique. De même, l'influence des luttes paysannes se fit sentir de manière analogue en Scandinavie ou dans l'Europe du Centre-Est. Seule la théorie des clivages fondamentaux, proposée en 1967 par Stein Rokkan, permet de démêler l'écheveau embrouillé des systèmes partisans des vieilles démocraties d'Europe. Daniel-Louis Seiler fut l'un des premiers à utiliser les ressources de cette théorie qu'il introduisit dans le monde francophone et que ses travaux contribuèrent à enrichir.
Nombre de pages
318
Date de parution
29/09/2011
Poids
486g
Largeur
160mm
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EAN
9782800415116
Titre
Clivages et familles politiques en Europe
Auteur
Seiler Daniel-Louis
Editeur
UNIV BRUXELLES
Largeur
160
Poids
486
Date de parution
20110929
Nombre de pages
318,00 €
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Les partis politiques naquirent et se développèrent au XIXe siècle pour atteindre leur zénith au XXe. Ils eurent partie liée avec les grands totalitarismes qui ensanglantèrent le "Court XXe siècle" et pourtant ils n'en constituent pas moins une condition nécessaire à la démocratie représentative; une démocratie qui, jusqu'à présent, ne peut se passer de leur concours. Ainsi chaque fois que mourut une démocratie, les nouveaux maîtres s'empressèrent de les abolir ou d'en supprimer le pluralisme. En revanche dès qu'apparaissent les prodromes annonciateurs de la naissance ou de la renaissance d'une démocratie, on assiste à une efflorescence de groupes de type partisan: à la Libération jadis, à Madrid naguère, à Prague ou Varsovie plus récemment. Instance fondamentale de la démocratie représentative au XXe siècle, on peut se demander s'ils survivront au XXIe. Ils sont aujourd'hui contestés tant par les nouveaux mouvements sociaux que par les médias et les formes nouvelles de communication électronique; deux phénomènes porteurs de l'éternelle illusion de la démocratie directe. L'ouvrage entend appréhender les partis comme un phénomène social total au sens de Marcel Mauss dans leur histoire comme dans leur dimension sociologique. En premier lieu, il s'agit d'établir, à l'aube du XXIe siècle, une synthèse des connaissances en matière de partis politiques qui soit analogue à celle réalisée par Duverger il y a cinquante ans. En second lieu, l'objectif est de construire une théorie générale des partis politiques dans les régimes représentatifs. Enfin, l'ouvrage présente un tableau comparatif des partis politiques dans les sociétés industrielles occidentales; le terme "occidental" devant s'entendre dans son acception culturelle large, en ce qu'elle inclut les nouvelles démocraties d'Europe centrale.
L'originalité de cet ouvrage est de présenter les partis politiques sous un double aspect. D'une part en les étudiant à travers le discours que les politistes tiennent sur eux-mêmes depuis plus d'un siècle. D'autre part en offrant au lecteur un tableau systématique des principaux partis d'Europe occidentale et centrale. Le lecteur dispose ainsi, à la fois d'un vade mecum succinct visant à l'initier à la réalité des partis politiques étrangers que l'intégration européenne nous rend chaque jour un peu moins étrangers et d'une synthèse des connaissances de la science politique internationale. Tour à tour sont exposées les questions relatives à la nature et à la définition des partis, aux fonctions qu'ils exercent dans la société et dans la vie politique ; à leur rapport avec les idées et les idéologies, une place importante étant consacrée à la discussion de l'axe droite-gauche ; à leur inscription dans l'histoire sociale et culturelle ; à leur fonctionnement en tant qu'organisations ; aux acteurs et individus qui leur donnent vie ainsi qu'à la nature des relations formelles et informelles qu'ils nouent entre eux, c'est-à-dire aux systèmes de partis. De nombreux tableaux et encadrés, en donnant la parole aux auteurs eux-mêmes, éclairent des points de controverse ou indiquent les voies les plus récentes de la recherche. D'autres visent à illustrer le propos par des citations ou des textes partisans, parfois peu connus mais très révélateurs, parfois fondateurs et maintes fois mentionnés mais dont on connaît mal la teneur, comme le Programme de Bad-Godesberg par exemple. En définitive un outil indispensable pour les candidats aux concours académiques et scientifiques de haut niveau et à ceux de la haute fonction publique nationale et européenne ; un complément fort utile pour les étudiants dans des matières telles que la science et la sociologie politiques, la politique comparée et celle des États européens, l'histoire contemporaine de l'Europe. Les journalistes, attachés parlementaires ou permanents de partis politiques, en feront leur profit ainsi que tout citoyen soucieux d'être informé tout particulièrement lors des élections européennes.
Biographie de l'auteur Pascal Delwit est professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il mène ses recherches au Centre d'étude de la vie politique Cevipol. Il est l'auteur de nombreuses publications consacrées à la vie politique en Belgique et en Europe. Il a récemment édité Le Front national. Mutations de l'extrême droite française, aux Editions de l'Université de Bruxelles (2012).
Ces dernières années, les percées électorales et politiques de partis comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou encore Die Linke en Allemagne ont braqué les projecteurs sur le paysage de la gauche radicale en Europe. Ou plutôt des gauches radicales : des projets et des formations aux ambitions et aux profils très divers coexistent en effet dans ce spectre politique désormais très diversifié. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Dans le dernier quart du XIXe siècle, la gauche radicale s'incarne pour l'essentiel dans la famille socialiste naissante ou dans le syndicalisme révolutionnaire. Après la première guerre mondiale et, surtout, après la révolution soviétique d'octobre 1917, la rupture dans le mouvement socialiste donne naissance au mouvement communiste, dont l'homogénéité politique est forte jusqu'au vingtième congrès du parti communiste soviétique et aux révélations du célèbre "rapport Khrouchtchev" (1956). Peu à peu, une certaine diversité s'installe dans les rangs communistes. Avant que cette famille politique en pleine mutation n'entame une descente aux enfers dans les années soixante-dix et quatre-vingt tandis que les sociétés européennes se transforment en profondeur. Mais alors qu'en novembre 1989, la chute du mur de Berlin avait semblé marquer la fin des espoirs révolutionnaires, des mouvements inattendus se produisent à la gauche de la gauche au cours des premières décennies du XXIe siècle, en parallèle avec la montée en puissance de la droite radicale et populiste. Pour saisir l'ensemble de ces dynamiques, Pascal Delwit brosse une fresque impressionnante de l'histoire et des comportements des partis de la gauche radicale des débuts de l'industrialisation à nos jours. Il propose un schéma interprétatif des bouleversements de cette famille politique qui se répartit aujourd'hui en trois courants principaux.
Le Luxembourg actuel est une terre de culture très ancienne. Les premières traces d'occupation y remontent loin dans le Paléolithique. Depuis le temps des Trévires et des Romains, en passant par le Moyen Age et les Temps modernes, une tradition littéraire impressionnante montre comment les hommes apprirent à aimer cette région centrale de l'Europe, la cultivèrent et, depuis le XIXe siècle, firent enfin de leur patrie un Etat moderne et souverain. Pourtant, ce développement n'a pas traversé les siècles en ligne droite ni sans ruptures. N'épargnant ni la terre ni les hommes, la convoitise de puissants voisins, les phases tumultueuses de l'histoire européenne, les remous internes et la barbarie du national-socialisme, ont marqué l'histoire du Luxembourg. Cet instructif petit livre de Michel Pauly illustre avec maestria l'évolution du Luxembourg des origines à nos jours et prend donc aussi en compte les pays limitrophes et les régions voisines.
Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam. En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible. Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.