
La souveraineté adamique. Une mystique révolutionnaire
D'un côté, la révolution néolithique correspond à l'avènement d'un pouvoir qui s'exerce sur le travail humain, l'imperium, d'où procède l'antagonisme entre maîtres et esclaves, oppresseurs et opprimés. De l'autre, elle constitue l'amorce d'un processus d'émancipation, celui par lequel les êtres humains commencent à s'affranchir de l'empire des forces naturelles avec une détermination absolument nouvelle. Certains en ont déduit que la domination de l'homme sur l'homme était une condition de la transformation du monde. Telle est du moins l'idée que véhiculent les mythes des civilisations impériales de l'Antiquité, selon lesquels les humains auraient été créés pour servir les dieux ; celle dont témoignent aussi bien les thuriféraires du capitalisme. Où donc situer le point de rupture avec cette antique justification de la servitude ? Interrogeant, à la suite de Foucault, "la vérité sur ses effets de pouvoir et le pouvoir sur ses discours de vérité" , Ivan Segré situe celui-ci non pas dans l'émergence de la rationalité occidentale, mais dans le récit biblique de la création du monde et de l'humain. Car prise à la lettre, la Bible hébraïque se présente en effet comme un acte de subversion sans précédent des mythes impériaux. Nourri par une connaissance encyclopédique tant de la tradition philosophique que de l'histoire du judaïsme, cet essai propose une exploration inédite de l'injonction anarchique, ou adamique, à destituer le principe de domination.
| Nombre de pages | 240 |
|---|---|
| Date de parution | 21/01/2022 |
| Poids | 294g |
| Largeur | 136mm |
| EAN | 9782354802363 |
|---|---|
| Titre | La souveraineté adamique. Une mystique révolutionnaire |
| Auteur | Segré Ivan |
| Editeur | AMSTERDAM |
| Largeur | 136 |
| Poids | 294 |
| Date de parution | 20220121 |
| Nombre de pages | 240,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'Occident, les indigènes et nous
Segré IvanA partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER24,99 € -

La réaction philosémite ou la trahison des clercs
Segré IvanAu croisement de la philosophie, de la sociologie et de la politique, "La Réaction philosémite" est l'analyse d'une modalité contemporaine du discours réactionnaire français. Après les attentats du 11 septembre 2001, est apparu en France et en Europe un courant idéologique renouant explicitement avec le mot d'ordre d'une "défense de l'Occident" tel que l'extrême droite avait pu en élaborer le contenu et la forme dans l'entre-deux-guerres, affirmant alors sa parenté idéologique avec le fascisme italien et l'antisémitisme allemand. La particularité de cet avatar contemporain, c'est, d'une part, qu'il se présente comme une "défense de la démocratie" contre le "totalitarisme" (communiste ou islamique) et, d'autre part, qu'il s'organise, chez certains idéologues français ici étudiés, autour des deux mots d'ordre que sont "la défense du sionisme" et la "lutte contre l'antisémitisme". Ivan Segré démontre que, par-delà ce rhabillage rhétorique, le contenu idéologique demeure pour l'essentiel inchangé, constituant l'invariant d'un discours qu'il convient précisément de qualifier de réactionnaire, en ce sens qu'il ne repose sur aucun contenu de pensée, sinon la peur, notamment du "musulman", du "progressiste" ou des "jeunes" des quartiers populaires. Mais y rôde également, sous-jacente, et plus fondamentale peut-être, une hostilité au philosophe, au penseur en tant que tel, et au peuple juif, en tant que l'un et l'autre affirment, contre la vacuité narcissique des valets d'Empire, la positivité joyeuse de leur être-là. r.ÉPUISÉVOIR PRODUIT20,30 € -

L'intellectuel compulsif. Ou La Réaction philosémite, II
Segré IvanDans Le Monde daté des 6 et 7 mai 2012 a paru l'article d'Alain Badiou titré : "Le racisme des intellectuels". Il y expliquait que la montée de l'extrême droite, en France et en Europe, est d'abord le produit d'un discours intellectuel et gouvernemental qui, depuis trente ans, a entonné le refrain du nationalisme et de la xénophobie. Il écrivait : "Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs. [...] Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental." De ce "développement mental" témoigne à sa façon la récente élection à l'Académie française d'un intellectuel dont les acrobaties ont, depuis une quinzaine d'années, suscité l'admiration de quelques-uns, l'indignation de quelques autres et l'étonnement de la plupart. Nommons-le : Alain Finkielkraut. Surnommons-le : l'intellectuel compulsif. Au début des années 2000 Alain Finkielkraut animait une émission radiophonique hebdomadaire sur la Radio de la communauté juive (RCJ). Avec la montée d'un "nouvel" antisémitisme, l'homme était sur le qui-vive et d'humeur querelleuse. Le 29 novembre 2003, à l'antenne, il accusait Eyal Sivan, cinéaste israélien, d'être un acteur de l'"antisémitisme juif". Il lui reprochait d'être le coréalisateur avec le Palestinien Michel Khleifi du film Route 181 qui avait été diffusé sur Arte cinq jours plus tôt : Je dois dire que ce film [d'Eyal Sivan] est un appel au meurtre et j'accuse Arte de falsification et d'appel à la haine. [...] C'est, si vous voulez, l'un des acteurs de cette réalité particulièrement pénible, particulièrement effrayante, l'antisémitisme juif qui sévit aujourd'hui. [...] Il s'agit de les [les Juifs] tuer, de les liquider, de les faire disparaître pour permettre l'advenue justement, l'avènement de l'émancipation de tous les hommes. [...] Rien n'est plus douloureux pour les Juifs, qui en voient de toutes les couleurs aujourd'hui, que de subir l'assaut de cet antisémitisme juif. L'année précédente avait paru un livre raciste d'Orianna Fallaci, La Rage et l'orgueil ; en 2003 Arte diffusait un film de Michel Khleifi et Eyal Sivan, Route 181. L'intellectuel compulsif avait fait l'éloge du livre raciste, parce qu'il y décelait une "vérité" jusque "dans son exagération", mais il condamna le film d'auteurs, parce qu'il y décelait un "appel au meurtre" des Juifs. Le paradoxe est saillant, peut-être abyssal. Il fallait s'y arrêter. Faire oeuvre d'historien. Ce livre est un essai de micro-histoire contemporaine : on se saisit d'un fait saillant, significatif, symptomatique, on réunit une documentation, on en propose une analyse méthodique. Quelle est la faute des auteurs de Route 181 ? Sont-ils coupables d'avoir appelé au meurtre des Juifs ? Ou bien sont-ils coupables d'avoir proposé une autre vision du cinéma, de l'histoire et de la politique que celle de l'intellectuel compulsif et de ses semblables ? Que le dispositif israélo-palestinien conçu par Khleifi et Sivan dans le film Route 181 ait été qualifié d'"antisémite" n'est pas anodin. Que l'accusateur devienne académicien ne l'est pas moins. C'est la signature d'une époque, ou plutôt d'un pouvoir, qui est de plus en plus dominant. Au travers d'une analyse de cas, c'est l'analyse de ce pouvoir qui est en vue, pas tant le pouvoir d'une "idée", du reste, que celui d'un affect. C'est le pouvoir, nihiliste, d'une "passion triste", dirait Spinoza. Or pour contrecarrer l'ascension d'une passion triste, rien de tel que la joie, comme celle que procure, rationnel et ludique, clinique et cruel, le démontage d'une vile opération idéologique orchestrée par un intellectuel compulsif.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER20,00 € -

Les pingouins de l'universel. Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme
Segré IvanAu sujet du nom "Israël", bien des prises de position sont crispées, parce qu'irrationnelles. Qu'un nom soit noué à des affects, rien de plus normal, rien de plus commun. Mais la manière dont certains affects prennent le pas sur certaines raisons est parfois singulière, notoirement dans le cas des "juifs" et d'"Israël". Dans Les Pingouins de l'universel. Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme, Ivan Segré s'applique à reprendre le fil historique et politique des raisons : dans une première partie, il aborde la question à partir de l'antijudaïsme antique, puis chrétien, jusqu'à l'antisémitisme moderne. Dans une seconde partie, il aborde l'antisionisme. Il s'agit d'y voir clair, tout simplement. Il importait grandement qu'un livre sobre, réfléchi et cependant résolu apporte des éclaircissements à une question qui ne cesse de cliver, et de cliver bien au-delà, et souvent bien autrement que ne clivent d'autres questions, moins "sensibles" apparemment. La question d'Israël : un sujet en effet "sensible". C'est pourquoi il fallait un livre d'inspiration progressiste (l'auteur dit : "ouvrière") à la fois raisonné, instruit et senti.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER16,00 €
Du même éditeur
-

Nouveau peuple, nouvelle gauche
Talpin Julien ; Fraser Nancy ; Mélenchon Jean-LucEN STOCKCOMMANDER18,00 € -

Un taylorisme augmenté. Critique de l'intelligence artificielle
Carbonell Juan SebastianEN STOCKCOMMANDER13,00 € -

Porkopolis. La vie standardisée à l'ère des fermes-usines
Banchette Alex ; Leÿs Valentine ; Thoreau FrançoisEN STOCKCOMMANDER24,99 €

